mardi 7 avril 2009

Les cinq trésors du camarade Tchekhov

La sonnerie du téléphone, plus que tout autre réveil-matin, termine mal une agréable nuit de sommeil parsemée de rêveries. Fort heureusement, on peut toujours compter sur le camarade Tchekhov pour faire mentir le fait énoncé ci-haut. Sans faire ni une, ni deux, le camarade m’explique qu’il est pris d’une surdose d’énergie et qu’il a employé cette dernière à préparer de nombreux plats, qu’il entend me faire goûter. La perspective de ne pas avoir à cuisiner ni à faire l’épicerie pendant une semaine et de se faire gâter par un ami qui a probablement canalisé dans ses plats toute son énergie m’est apparue comme un grand cadeau fort agréable, dans des moments qui le sont moins. Le tout, livré le soir même.

Crésus lui-même aurait été jaloux : pâtes aux cinq trésors, poulet à la noix de coco (tom khaa kai), plat indien (sambar), tofu ma-po, riz parfumé, rien ne semble à même d’arrêter ses arômes dans mon palais. En contrepartie, le camarade m’a demandé de lui exposer ma critique culinaire, que je propose à votre lecture.

Lundi : Tofu ma-po

Le dernier tofu ma-po que j’ai mangé de Tchekhov, avait plus de bœuf que tofu, ce qui l’a un peu tué. Par contre, il était épicé à souhait. La particularité du tofu ma-po, qui est simplement épicé à souhait pour le commun des mortels, c’est la différence entre les épices brûlantes et les épices qui engourdissent. Avec le tofu, le but est de créer un contraste agréable dans le contraste doux/piquant. Le tofu ma-po de Tchekhov s’est avéré délicieux pour le palais, avec une proportion beaucoup plus juste de bœuf haché par rapport au tofu. La sauce était bien épaisse et elle a donné de la saveur au tofu. Le mélange était épicé, brulant, sans être désagréable. Deux choses que mon palais a remarqué : un manque de poivre Sichuan, dont le goût si caractéristique se serait marié à merveille avec la tempête de saveur et la présence de poireaux chinois, qui auraient également eu leurs places. Je me permets également la remarque qu’un authentique tofu ma-po aurait été légèrement plus épicé. Toutefois, loin d’être déçu du résultat, j’ai beaucoup apprécié ce plat et j’ai bien hâte de voir si le camarade saura le rendre encore plus délicieux.

3 commentaires:

Angélique Soleil Lavoie a dit...

Tofuuuuuuuuuuuuuuu.

Oscar a dit...

Merci pour ta critique, camarade Leonid Petrovitch. Elle constitue une de mes gratifications majeures en tant que cuistot.

En passant, le basmati ne s'appelle pas "riz aux cinq trésors". Les "cinq trésors" sont dans les nouilles de riz : échalottes, carottes, shiitake frais, noix d'acajou, saucisse chinoise. (En passant, shiitake veut dire "champignon jaune" en japonais. En Chine, ou ils sont très utilisés séchés, ils s'appellent xiang gu, qui veut dire "champignon parfumé".)

Pour en revenir au basmati, je ne connais pas le nom de la recette. Je dis donc : "basmati parfumé". La recette est très simple :

1. Faire griller une cuillèrée à thé de cumin, deux graines de cardamome, deux clous de girofle et un bâton de canelle dans du ghee (beurre clarifié indien) à haute température jusqu'à ce qu'ils fassent "POP!".

2. Immédiatement ajouter 1 ognon haché et sauter jusqu'à début de caramélisation.

3. Ajouter une tasse et demi de basmati préalablement trempé pendant 20 minutes, puis mélanger pour que le riz soit bien recouvert de ghee.

4. Ajouter 2 tasses et demi d'eau puis cuire selon la méthode classique pour le riz.

Pour une belle couleur jaune, on peut aussi râper un petit morceau de curcuma dans le mélange avant la cuisson finale. On peut également remplacer les graines de cumin par des graines de moutarde brune. Et pour un riz qui a vraiment de la classe, ajouter du safran indien !

Pierre-Julien a dit...

Le monde est un festin.