mercredi 30 mai 2007

La clef sur la porte

Primo, la première raison qui motive le choix de clef au lieu de clé est de ne pas copier Marie Cardinal, la seconde est que je trouve que clef est plus esthétique. Je ne bernerai personne en parlant de ces détails insignifiants qui n’intéressent probablement que moi seul, mais il s’agit là du plaisir de se lire, n’est-ce pas? Enfin, passons outre ces phrases creuses : j’emprunte l’appartement de mon ami pour un mois.

Imaginez un instant avoir un appartement dans le centre-ville : vous êtes saoul comme une vieille bourrique particulièrement bourrée (euh, l’exemple serait probablement mieux servi avec le « je ») et en plein centre-ville. Les métros sont fermés, les autobus de nuit de votre ville de banlieue ne sont plus en service et les bars font leur last-call. Cela indique normalement que la rumba est terminée et que chacun des convives doit retourner chez lui dans l’état misérable où il se trouve… erreur! Qu’ils travaillent n’importe où le lendemain et même à n’importe quelle heure, ce n’est pas une raison pour refuser l’invitation à venir crécher chez vous et ainsi poursuivre la fête jusqu’à ce qu’un coma éthylique s’en suive ou que vous vous adonniez à quelques loisirs hédonistes en compagnie de la gente féminine.

Peut-être alors vous réveillerez-vous avec l’intense sensation que vous avez subit une estocade d’un flamberge en pleine poire, que plusieurs disciples de Bacchus jonchent les planchers de votre appartement et que l’endroit contient assez d’alcool pour déclarer une taverne ouverte, mais quelle n’est pas la satisfaction de se savoir entourés de fêtards déchéants?

Quelle joie n’est-ce pas? Il me semble que c’est mieux que d’écouter laconiquement Nevermind de Nirvana est d’être emporté par le cynisme de « In Bloom » :

He's the one
Who likes all the pretty songs
And he likes to sing along
And he likes to shoot his gun
But he knows not what it means
And I say aahh

Personnellement j’y vois plus une excellente occasion de favoriser les réflexions d’esprit pour rendre la vie d’autrui outrancièrement invivable. Ce genre de réflexion pourrait vous portez à croire que je trouve une certaine satisfaction à répendre des chimères et à engager conflit à certains compatriotes et à cela je répondrai que je n’ai ni temps ni énergie à dilapider pour des entreprises aussi exigeantes.

Dernièrement, j’emploi mes facultés à lire, à travailler et à écouter quelques émissions de télévision, ce qui n’est pas dans mes habitudes. J’oubliais également faire de grands tours de vélo : avec la saison, c’est franchement l’idéal. Passer de banquets en festins m’est également loisible ces temps-ci, cependant, je dois admettre que je cherche à quérir la solitude plus souvent qu’à l’ordinaire : je ne saurais dire pourquoi. Il s’agit probablement de la dualité de l’homme…

Par ailleurs, cela m’amène à ce que j’énonçais ce matin : la dualité de l’intervenant que je suis. Je rentre en relation d’aide dans le cadre de mon travail parce que j’aime les êtres humains et que je suis sensible à leurs besoins, cependant, je dois rester professionnel et ne pas avoir d’émotions liées sans pour autant être froid, car sinon je n’arrive plus à capter les problèmes de la personne. Donc, il s’agit de savoir exactement ce que l’autre personne est, comment elle agit, comment elle pense sans toutefois pouvoir faire autre chose que l’orienter sur des pistes de réflexions. N’est-ce pas là quelque chose d’absolument formidable?

Bon, avant que mon mal de tête devienne à pierre fendre, j’irai disposer de mes couvertures (celles de mon lit comme celle du roman dans lequel je m’évade actuellement) tout en prenant congé de vous et en vous incitant fortement à lire « L’insoutenable légèreté de l’être » de Milan Kundera.

1 commentaire:

Mariefou a dit...

Bon, au risque de paraître complètement zélée: je dois souligner que clef est tellement mieux que clé! Ça a un petit quelque chose...

Il en va de même pour cuiller et cuillère!

Petites manies font belles folies!