mercredi 9 juillet 2008

Un matin plutôt spécial

Mes yeux sont encore clos, je sens une brise sur ma peau, qui caresse mes cheveux. Je respire à fond l’air qui entre dans la pièce et qui apporte des effluves qui ne me sont pas connus. Finalement, je sens un drap qui n’est pas le mien et la curiosité s’empare de moi : où suis-je? Je dilate mes narines pour capter toutes les odeurs qui pourraient s’aventurer autour de moi : je sens que je suis à côté d’une fille, son arôme ne me revient pas. Elle sent un peu l’eau de rose, je ne peux qu’ouvrir les yeux pour tenter de découvrir ce qui m’arrive, ma mémoire semblant oublier le passage du temps.

Je suis dans une chambre, les rayons de soleil dansent sur les murs bicolores : bleus dans le bas de la pièce, puis un rebord en bois taillé vient séparer le haut qui est blanc. Je distingue un bureau ancien, sur lequel traine une bouteille d’eau de fleur de rose, un livre de Jules Verne : « de la terre à la lune » et une plume d’oie qui jouxte une bouteille d’encre et une page qui n’est pas terminée.

En face de moi, je vois une commode qui doit contenir des vêtements. Il y a un petit miroir qui ne me permet que de voir le reflet du plafond; un ventilateur massif y trône. Autrement, mon regard se promène dans l’angle de la pièce où est une bibliothèque bien garnie. Finalement, mon regard ayant traversé la pièce vient se fixer sur un amoncellement de longs cheveux blonds ondulés qui dépasse des draps blancs. À la base trône une tête d’ange, au visage pur avec une peau blanche et délicate. Deux petits yeux, paupières fermées, exhibent des cils courts à proximité de sourcils affinés. Un petit nez fin se taille au milieu du visage que des taches de rousseur enjolivent. Des lèvres fines et roses semblent dire « embrasse-moi ».

J’ose me retourner vers la douce et je lui flatte délicatement la joue du revers de la main. À peine ai-je effleuré sa peau que ses petits yeux bleus se fixent sur moi et sur ses lèvres se dessine un sourire. Ses bras viennent chercher ma taille et son corps chaud se colle sur le mien avec un frisson de soulagement. Sa tête rejoint la mienne sur mon oreiller, nos nez se touchent, la belle ferme ses paupières avec confiance. Du coup, le stress qui m’habite depuis toujours devient un immense ruisseau calme : je n’ai aucune idée du jour, je ne sais pas où je me trouve, ni même l’heure qu’il est. Je contemple un instant le tableau qui m’est offert : je le grave dans ma mémoire avant de retourner me fermer les yeux et j'exulte un peu plus. Je l’embrasse : moment suave, délicieux. Pendant que mes lèvres sont collées sur les siennes, je sens un sourire en commissure : les pupilles pointent avec déférence vers le haut et le visage exhibe visiblement une invitation.

2 commentaires:

Angélique Soleil Lavoie a dit...

Wow. Woauh.
Décidément je suis sois fleur bleue ces temps-ci ou j'aime ta prose.

Il faudrait bie nque j'en écrive un équivalent personnel masculin.

(le matin est magique et se porte bien à la famtaisie, mais rentrer le soir et retrouver son homme, hmm!)

De quoi démontrer avec splendeur toutes tes divagations chevaleresques attribuées par Sappy!

Apollinien a dit...

Jolie prose, mon poète romantique. Mais la question demeure : tu t'es enfin dégoté une fille ou tout ça c'est du fantasme ?