vendredi 27 novembre 2009

La coiffeuse irlandaise

Hier, je suis allé me faire couper les cheveux et la coiffeuse n’était pas particulièrement loquace : les bribes de conversation que nous avions en venaient toujours à s’estomper. Son accent trahissait que sa première langue n’était évidemment pas celle de Rabelais (Molière, ça fait tellement « déjà vu »), alors je lui ai posé une question directe : « es-tu anglophone? » et sa réponse fut « oui ». Elle m’a expliqué qu’elle aime bien la langue française, mais qu’elle est gênée de l’utiliser et de se fourvoyer dans ses mots. Elle me raconte qu’elle n’éprouve pas de difficultés avec ses proches, mais que les étrangers la rendent nerveuse. J’aime beaucoup ma langue et l’utiliser est un plaisir, mais dans le contexte, j’ai compris que ma conversation serait beaucoup plus agréable si je décidais de m’exprimer dans la langue de Wolfe, ce que nous fîmes.

À ce moment précis, cette jeune femme qui avait manifestement une anxiété de performance et qui faisait vérifier le moindre de mes cheveux par sa professeure s’est ouverte sur sa vie, sur son cours et mes sur son cœur. Étant, je crois, un intervenant dans l’âme, j’ai souligné quelques forces à travers les choses qu’elle me racontait. Une chose qui m’a paru intéressante, c’est qu’elle m’a dit être irlandaise et qu’elle aimerait visiter sa terre natale. Ayant un peu entendu parler de ce coin de pays, je lui demande si elle aimerait apprendre quelques mots de gaélique, mais elle me répond qu’elle ne savait pas qu’ils parlaient cette langue là-bas. Elle dit qu’elle ne connait pas ses origines et qu’elle souhaite les découvrir. D’une part, cette remarque m’a touché, mais ce qui m’a le plus fait chaud au cœur, c’est quand je l’ai entendu me dire qu’elle me ferait elle-même mes tours d’oreille sans demander à sa professeure, parce qu’elle se sentait assez à l’aise de les faire.

J’ai payé et je suis parti ayant en tête ses petites choses qu’elle m’a racontées. Au fil de mon passage, j’ai réalisé à quel point j’ai la chance de faire un beau métier. Lorsque je me permets d’utiliser mes habiletés à l’extérieur de mon contexte de travail, en étant agréable avec une personne, je trouve que c’est un petit plaisir que j’aime bien partager.

jeudi 19 novembre 2009

Festinons avec Françoise

(Chers lecteurs, j'abandonne l'idée de terminer mon texte sur les Bergeronnes, n'ayant pas l'idée pour rendre mon texte de clôture intéressant. Laissez-moi vous relater une expérience culinaire des plus intéressantes : le festin de Françoise.)


Ma chère amie Françoise aura eu l’occasion de fêter son 26e anniversaire. Depuis maintenant sept ans, nous nous échangeons un souper de fête à nos anniversaires respectifs. C’était donc à mon tour de l’accueillir et ce fut un plaisir que d’avoir l’occasion de célébrer de nouveau ensemble notre amour inconditionnel du plaisir de manger.

Nous avons eu l’occasion de partager un festin de six services. Mon esprit un peu impulsif à eu le dessus sur la planification serrée que j’avais prévu : j’ai concocté mon menu la journée même, avec l’aide de mon plus jeune frère, qui m’a conseillé quelques plats.

La mise en bouche était fort simple : rillettes de canard acheté avec une baguette de pain au levain, le tout avec un fromage quadruple crème et un autre mi-chèvre mi-vache. J’ai servi un champagne d’étudiant : il s’agit de jus de raisin de muscat coupé avec de l’eau minérale. Rien à cuisiner, mais c’est toujours très bon. Nous avons attaqué le deuxième plat en grande : couscous de chou-fleur dans sa mayonnaise au curry et ses crevettes au vinaigre balsamique. Mon frère et moi nous étant mal compris, j’ai fait un plat en trop que j’ai servi ici : effiloché de bœuf au parmesan sur un lit de salade du jardin. Rehaussé avec de la sauge et de la moutarde, le bœuf donnait une saveur agréable est un bouquet plus complexe en bouche.

Par la suite, comme j’avais dû raser un chou-fleur, j’ai servi un potage du même légume, en utilisant du bouillon de poulet que j’ai fait moi-même. Le tout parfumé par un peu de thym et de basilic, il manquait seulement à saler et à poivrer au goût pour profiter de la mixture. S’en suit un autre plat de pré-résistance : le tartare de saumon à l’avocat. Pour aider à amalgamer les saveurs, une petite mayonnaise nature ainsi que du gingembre et du jus de citron.

Le plat de résistance était une salade décomposée avec des crevettes tigrées géantes, des pétoncles ainsi que des rondelles d’oignons frites. Le tout a été agrémenté par un choix de trois mayonnaises : une au curry, une au safran et une autre au cumin. Je pense qu’à ce moment précis, nous avons pris une petite pause avant de servir le dessert, question de donner un moment de répit à nos estomacs fatigués par tant de travail.

Finalement, j’ai servi un dessert au verre : une pièce montée de raisins caramélisés au vinaigre de Xérès dans de la crème Chantilly maison saupoudrée de zeste d’orange, de chocolat noir et aromatisée avec un peu d’eau de fleur d’orangé. Nous avons mangé cela en compagnie d’une bouteille de vin Sauvignon Blanc de pourritures nobles. Le mélange n’était pas parfait, mais je pense que les convives ont tout de même apprécié.

Histoire de digérer tous ces plats, nous avons ultimement conclus le repas avec une liqueur maison aux abricots, que nous avons savouré bien lentement au fil de notre discussion aux milles relents.

dimanche 27 septembre 2009

Mes vacances chez grand-mère prise 2

La chambre où j’ai séjourné m’a bien servie : elle me m’a pas dérangée avec la lumière ambiante du matin, étant donné que les volets étaient tirés et j’ai donc pu profiter d’une bonne nuit de sommeil. Il me semble d’ailleurs ne pas avoir fait grand-chose, si ce n’est d’avoir remis en état de marche la bicyclette de feu mon grand-père pour aller explorer les contrées verdoyantes qui composent le paysage de mon enfance. Je suis allé trouver le chalet, où j’ai remarqué que les herbes étaient hautes comme il ne l’avait jamais été. J’ai également trouvé que le nouveau chemin enlaidissait considérablement le paysage, attendu qu’il aurait suffi, à mon avis, d’un bon drainage s’occuper de l’ancienne route. J’ai rapidement quitté ce coin pour dévaler quelques pentes, histoire de revoir des paysages, qui, j’en étais certain, n’avaient pas changé.

En revenant, j’ai raconté mon excursion à ma grand-maman, qui elle en retour me parlait des fêtes qu’avait connues le chalet, des souvenirs qu’elle y avait en y pensant à travers les frimousses de ses enfants et même à travers nous, ses petits-enfants. Elle me parlait des terrains qu’elle avait dû acheter et tout le bazar. Cela nous a menés assez tard, à jaser dans le solarium, en arrière de la maison. Par la suite, j’ai tenté une expérience en revenir des morceaux de poulet avec des fines herbes, mais ce ne fut pas une expérience très intéressante et son succès fut mitigé. L’assiette royale de fruits par contre, elle, produit un effet visuel intéressant : il s’agissait simplement d’une mosaïque constituée de bleuets, d’ananas, de kiwi de pommes ainsi que de quelques cerises au marasquin. Cependant, nous n’étions pas tellement en appétit. Nous avons par la suite longuement discuté : elle me parlait du Montréal qu’elle avait connu, des Long Island qu’elle allait prendre au centre-ville, des nuits folles qui se terminaient au petit matin, de l’épreuve de force qui lui a permis de réussir ses études en infirmerie, de la famille, la naissance de ma grande cousine, la bonté légendaire de sa sœur Madeleine, des « erreurs » de notre arbre généalogique, etc. Elle souhaitait m’écouter m’exprimer à propos du Montréal que moi je connais, de ma carrière en psychoéducation et de divers sujets d’actualité, qu’elle me dit seulement connaître par le reflet de ce qu’elle lit et de ce qu’elle entend à la télévision. Malgré les années et les lieux physiques qui changent, il semble que Montréal soit une ville avec une âme, chose dont peu de lieux physiques peuvent se targuer de posséder. La fatigue se fera sentir et nous amènera à nos chambres respectives, le temps de se revigorer pour le lendemain.

Le réveil se fera attendre, je ne sais pas pourquoi, mais mon corps semblait en manque de sommeil. Je me réveillerai très tard et j’en profiterai pour aller faire des commissions aux Escoumins. Plus tard, je prendrai le temps de parcourir le sentier en forêt avec mon vélo, dévalant les pentes et montant les collines au rythme qui me plait. Je prendrai le temps de décortiquer les essences de conifères : épinette, sapin et mélèze viendront se mêler à l’air salin du rivage qui apporte une brise légère et agréable, comme un souffle de vie. Ce soir, les vols au vent aux fruits de mer seront à l’honneur : pétoncles et crevettes dans une sauce blanche crémeuse. J’étais content de voir que grand-maman ne chipotait pas dans son assiette, elle s’est même fait resservir, ce qui m’a évidemment beaucoup plut. Ce soir, pour profiter d’un beau moment ensemble, nous avons décidé de regarder les collines de mon père, le film de Marcel Pagnol qui est si beau et si agréable à voir. Je pense que de pouvoir partager un petit moment de bonheur comme cela ensemble fait parti dans plaisirs de la vie. Nous discuterons encore de tout et de rien, mais dans une moindre mesure : la fatigue se fera rapidement sentir. Je peux simplement dire qu’elle a pris soin de m’écouter lui relater un petit problème de la vie quotidienne qu’elle m’a aidé à surmonter avec son écoute empathique (notez bien ici le vocabulaire technique du psychoéducateur). Tout ça en plein milieu de la cuisine, alors que les aiguilles avancent inexorablement vers temps qui s’approche de plus en plus des petites heures. Finalement, nos lits nous retrouveront respectivement sains et saufs.

mardi 22 septembre 2009

Mes vacances chez grand-mère prise 1

Mercredi matin, 6h10 : je pars alors que le soleil tarde à se lever pour faire la longue route qui sépare mon logement montréalais de la maison de ma grand-mère, chez qui je suis attendu. Environ 550 kilomètres me séparent de mon objectif : je roule tranquillement à bord de la voiture paternelle en buvant un café fumant. J’ai dans la glacière assez de nourriture pour nous nourrir pendant au moins 2 semaines sans nous rationner : fruits frais, légumes du jardin, fromages, steaks, saucisses d’autruche, viande de cheval, poulet, bœuf, porc, salade russe, soupe poulet et nouille maison, crevettes, pétoncles… non pas que ma grand-mère a un frigo dégarni, mais son petit-fils s’en va chez elle pour lui faire un marathon de cuisine.

La route est magnifique une fois qu’on passe Sainte-Anne-de-Beaupré : elle serpente les collines et nous plonge à travers une panoplie de paysages champêtres qui évoquent chez moi des souvenirs de vacances. St-Tite-Des-Caps est logé en haut de la Côte-de-Beaupré, là où la température descend subitement de 3 ou 4 degrés. Le paysage montagneux nous amènera ensuite à l’entrée de Charlevoix, à Baie St-Paul, une ville rustique au centre-ville fort agréable et où l’on trouve la fromagerie du Migneron, qui vaut à elle seule le passage

J’éprouve un peu de nostalgie quand je passe là-bas puisque, m’a-t-on appris, la maison de mes aïeux est située à proximité : il y a même un arbre là où jadis se trouvait la cuisine. Puis viendra La Malbaie. J’aime Charlevoix pour son refus de se plier au défaitisme de région : les produits du terroir y sont légions, ses habitants sont réputés accueillants et hormis le tronçon de la 138, personne ne s’y sent pressé par le temps. Étant un montréalais dans l’âme, j’y mangerai un sandwich en vitesse, question de terminer mon trajet le plus tôt possible. Une fois passé le pont, le trajet semble se raccourcir : reste encore le village de St-Fidèle, naguère une halte routière pour profiter du fromage en crotte qui était si bon, la fameuse « Côte de la mort », un tournant abrupt qui descendait rapidement et où plusieurs automobilistes avaient trépassé (aujourd’hui, la côte a été adoucie). Puis, on finit par arriver à Baie-Sainte-Catherine, où l’on prendra le traversier pour gagner la rive de Tadoussac. J’y suis le dernier véhicule à embarquer, au point où dès que j’éteins le moteur et que j’actionne le frein à main, les dents du quai d’embarquement se lèvent et les moteurs du bateau s’actionnent. Les courants nous sont favorables et nous gagnons Tadoussac en moins de deux.

À partir du moment où je débarque du bateau, l’air salin du rivage me gagne et c’est là le début des vacances. Si les côtes sont moins raides, le paysage vallonné, partagé entre collines verdoyantes et lacs miroitants d’infinies ondées de soleil, nous pousse à la détente. Le pied se veut moins pesant sur l’accélérateur, on savoure toutes les courbes de la route avant de bifurquer à gauche après le premier (sinon le seul) viaduc de la Côte-Nord.

Je plonge alors dans une route cahoteuse, vieillie par le temps, pour m’engager vers la droite, en face du cimetière où repose feu mon grand-père, pour aller rejoindre la résidence de ma grand-mère. En croisant une ferme d’une autre époque qui tombe en ruine, je me remémore les mots de mon grand-père qui me disait que même dans son jeune temps, la vieille maison qui pourrit au soleil était déjà vétuste.

J’irai trouver ma grand-mère à 12h47 bien précisément. Elle me demandera de l’embrasser bien fort, ce que je ferai avec empressement, attendu qu’elle évite d’ordinaire les contacts physiques. Rapidement, je prendrai mes bagages pour m’installer et je remarque l’air ahuri de ma grand-mère, qui as dû penser que je moi je pensais qu’elle manquait de nourriture. Je place minutieusement le contenu de la glacière en répartissant le tout entre panier à fruits, congélateur et frigo. Puis, à mon tour de manger un petit quelque chose, le temps de m’arrêter vraiment quelques minutes et de savourer une bonne soupe de grand-mère. J’avais la bougeotte et quelques minutes après, j’ai eu l’envie de m’étendre sur le sofa.

Je n’ai pas su tirer profit des enseignements de la simplicité volontaire, étant un peu pataphysicien sur les bords : je n’avais pas assez d’avoir déplacé mes vivres que j’étais empli d’une énergie nouvelle pour aller cueillir des bleuets, question de faire une tarte à ma grand-mère. J’ai donc sillonné la route jusqu’à la talle de mon enfance, équipé pour seul bagage d’une vieille casserole pour y déposer les fruits bleus. Croyez-le ou non, j’ai passé presque trois heures pour ramasser un fond qui a dû être comblé avec des fraises pour faire une tarte digne de ce nom. Le repas du soir était constitué d’une soupe poulet et nouilles maison, d’un steak sauce à la crème servie avec une petite salade ainsi que de ladite tarte. Inutile de dire qu’après avoir fait la vaisselle, je n’ai eu d’autre envie que de ramper à mon lit avec la ferme intention d’y dormir tout mon saoul.

lundi 3 août 2009

Vivre à l’air du XXIe siècle

Je souhaite réagir à l’annonce de la ministre Normandeau voulant que le Québec se dote d’évaluations environnementales stratégiques (EES) pour régir l’exploitation de gisement de pétrole et de gaz dans le golfe du St-Laurent, en dépit du moratoire actuel. Cela laisse à penser que le Québec pourrait faire, en matière d’environnement, un grand bond en arrière. Au XXIe siècle, il n’y a plus d’hésitation possible : nous allons tout droit vers une catastrophe climatique. La qualité de notre ère est donc indissociable de la qualité de notre air, de notre eau, etc.

Le pétrole fut la source d’énergie par excellence du XXe siècle, il est au cœur même de notre mode de vie. Force est d’admettre qu’à l’entrée d’un nouveau siècle, nous en sommes complètement dépendants. Je n’écris pas ces lignes dans le but de vous parler de tous les problèmes liés à l’extraction, au raffinage et à l’utilisation du pétrole, je crois que le tour a été fait. Le but de mon texte est de réagir à l’annonce de la ministre Normandeau : pourquoi le Québec, nation tout entière pro-Kyoto, orientée vers les énergies du XXIe siècle, voudrait-il faire l’extraction du pétrole, nous reléguant sur un modèle économique désuet comme celui de l’Alberta? À quel coût?

Les régions touchées comme la Côte-Nord, le Bas St-Laurent et la Gaspésie, dépendent beaucoup du tourisme et des ressources naturelles. Le fleuve St-Laurent est un des joyaux du monde, qui recèle une myriade de formes de vie. Tout déséquilibre aurait des conséquences dramatiques sur la vie marine, entendue qu’il s’agit d’un milieu extrêmement sensible. Il va sans dire que ces conséquences entraineraient également un manque à gagner pour des milliers de Québécois qui vivent des ressources fournies par le fleuve.

Le Québec possède un joyau avec le fleuve St-Laurent, berceau de 90% des habitants de notre belle province, il suffit d’aller voir quelques milieux d’interprétation pour s’en convaincre. Je somme donc le gouvernement de faire marche arrière et de faire un geste courageux, dont les générations futures se souviendront avec fierté : je demande à la ministre des Ressources naturelles, madame Nathalie Normandeau, de décréter le fleuve St-Laurent comme une zone protégée de toutes formes d’exploitation de combustibles fossiles.

mardi 30 juin 2009

Pas de lasagnes sans invectives

N.B. : Le terme « lasagne » est mis au pluriel, car s'il n'y avait qu'une seule lasagne, les invectives n'auraient pas lieu d'être.

C'est officiel, la chasse à la meilleure lasagne est ouverte : même en été, pourquoi se priver du plaisir de faire cuire des plats au four (je ne connais personne qui fait sa lasagne au BBQ, mais je serais curieux de rencontrer des amateurs du genre) ? Qui dit lasagne dit goût personnel et qui dit goût personnel dit procès d'intentions, bagarre de fond de ruelle ou déclaration de guerre. Clarifions maintenant le type de projet : il s'agit d'une lasagne sauce à la viande. La première chose à savoir est que cette sauce se doit d'être plus consistante que la comparse que l'on servira avec des pâtes.

J'aimerais décrier avec véhémences l'ensemble des iconoclastes qui croient faire justice à une lasagne en exigeant une sauce lymphatique : elle doit se tenir, c'est comme un adolescent : on le préfère lorsqu'il a une colonne! Enfin, passons, j'en suis à poser la question : « Mais diantre, comment fait-on une bonne sauce à la viande ». J'ai coutume de dire que la sauce à la viande est comme la signature de quelqu'un : on peut toujours la contrefaire, mais ce n'est jamais tout à fait pareil. Certains y mettent du vin, d'autre du vinaigre balsamique, de la saucisse, des carottes (horreur), etc. Pour ma part, j'aime bien utiliser la vieille recette du « fond de frigo » ayant comme dénomination commune « tousky », abréviation de tout ce qu'il reste. Les purs et durs feront eux-mêmes la pâte de tomate (grand bien leur fasse), d'autres prendront des fines herbes fraiches (ce sont les meilleurs, car j'en suis), d'autres encore, ces diététiciens de malheur retireront le gras du bœuf haché. Le contrôle de l'acidité joue un rôle prépondérant, tout comme le bon dosage des épices, qui ne doivent pas éclipser la saveur. Je considère, à titre personnel, qu'une sauce à la viande est dénaturée lorsqu'on y met du sucre en trop grande quantité ou des carottes, mais tous les goûts sont (apparemment) dans la nature...

Puis, il demeure la question de l'assortiment avec les pâtes et le fromage. Les pâtes fraiches sont évidemment celles qui devraient être préconisées, mais les pâtes régulières feront très bien l'affaire. Quant aux fromages, les puristes ne jureront que par une mozzarella, pour ne pas faire fondre un fromage d'exception alors que d'autres iront pour des mélanges de plusieurs sortes, pour permettre un plus large éventail de goût. Je suis de ceux qui aiment le pepperoni dans la lasagne : un sacrilège pour les puristes, qui voit un espace inutilisé pour rajouter une couche de fromage, une bénédiction pour les amants de la viande, personne n'a la réponse à tout. La comparse Vicky, notre voisine, rajoute quant à elle une sauce rosée à la sauce à la viande, pour y donner un goût plus crémeux. D'ailleurs, si je ne lui avais pas fait un lynchage sur la place publique, elle aurait osé incorporer à sa sauce maison (qui est d'ordinaire succulente) une sauce en enveloppe! Comme quoi quand il s'agit de sauce, toutes les susceptibilités réussissent à y ajouter leur grain de sel.

La meilleure lasagne que j'ai mangée m'a été fournie par Vicky et je dois bien humblement admettre que je n'ai réussi qu'un seul coup de maître en terme de lasagne : j'avais alors broyé ma sauce, chose que je répugne à faire pour des questions personnelles... bon d'accord, l'histoire veut que ma mère ait broyé toutes les sauces à spaghetti parce que mon frère n'aimait pas les champignons et elle voulait épargner ses sentiments. Là-dessus, ami lecteur, j'ai bien hâte de vous retrouver pour ma prochaine chronique décisive, mais pour l'instant, j'en suis à me demander si ce blogue devrait se convertir en blogue culinaire uniquement.

vendredi 5 juin 2009

Pourquoi faut-il manger de la viande

Je suis un omnivore, mes dents le prouvent, mon corps digère aisément la matière animale, mon système en retire d'ailleurs plus de nutriments que ceux des fruits, des légumes et des grains. J'accepte cette réalité biologique de mon corps, je m'y soumets totalement, car depuis que l’homme est homme, l'homme chasse et mange ses proies. Nos plus proches cousins, les signes, sont également omnivores. Le cochon, dont nous partageons 97% du bagage génétique (mais malheureusement pas la faculté d'avoir des orgasmes de trente minutes), est également un omnivore.

Ensuite, je crois personnellement que l'ensemble du monde est omnivore, bien qu'il n'existe aucune statistique fiable qui puisse appuyer ces dires. D'après certains sondages dans des pays occidentaux, on retrouve entre 0,2% et 6% de végétariens, dont 33 à 50% seraient qualifiés de végétaliens, aux États-Unis à tout le moins. Dans les pays où nous avons le choix de manger ce que nous voulons, car nous ne sommes pas assujettis à des contraintes budgétaires importantes, nous mangeons abondamment de la viande. 97% des Canadiens mangent de la viande au moins occasionnellement, 99% consomment des œufs et/ou des produits laitiers.

Pour qualifier le terme végétarien, nous devons en établir les préceptes de base : personne qui ne consomme aucune forme d'animaux, tels des fruits de mer, des poissons, de la volaille et des viandes rouges. Il existe également les ovo-lacto-végétariens, qui peuvent manger des œufs ainsi que des produits laitiers. Tous les autres, sans exception, sont soit des pseudovégétariens ou des omnivores qui ont une préférence pour les menus composés de végétaux. Ceux qui se qualifient de végétariens totalisent une plus grande partie du pourcentage de la population, mais il existe trop de variation pour les qualifier. On peut donc supposer que pour qu'une si petite partie de la population suive des principes dogmatiques, c'est qu'elle est marginale. La proportion de végétaliens est également encore plus marginale, elle doit rejoindre le nombre d'électeurs en faveur d'un parti communiste canadien et j'ai bien l'impression qu'on pourrait trouver une corrélation intéressante si on s'amusait à faire des statistiques.

Certaines personnes deviennent végétariennes pour perdre du poids, mais c'est souvent une tentative vouée à l'échec. Ceci est d'ailleurs cocasse si on considère que la nutrition végétarienne peut amener une mauvaise absorption des protéines et elle peut entrainer une très mauvaise répartition du poids dans le corps. S'il est vrai que les végétaliens ont souvent un poids plus adéquat, ils doivent absolument prendre des suppléments vitaminiques ou faire des concessions pour rester en vie : leur diète ne leur permet pas d'avoir la vitamine B12, essentielle à la vie humaine. Ils achèteront donc des produits enrichis de vitamine B12 ou encore, ils consommeront des suppléments alimentaires, ce qui est un peu contre ce côté « naturel ». De même, les végétariens ont à faire très attention à leur nutrition, une chose qui n'est pas absolument indispensable pour survivre avec un régime de nature omnivore. Les femmes enceintes doivent particulièrement faire attention, notamment pour la carence en fer.

Maintenant, je vais parler d'une chose que la plupart des végétariens stricts ne peuvent pas comprendre : l'hédonisme. Tous les moments dédiés aux repas sont pour moi une source de plaisir et aucune concession ne devrait m'empêcher de manger ce que je désire gouter (sauf peut-être les espèces protégées). Quelle frustration que d'aller dans un restaurant et de voir si je peux y trouver trois miettes de pain pour me sustenter, ou encore de faire des kilomètres pour trouver un restaurant qui a un menu assez varié. Encore d'autres frustrations lorsque je serais invité chez un ami, dans ma famille, chez une charmante demoiselle qui aurait préparé un savoureux plat mijoté avec amour pendant des dizaines d'heures (voire des jours) pour lui dire « désolé, je ne peux pas manger ça, je suis végétarien ».

Je ne parlerais pas pendant des heures avec mon boucher de ses découvertes, de ses nouveautés, de l'amour qu'il a pour son travail, qui se perpétue de génération en génération. Je serais constamment frustré : plus que deux ou trois sortes de poutines pour moi à la Banquise, finies les joies d'un barbecue qui uni l'ensemble des convives au milieu de viandes qui cuisent agréablement et où tout le monde partage ensemble. Adieu les longues marinades, les types de cuisson, la chasse et la pêche, activités viriles par excellence, qui réconcilient l'homme avec sa nature profonde.

La conclusion de ma longue recherche pour vaincre l'argumentaire végétarien se traduit donc par les conclusions suivantes :

Oui, il est possible d'être végétarien et d'être en santé, mais il faut faire des concessions

Les végétariens cherchent à manger de la viande : ils utilisent des substituts de bouillon de poulet, des substituts de gélatine et de fausses viandes en tout genre. S'il est vrai qu'ils y parviennent parfois, il est nécessaire de rappeler qu'il s'agit de substituts et non de produits réels, qui sont toujours bien meilleurs.

Les végétariens doivent toujours faire attention à avoir une alimentation très variée et à avoir des notions de nutritions s'ils veulent survivre, alors que n'importe quel omnivore peut vivre selon ses goûts et convenances.

Voici quelques questions pour les réactionnaires de gauche qui cherchent à éliminer des traditions millénaires qui ont permis la procréation de la vie dans toutes les régions du monde (elles sont tirées et librement traduites de ce site) :

Des milliers de kilomètres de terre ne sont pas propices à cultiver des aliments, mais où les animaux peuvent y vivre. En arrêtant l'élevage de ces animaux, laissant pour morts des milliers de personnes qui dépendent de cette viande pour vivre. Est-ce qu'il fait sens d'élever des animaux là où l'agriculture ne peut survive ?

Un animal vivant sur 1 acre de terrain qu'on tue et où le terrain n'est pas cultivé, il s'agit d'une mort. Un acre de terre cultivée pour l'agriculture élimine beaucoup de vie sauvage, mais est-ce positif d'empêcher la vie sauvage de suivre son cours ?

Est-ce la viande qui cause des problèmes de santé ou la manière dont la viande est élevée?

Les ovo-lacto-végétariens, de par leur consommation, appuient la mise à mort des coqs et des veaux mâles. Ce faisant, vous contribuez donc au marché de la viande (merci).

Notion épicurienne importante : moi je peux abondamment profiter des bienfaits de la cuisine végétarienne, car je l'apprécie et je ne m'en prive pas, mais eux se privent d'un monde en refusant de gouter à toutes les splendeurs que je peux faire avec de la viande. Je serais même prêt à dire que quiconque goûterait à mon bœuf à l'italienne, à mes côtes-levées à la japonaise ou à mes rouleaux impériaux pourrait dès lors dire adieu à ses convictions végétariennes pour le peu que ses papilles gustatives soient bien développées.

Sur ce, je vous laisse avec une citation de chandail que j'ai trouvée bien amusante : « Save a melon. Eat a vegetarian ».