jeudi 12 juillet 2007

Petit instant de bonheur lucide

Il faut, pour exprimer mon propos, brosser un tableau de la situation telle qu'elle était il y a quelques jours à peine. Au réveil, une douleur lancinante me prend à la tête et l'heure qui avance inexorablement sur mon cadran me fait réaliser que la journée est déjà bien entamée. L'œil hagard, les cheveux hirsutes, la figure bouffie, je me lève déjà fatigué de n'avoir rien fait.

Ma chambre est un tel capharnaüm que même le Minotaure s'y perdrait sous une pile de livres du Capital de Marx qui me sert de repose-pied pour jouer de la guitare. On aura beau dire, le communisme aura servi à quelque chose… mais je diverge de mon sujet principal: mon pas pesant m'amène à descendre les escaliers qui me mène à la cuisine où je déjeune sans appétit en lisant des nouvelles sans intérêt.

La joie n'y est pas, je sors à l'extérieur m'aérer les poumons et manger de délicieuses mûres sans même remarquer le soleil. Mon employeur ne m'a pas encore appelé, voilà quelques jours que je ne travaille pas et que je m'emmerde. Pour passer le temps, je joue à Paper Mario sur la Wii: un jeu intéressant. Je me sens seul, j'appelle des amis qui sont occupés, absents. Je reçois des téléphones, je travaille sur l'initiation avec une épouvantable désolation. Coupé du monde, je gratte trois accords moches et mon regard tourne comme le lait.

Au troisième jour qui s'annonçait pareil au deux précédant, un coup de fil m'arrache de ma torpeur: "Viens-tu à la plage?". Nonchalamment, je réponds que je vais voir dans une heure comment je vais me sentir et quand je sens la routine m'envahir de nouveau, je rappelle en hâte pour dire que je serai de la partie, étant donné que rien ne pourrait être aussi pire que de perdre une autre journée d'été. Au moment où j'ouvre la porte d'en avant, je sens une odeur fraîche, qui annonce un renouveau.

Je saute dans la voiture de mon ami, nous décollons et on sent l'été, même si la température devient moche par moment. Arrivés sur la plage, les baigneurs ont assaillis le sable par milliers, on se trouve un endroit et on étend nos serviettes. Sous mes lunettes de soleil, j'admire les nombreuses beautés jouxtant mon environnement. Je reluque ces bikinis avec un intérêt non feint, mais sans ambition. Je mange du melon d'eau, sur la plage, il fait beau, on se baigne, on parle, on déconne beaucoup… tout baigne!

Par après, il est question de faire un souper en gang au restaurant italien. L'instigateur de ces activités m'invite également à aller crécher chez lui pour la soirée, étant donné qu'on irait à St-Jean-sur-Richelieu le lendemain pour assister à un concert, question d'aller profiter de la vie. Je pense à ma patronne qui peut m'appeler et je pèse le pour et le contre le temps d'un instant: celui de réaliser qu'on n'a qu'une seule vie à vivre et que je en tirer des regrets… Carpe diem! Le temps de passer prendre mes choses à la maison et je suis prêt à tout. (La suite dans ma prochaine entrée).

2 commentaires:

Carl inc. a dit...

Louis-Vincent, j'ose à peine t'imaginer à 40 ans... Ça risque d'être toute une crise d'identité...

Ceci dit, j'avais remarqué ta morosité et je suis très content qu'elle ait fait place à une joie de vivre communiquante. (Pas parce qu'elle m'affecte, car je suis un pessimiste avancé, mais surtout parce que tu en communiques la raison!)

Parfois, on dirait que le bonheur est à des années-lumières, et il suffit d'un instant pour tout changer! Quel mystère merveilleux, non?

Apollinien a dit...

Mon Cardinal, vous avez écrit : "Je me sens seul, j'appelle des amis qui sont occupés, absents." Je connais trop bien ce sentiment, aussi je compatis avec vous. Mais nous péchons souvent par manque d'opportunisme, ou d'imagination. Nous possédons souvent un capital social plus grand que nous ne l'imaginons. C'est parfois l'ami qu'on oublie de rappeller qui a le plus en commun avec nous, je parle ici d'un ennui mortel à tromper en bonne compagnie.