Il y a trois ans, j'avais formulé le souhait de me rendre visiter mon ami Denis au Lac St-Jean, mais les circonstances n'ont pas favorisé cette rencontre : par deux fois, la météo s'est déchaînée et les routes ont été impraticables dans le temps de noël, pour le reste, un mélange d'imprévus et de conflits d'horaire ont fait en sorte que ce projet, pourtant simple, n'est pas pu se concrétiser auparavant.
La distance qui sépare St-Gédéon des Bergeronnes n'est pas particulièrement impressionnante : il n'y a que 200 kilomètres de route qui nous séparent, mais la route en tant que telle est assez imprévisible : la réserve de la Sainte-Marguerite constitue un parcours sinueux, à travers une vallée à la température changeante. Par la suite, il faut traverser la ville de Saguenay, puis poursuivre la route par des chemins de campagne, où le vent peut s'avérer un obstacle pour le conducteur habitué aux villes.
La première partie du voyage relaxe le voyageur, tant les paysages sont parsemés de collines, de rivières, de chutes de glace et de vallées où le soleil se plait à créer des contrastes d'ombres et de lumières. La vallée de Sainte-Marguerite vaut son pesant d'or, car on s'y sent en communion avec la nature, dans cette contrée qu'on contemple à travers le chemin sinueux qui part de Sacré-Coeur pour se rendre à (feu) Chicoutimi, en passant par le village enchanteur de Sainte-Rose-du-Nord.
Puis, peu à peu, en passant par St-Fulgence, on entre dans la nouvelle ville de Saguenay, qui est un peu difficile à traverser, quand on ne s’y connait pas. Par chance, j’avais déjà eu l’occasion de faire du repérage, mon oncle nous ayant promenés en ville antérieurement. Un soleil de plomb terrassait les automobilistes du boulevard Talbot, qui avançait à la même vitesse que les automobilistes montréalais sur Décarie à l’heure de pointe.
La dernière étape de la route étant de se rendre à St-Gédéon, il suffisait de suivre une route de campagne, comme il en existe des centaines au Québec. J’ai par contre été surpris de rencontrer des villages d’une route, c’est-à-dire des habitations agglutinées autour de la 170.
Après un périple de trois heures, je me rends à l’adresse indiquée par mon ami Denis, authentique gars du Lac. Il m’accueille (un peu en retard), visiblement fatigué par les fêtes, son travail et sa rocambolesque vie sociale. En rattrapant quelques mois avec quelques bières, je me détends un peu de la longue route que j’ai faite. Nous sommes allés souper chez Gooffy, à Alma, pour prendre un repas traditionnel du Lac : la poutine à la sauce BBQ avec du Red Champagne. Après cette entrée en matière, nous sommes allés boire une bière au Crapaud, bar bien connu de la région. Malheureusement pour moi, c’était vide et j’ai eu un peu de difficulté à croire qu’on s’y bouscule les soirs d’affluence. Finalement, nous avons terminé la soirée en dégustant des bières à la microbrasserie de St-Gédéon, un endroit fort sympathique. Au milieu de nulle part, on trouve une petite place bien sympathique, où l’air est empli de houblon, de musique québécoise variée et où s’entrechoque un langage assorti d’un accent fort cordial. C’est en prenant une plaquette de dégustation que je découvre quatre sortes de bière. J’ai eu un coup de cœur pour la tante tricotante, la dernière et la plus forte de ces dernières. Voyant que mon ami commençait à canter, nous sommes retournés chez lui, question de nous coucher pour être prêts pour la pêche à la loche du lendemain.
Au petit matin (lire à 8h00, durant une période de congé), nous nous sommes levés dans une forme olympienne (un bon 20 minutes a été nécessaire pour nous extirper de nos lits respectifs) pour nous rendre chez le père de Denis, qui a été assez bon pour nous inviter à déjeuner. Puis, il me fallait prendre des habits qui me tiennent au chaud sur le Lac, alors j’ai eu droit à un genre de changement de style assez exceptionnel : mon manteau Kanuk ne suffirait pas à la tâche : j’ai revêtu un manteau d’armée, avec des salopettes assorties, des gants de cuir, des bottes doublées et même triplées, un cache-cou et un casque de motoneige. Il est à noter que je suis épouvantable pour attacher des casques. Lorsque je suis allé au centre Bell pour patiner avec les Canadiens, j’ai voulu donner l’exemple et j’ai apporté un casque… mais on a rapidement vu que je n’ai jamais revêtu un casque du genre! Bref, j’ai dû expliquer que j’étais un « montréalais un peu épais » et que je n’avais aucune idée comment je devais attacher la courroie.
Nous avons par la suite pris les motoneiges pour nous amener au milieu du Lac St-Jean. Voilà une quinzaine d’années que je n’avais pas monté sur l’une d’elles et ce fut là un moment très agréable. L’idée d’aller sur le Lac, un genre de désert de glace, me surprenait, moi qui ne connaissais rien de la pêche sur glace. Mais nous nous sommes rendus près des « trappes », un trou identifié par une branche d’arbre, puis nous avons piqué la glace. Attachée à une branche transversale, une corde d’une dizaine de mètres était attachée à une autre branche de bois, de 3 mètres. Cette dernière contenait les hameçons (des morceaux d’éperlans) et les loches qui ont bien voulu demeurer prises. Mon ami jubilait, il avait attrapé de gros poissons (dont un de 2,5kg).
En conduisant vers son deuxième trou, j’étais aux commandes de la motoneige et j’ai connu un accident heureusement peu fâcheux : en voulant tourner sur la glace, l’arrière de la motoneige dérape et les skis avant se placent sur la neige, ce qui donne un violent contrecoup, projetant mon ami sur la glace et mon rentrant le volant profondément dans les côtes. Comme nous roulions à basse vitesse, les conséquences sont relativement peu importantes, mais j’en ai été quitte pour une bonne explication, néophyte que je suis. Voilà une expérience qui fut bien marquante, d’autant plus que les « rots » de la glace sont assez uniques (il s’agit de l’air qui s’enfuit par les trous d’eau, ce qui donne un son rauque, comme si le lac rotait).
J’ai également eu l’occasion de croiser la grand-mère paternelle de mon ami, qui allait relever ses hameçons et qui semblait bien dynamique, même à sa 77e année. Nous sommes retournés et puis c’était la fin. J’ai quitté le Lac en me disant que j’avais eu la chance de vivre une belle expérience.
vendredi 31 décembre 2010
lundi 6 décembre 2010
Sous la neige
Montréal revêt son premier duvet de neige et la tempête ralentit le rythme effréné de la vie citadine. Aujourd’hui, j’ai comme envie de contempler le spectacle des lumières qui enjolivent le spectacle de la première rafale de neige de l’année. C’est là une belle occasion de profiter d’une marche pour se réconcilier avec le froid et l’hiver.
Je dois admettre avoir été préoccupé par autre chose et ne pas tout de suite avoir pu réaliser la beauté de la tempête, son calme apaisant et son charme, qui se dessine derrière les lumières qui nous permettent d’apprécier la poudrerie. Au son d’un carillon qui s’était pris dans le vent, j’ai eu l’occasion de m’émerveiller d’un bonheur fort simple, qui n’est pas sans rappeler l’Inukshuk, ce monticule de pierres utilisé par les peuples inuit et yupik pour guider la route des voyageurs. Cela est d’ailleurs un symbole pour lequel l’Ancre des Jeunes, l’organisme communautaire pour qui j’œuvre, avait donné la mention suivante : « Je suis passé avant toi. Tu es sur la bonne voie, aie confiance en toi et continue ta route ». Bref, un moment de calme dans le tumulte de la vie, qui nous embarque trop souvent à revers dans un tourbillon sans fin.
Je chausserai donc mes bottes dorénavant, en foulant du pied cette neige qui a, l’espace d’un instant, apaisé un spleen. Comme diraient les Beatles : « Let it be ».
Je dois admettre avoir été préoccupé par autre chose et ne pas tout de suite avoir pu réaliser la beauté de la tempête, son calme apaisant et son charme, qui se dessine derrière les lumières qui nous permettent d’apprécier la poudrerie. Au son d’un carillon qui s’était pris dans le vent, j’ai eu l’occasion de m’émerveiller d’un bonheur fort simple, qui n’est pas sans rappeler l’Inukshuk, ce monticule de pierres utilisé par les peuples inuit et yupik pour guider la route des voyageurs. Cela est d’ailleurs un symbole pour lequel l’Ancre des Jeunes, l’organisme communautaire pour qui j’œuvre, avait donné la mention suivante : « Je suis passé avant toi. Tu es sur la bonne voie, aie confiance en toi et continue ta route ». Bref, un moment de calme dans le tumulte de la vie, qui nous embarque trop souvent à revers dans un tourbillon sans fin.
Je chausserai donc mes bottes dorénavant, en foulant du pied cette neige qui a, l’espace d’un instant, apaisé un spleen. Comme diraient les Beatles : « Let it be ».
lundi 22 novembre 2010
Une pointe de pizza
Chers lecteurs,
Voilà bien longtemps que je me suis extasié bruyamment par rapport à un met culinaire de ma conception, mais ma dernière pizza mérite bien une petite parenthèse. Rien de bien compliqué d’ailleurs, une pâte maison, du thym frais, de la sauce tomate, des morceaux de Coppa bien relevés, un peu d’ail, des poivrons, des champignons, des courgettes ainsi que des oignons rouges, le tout recouvert d’une généreuse couche de gruyère et d’édam. D’une simplicité enfantine, le plus gros défi demeure de laver la vaisselle après avoir rangé les ingrédients. Cependant, cela n’enlève rien au palais, qui prend plaisir à s’extasier de cette saveur riche, des délicieux effluves qui s’échappent du four, des fromages qui s’harmonisent, des oignons légèrement caramélisés qui offrent un parfum subtilement sucré, des poivrons bien revenus qui adoucissent les élans plus corsés de la Coppa. Avec les champignons et les courgettes revenues au beurre, la quintessence culinaire s’offre au palais, dans une forme complexe, harmonieuse et d’un équilibre symbiotique parfait. De quoi faire baver le gastronome en vous!
Voilà bien longtemps que je me suis extasié bruyamment par rapport à un met culinaire de ma conception, mais ma dernière pizza mérite bien une petite parenthèse. Rien de bien compliqué d’ailleurs, une pâte maison, du thym frais, de la sauce tomate, des morceaux de Coppa bien relevés, un peu d’ail, des poivrons, des champignons, des courgettes ainsi que des oignons rouges, le tout recouvert d’une généreuse couche de gruyère et d’édam. D’une simplicité enfantine, le plus gros défi demeure de laver la vaisselle après avoir rangé les ingrédients. Cependant, cela n’enlève rien au palais, qui prend plaisir à s’extasier de cette saveur riche, des délicieux effluves qui s’échappent du four, des fromages qui s’harmonisent, des oignons légèrement caramélisés qui offrent un parfum subtilement sucré, des poivrons bien revenus qui adoucissent les élans plus corsés de la Coppa. Avec les champignons et les courgettes revenues au beurre, la quintessence culinaire s’offre au palais, dans une forme complexe, harmonieuse et d’un équilibre symbiotique parfait. De quoi faire baver le gastronome en vous!
mercredi 17 novembre 2010
Ma visite chez Aubut
Vous souvenez-vous, dans votre jeunesse, lorsque vos parents vous amenaient dans un grand magasin de jouets, dans une confiserie ou tout simplement dans prendre un cornet de crème laitier au bar laitier du coin? Il me vient à l’esprit des sourires sur la bouche des petites frimousses et des yeux gros comme des deux dollars! Aujourd’hui, dans le cadre des mes fonctions de professeur de cuisine, j’ai eu l’occasion d’aller visiter un entrepôt où s’approvisionne les restaurateurs et il me semblait retrouver, l’espace d’un instant, cette féerie de mon enfance.
Premièrement, tout est surdimensionné : on vend de la margarine à la chaudière, en format 5 kg, on peut acheter une conserve de 9,7 kg de choucroute et le tout à des prix franchement en deçà de ce qu’on paye dans un supermarché. D’ailleurs, on y trouve de tout : des batteries de cuisine aux couteaux de spécialité, en passant par les planches à découper jusqu’à l’ensemble des produits de nettoyage. Vous y aviez pensé, vous, à acheter du vin de cuisson? Vous savez, on paye une fortune à la SAQ pour acheter un vin qui finira dans la votre assiette, alors que là-bas, vous pouvez en acheter 20 litres pour 22 dollars! Vous êtes tannés de vous fatiguer à couper de l’ail… et bien pourquoi ne pas l’acheter en morceaux… au kilo? Vous aimez les frites, la boite de six paquets de 2,27 kg se détaille à 18 dollars.
J’ai été fasciné parce que je réalise que le prix des denrées alimentaires semble varier beaucoup plus en fonction du volume écoulé que simplement en fonction de l’offre et de la demande. Tous ces contenants gigantesques, que je m’imaginais placer dans une cuisine imaginaire, semblaient me promettre d’agréables mélanges et de nouvelles possibilités culinaires. Il y a tous ces produits que je n’ai pas eu le temps de voir et que j’aurais aimé déguster. Bref, j’y retournerai, c’est certain!
Je pense que la démesure et la variété (il y a un inventaire de 240 pages de produits sur leur site Web) m’attire comme un aimant électronique. Je vous invite à vous faire une tête en consultant leur site Web.
Premièrement, tout est surdimensionné : on vend de la margarine à la chaudière, en format 5 kg, on peut acheter une conserve de 9,7 kg de choucroute et le tout à des prix franchement en deçà de ce qu’on paye dans un supermarché. D’ailleurs, on y trouve de tout : des batteries de cuisine aux couteaux de spécialité, en passant par les planches à découper jusqu’à l’ensemble des produits de nettoyage. Vous y aviez pensé, vous, à acheter du vin de cuisson? Vous savez, on paye une fortune à la SAQ pour acheter un vin qui finira dans la votre assiette, alors que là-bas, vous pouvez en acheter 20 litres pour 22 dollars! Vous êtes tannés de vous fatiguer à couper de l’ail… et bien pourquoi ne pas l’acheter en morceaux… au kilo? Vous aimez les frites, la boite de six paquets de 2,27 kg se détaille à 18 dollars.
J’ai été fasciné parce que je réalise que le prix des denrées alimentaires semble varier beaucoup plus en fonction du volume écoulé que simplement en fonction de l’offre et de la demande. Tous ces contenants gigantesques, que je m’imaginais placer dans une cuisine imaginaire, semblaient me promettre d’agréables mélanges et de nouvelles possibilités culinaires. Il y a tous ces produits que je n’ai pas eu le temps de voir et que j’aurais aimé déguster. Bref, j’y retournerai, c’est certain!
Je pense que la démesure et la variété (il y a un inventaire de 240 pages de produits sur leur site Web) m’attire comme un aimant électronique. Je vous invite à vous faire une tête en consultant leur site Web.
dimanche 7 novembre 2010
Incendies
Pour une deuxième chronique de suite, je vais vous reparler de cinéma, cette fois à propos d’un autre film québécois : Incendies. Avertissement : cœurs sensibles s’abstenir. Ce film est d’une dureté et d’une violence qui est à la limite de l’insoutenable. Sans tomber dans la caricature, Denis Villeneuve a su rendre, dans une atmosphère sombre et lugubre, la rage de vivre, envers et malgré tout.
L’intrigue est centrée sur l’histoire de Nawal Marwan, qui est morte lorsque le film commence. Ses deux enfants, Simon et Jeanne, rencontrent l’employeur de leur mère, le notaire Lebel (excellent Rémy Girard), qui est également l’exécuteur testamentaire. Leur mère leur demande de trouver leur frère et leur père, sans autres indices que son vieux passeport. D’ailleurs, le pays d’origine des Marwan est fictif, c’est un mixte entre le Liban, la Syrie et la Jordanie.
Le film se divise en deux fenêtres : d’une part, on voit la vie de Nawal (Lubna Azabal) avant qu’elle arrive au Québec. De l’autre, on voit Jeanne (Mélissa Desormeaux-Poulin), puis Simon (Maxim Gaudette), qui sont sur les traces de leur mère, dans son pays d’origine. Les transitions sont superbes, les prises de vue spectaculaires, la symbolique omniprésente et présentée avec images saisissantes. On nous ramène constamment à quatre dimensions : le feu (le titre est bien choisi), l’eau (piscine), la terre et l’air (présentés conjointement par les paysages dévastés, les villes et villages ainsi que le coin lugubre du quartier St-Laurent, à côté de la 15, où il semble toujours régner une atmosphère moribonde.
Le jeu de Lubna Azabal avoisine la perfection. Même si le scénario lui donne probablement le rôle le plus difficile à interpréter, elle demeure crédible d’un bout à l’autre de l’histoire. Avec émotion, elle nous transporte dans les multiples facettes de son existence, une réalité sans pitié, dépeinte grâce à l’exceptionnelle résilience de son personnage. On peut reprocher à Mélissa Desormeaux-Poulin plusieurs dialogues rarement convaincants et à Maxim Gaudette son insipidité ainsi qu’un jeu manquant de réalisme. Les deux jeunes acteurs brillent peu, même si Jeanne est mieux incarnée que son frère. Rémy Girard s’en tire pour une fois avec un rôle intelligent, qui illustre bien la polyvalence de l’acteur. Sa performance est de la trempe de celle du Déclin de l’empire américain. Les rôles de soutien sont également solides et le jeu est très concluant. Du côté de l’image, il y a une inconstance par rapport au teint de la peau de Jeanne : au Québec, sa peau basanée lui donne un air arabe, alors qu’une fois rendue de l’autre côté de l’Océan, elle semble plus québécoise que nature (teint blanc laiteux).
La conclusion du film, percutante à souhait, nous fait ressentir un malaise sans nom. Le film a vraiment atteint la limite de l’insoutenable. Dans le cinéma, l’air me semblait froid, mais j’ignorais si c’était la température extérieure ou celle de mon âme qui me saisissait autant. Frappé de stupeur après la conclusion, j’ai été incapable de discuter du film sur-le-champ. Denis Villeneuve a réussi un coup de maître et signe un chef-d'œuvre inspiré, tragique, mais d’une grande beauté. Quant à moi, j’en ai été tétanisé!
L’intrigue est centrée sur l’histoire de Nawal Marwan, qui est morte lorsque le film commence. Ses deux enfants, Simon et Jeanne, rencontrent l’employeur de leur mère, le notaire Lebel (excellent Rémy Girard), qui est également l’exécuteur testamentaire. Leur mère leur demande de trouver leur frère et leur père, sans autres indices que son vieux passeport. D’ailleurs, le pays d’origine des Marwan est fictif, c’est un mixte entre le Liban, la Syrie et la Jordanie.
Le film se divise en deux fenêtres : d’une part, on voit la vie de Nawal (Lubna Azabal) avant qu’elle arrive au Québec. De l’autre, on voit Jeanne (Mélissa Desormeaux-Poulin), puis Simon (Maxim Gaudette), qui sont sur les traces de leur mère, dans son pays d’origine. Les transitions sont superbes, les prises de vue spectaculaires, la symbolique omniprésente et présentée avec images saisissantes. On nous ramène constamment à quatre dimensions : le feu (le titre est bien choisi), l’eau (piscine), la terre et l’air (présentés conjointement par les paysages dévastés, les villes et villages ainsi que le coin lugubre du quartier St-Laurent, à côté de la 15, où il semble toujours régner une atmosphère moribonde.
Le jeu de Lubna Azabal avoisine la perfection. Même si le scénario lui donne probablement le rôle le plus difficile à interpréter, elle demeure crédible d’un bout à l’autre de l’histoire. Avec émotion, elle nous transporte dans les multiples facettes de son existence, une réalité sans pitié, dépeinte grâce à l’exceptionnelle résilience de son personnage. On peut reprocher à Mélissa Desormeaux-Poulin plusieurs dialogues rarement convaincants et à Maxim Gaudette son insipidité ainsi qu’un jeu manquant de réalisme. Les deux jeunes acteurs brillent peu, même si Jeanne est mieux incarnée que son frère. Rémy Girard s’en tire pour une fois avec un rôle intelligent, qui illustre bien la polyvalence de l’acteur. Sa performance est de la trempe de celle du Déclin de l’empire américain. Les rôles de soutien sont également solides et le jeu est très concluant. Du côté de l’image, il y a une inconstance par rapport au teint de la peau de Jeanne : au Québec, sa peau basanée lui donne un air arabe, alors qu’une fois rendue de l’autre côté de l’Océan, elle semble plus québécoise que nature (teint blanc laiteux).
La conclusion du film, percutante à souhait, nous fait ressentir un malaise sans nom. Le film a vraiment atteint la limite de l’insoutenable. Dans le cinéma, l’air me semblait froid, mais j’ignorais si c’était la température extérieure ou celle de mon âme qui me saisissait autant. Frappé de stupeur après la conclusion, j’ai été incapable de discuter du film sur-le-champ. Denis Villeneuve a réussi un coup de maître et signe un chef-d'œuvre inspiré, tragique, mais d’une grande beauté. Quant à moi, j’en ai été tétanisé!
samedi 30 octobre 2010
10 ½
Je crois qu’il s’agit d’une première, je n’ai pas souvenance d’avoir déjà écrit un billet concernant un film. En effet, en termes de cinéma, ma culture ne soutient aucune comparaison : le 7e art est pour moi, un peu comme disait Churchill de l’URSS : un mystère enrobé d’une énigme. Laissez-moi cependant vous offrir mon interprétation du dernier film de Daniel Grou (dit Podz), qui traite d’un sujet très en lien avec ma vie professionnelle : la dure réalité des éducateurs (et la perspective d’un enfant bien mal avec lui-même).
La première chose qui m’a frappé, c’est la dureté du début. Étant un peu blindé, je n’ai pas particulièrement réagi à cette réalité, mais elle est bien réelle et elle est un écho fidèle d’un jeune abandonné à lui-même. Tout au long du film, le silence, pesant, le manque de dialogues et l’atmosphère étouffante de la garde fermée nous imprègnent d’un malaise constant, d’un genre d’enfer pour claustrophobe, surtout dans la tête! Lorsqu’on voit à quel point les jeunes sont impitoyables entre eux, cela nous ramène à la cruauté de l’enfance, particulièrement prépondérante dans les Centres Jeunesses.
La relation dépeinte dans le film, entre l’éducateur et le jeune Tommy, était très crédible. Claude Legault est crédible dans son rôle, quoiqu’il dépeigne un portrait assez idyllique de l’éducateur modèle. Pour ce qui est de Tommy, il est un peu plus inconstant et on décroche parfois lors des dialogues avec son père. Par contre, lors de ses crises, on se croirait sur le plancher. Une toute petite scène est venue me chercher avec autant de violence que le film tout entier : l’éducateur dit à Tommy qu’il a bien été aujourd’hui et qu’il va devoir lui trouver une récompense. Aussitôt, ce dernier se met à manger avec ses doigts et il saborde ce succès qu’il allait vivre. Une réalité aussi horrible à voir qu’à constater.
Je vous recommande donc d’aller voir ce film que j’ai beaucoup apprécié. Les plans de caméra sont très intéressants et une atmosphère particulière, lourde, intensément chargée en émotions. Il s’en dégage un peu de ce qu’on peut vivre dans la réalité de l’intervention et le scénario est convaincant.
Au plaisir d’entendre vos commentaires!
La première chose qui m’a frappé, c’est la dureté du début. Étant un peu blindé, je n’ai pas particulièrement réagi à cette réalité, mais elle est bien réelle et elle est un écho fidèle d’un jeune abandonné à lui-même. Tout au long du film, le silence, pesant, le manque de dialogues et l’atmosphère étouffante de la garde fermée nous imprègnent d’un malaise constant, d’un genre d’enfer pour claustrophobe, surtout dans la tête! Lorsqu’on voit à quel point les jeunes sont impitoyables entre eux, cela nous ramène à la cruauté de l’enfance, particulièrement prépondérante dans les Centres Jeunesses.
La relation dépeinte dans le film, entre l’éducateur et le jeune Tommy, était très crédible. Claude Legault est crédible dans son rôle, quoiqu’il dépeigne un portrait assez idyllique de l’éducateur modèle. Pour ce qui est de Tommy, il est un peu plus inconstant et on décroche parfois lors des dialogues avec son père. Par contre, lors de ses crises, on se croirait sur le plancher. Une toute petite scène est venue me chercher avec autant de violence que le film tout entier : l’éducateur dit à Tommy qu’il a bien été aujourd’hui et qu’il va devoir lui trouver une récompense. Aussitôt, ce dernier se met à manger avec ses doigts et il saborde ce succès qu’il allait vivre. Une réalité aussi horrible à voir qu’à constater.
Je vous recommande donc d’aller voir ce film que j’ai beaucoup apprécié. Les plans de caméra sont très intéressants et une atmosphère particulière, lourde, intensément chargée en émotions. Il s’en dégage un peu de ce qu’on peut vivre dans la réalité de l’intervention et le scénario est convaincant.
Au plaisir d’entendre vos commentaires!
lundi 25 octobre 2010
L’affaire est dans le sac
En sortant de la bouche de métro, il marche d’un pas rapide, il a l’air pressé par le temps. Il longe plusieurs rues. En attendant à la lumière, il tape du pied. Il reprend son chemin sans s’arrêter, jusqu’au moment où il arrive à destination et ouvre une grande porte. Une fois à l’intérieur, il se fait introduire à Rodolfo, le chef qui l’instruira sur l’art des aumônières au saumon, des baluchons poulet et chorizo et des bananes flambées au rhum. Ce sera un cours très intime, seuls deux autres convives seront de la partie, deux femmes tout juste retraitées, qui viennent stimuler leur plaisir à cuisiner.
Rodolfo est diplômé de l’école Cordon Bleu à Paris (2007). Ce Brésilien d’origine a travaillé ici et là et il est arrivé au Québec dernièrement. Ayant œuvré dans quelques établissements gastronomiques du centre-ville de Montréal, il a réalisé qu’il désirait davantage partager sa passion culinaire par l’entremise de l’enseignement. Ses yeux pétillants révèlent une âme éprise d’une passion insatiable, vibrante et contagieuse pour son domaine de prédilection.
Le nouveau venu s’installe timidement à sa place de travail, où sont installés deux couteaux : l’un de chef et l’autre d’office. Après une brève poignée de main avec ses convives sexagénaires, nommées Marjolaine et Josée, Rodolfo lui offre la place derrière le poêle à induction pour commencer le caramel au beurre salé. Assez rapidement, le sucre commence à fondre et il est temps de rajouter le beurre, puis la crème 35 %. Le temps d’aromatiser le tout avec un mélange broyé de poivre blanc, de gingembre, de cannelle et de clous de girofle, puis le principal intéressé dépose la casserole à l’extérieur de la plaque de cuisson.
L’homme, tantôt stressé et tendu, est maintenant à son aise. Il coupe, avec ses comparses, les légumes d’accompagnement. En suivant les conseils du chef, il arbore un grand sourire béat. Josée saisit rapidement les blocs de saumon à la poêle, tous justes assaisonnés de sel et de poivre fraichement moulu. Il salive en regardant la scène, au plus profond de lui, il se régale déjà des yeux. Il jubile, son système dopaminergique fonctionne à plein régime. Il apprend enfin un signe avant-coureur d’un saumon raté : s’il se dégage de l’albumine, le poisson est alors trop cuit. Avec la pâte phyllo, ses comparses et lui emballent chacun un morceau de saumon. Subséquemment, ils bouclent tous leur aumônière avec une échalote française passée à l’eau chaude. La préparation repose pendant que l’on termine les légumes (carotte, zucchinis, échalote française, poivron rouge, oignon blanc, ail). On fait bien sûr cuire les carottes à part, pour les rajouter à la toute fin. L’huile de canola est utilisée à la cuisson : elle se distingue des autres, car elle ne contient pas d’aspérités qui se dégraderont à la cuisson, comme avec l’huile d’olive par exemple. Pour aromatiser le tout, une pincée de graines de coriandre moulue, du curcuma, du persil et un fond de vin blanc. Les carottes viennent rejoindre la mixture, puis, à la toute fin, la main de Rodolfo ajoute nonchalamment de l’huile d’olive, une fois le plat retiré du feu.
Les aumônières au four, on dresse les assiettes à risotto pour garnir le fond de légumes chauds et croquant tout en décorant l’assiette avec une réduction de vinaigre balsamique. On pose l’aumônière au-dessus des légumes et on le garnit avec des pousses de moutarde.
Il s’assoit à la table avec ses nouveaux convives, ils commandent ensemble une bouteille de Pinot Noir, l’homme s’installe à son aise, il se sent bien. Ensemble, ils portent un toast à la santé, se souhaitent mutuellement bon appétit et attaquent l’entrée sans autre mesure. Chaque bouchée fond dans la bouche, le saumon se soutient bien dans la pâte phyllo et les légumes, encore assez croquants, sont juste assez relevés pour que leur saveur naturelle soit rehaussée par les épices utilisées.
De retour à la cuisine, armés de leur verre de vin, ils s’attaquent au second plat, un baluchon au poulet et à la saucisse chorizo, avec une salade aux concombres, aux oignons rouges, nappée d’une vinaigrette à la moutarde de Dijon, à l’huile d’olive, au miel et au vinaigre de citron. Très simple, la pâte Brick, badigeonnée des deux côtés d’une bonne couche de beurre fondu, sert à marier le poulet préalablement doré (des hauts de cuisse) au chorizo. Plus ferme que la pâte phyllo, on peut s’amuser à la triturer dans toutes les formes, tant elle est polyvalente et malléable. Encore une fois, au four, le temps de brunir cette pâte, puis dans l’assiette, garnie de la salade et d’un bouquet de pousses de moutarde.
De nouveau à table, avec Rodolfo cette fois, ils s’amusent ferme. Le chorizo, bien qu’assez fort, ne jure pas avec le reste et, au contraire, rehausse le poulet. Le Pinot Noir, dont on ne tarira jamais d’éloges, est assez fort pour soutenir cet accord, bien qu’on sente qu’il s’agit de la limite entre le fin alliage de robustesse à la délicatesse par rapport à l’accord du plat qu’il doit soutenir. Le fait qu’il ait passé l’oignon rouge à la mandoline fait en sorte que l’homme, habitué à conspuer les amateurs d’oignon, mange sa salade avec cœur, commettant même l’hérésie de s’en servir une deuxième portion, bien entendu accompagnée d’un autre baluchon (mais quel goinfre)!
Puis, pour la finale, nos trois protagonistes, accompagnés de leur chef, se rendent une dernière fois à la cuisine, question de préparer le dessert. Le chef le désigne encore, pour qu’il fasse flamber les bananes au rhum. L’homme, tout sourire, s’exécute avec un malin plaisir, d’autant plus que les flammes atteignent presque un mètre de hauteur. Il éteint le feu en remettant la poêle sur le rond et cette dernière meurt tranquillement dans un étrange silence. Le temps de mettre quelques tranches de brioche à cuire (au beurre bien entendu) et de garnir généreusement nos assiettes de crème glacée, ils retournent une ultime fois à la cuisine, pour déguster le fruit de leur labeur. Rodolfo parle beaucoup de son amour de la gastronomie et ses paroles semblent être, pour ses convives, aussi délicieuses que le désert qu’ils consomment et que le café que leur hôte leur a si gentiment préparé. L’homme est repu, Marjolaine et Josée le sont également, ils saluent chacun leur tour le chef, à qui chacun d’entre eux laissera un généreux pourboire pour être parti plus d’une heure après la fin des activités. Ils rentreront tous ensembles, souriants, laissant derrière eux un Rodolfo ému et ayant visiblement passé une bonne soirée.
Rodolfo est diplômé de l’école Cordon Bleu à Paris (2007). Ce Brésilien d’origine a travaillé ici et là et il est arrivé au Québec dernièrement. Ayant œuvré dans quelques établissements gastronomiques du centre-ville de Montréal, il a réalisé qu’il désirait davantage partager sa passion culinaire par l’entremise de l’enseignement. Ses yeux pétillants révèlent une âme éprise d’une passion insatiable, vibrante et contagieuse pour son domaine de prédilection.
Le nouveau venu s’installe timidement à sa place de travail, où sont installés deux couteaux : l’un de chef et l’autre d’office. Après une brève poignée de main avec ses convives sexagénaires, nommées Marjolaine et Josée, Rodolfo lui offre la place derrière le poêle à induction pour commencer le caramel au beurre salé. Assez rapidement, le sucre commence à fondre et il est temps de rajouter le beurre, puis la crème 35 %. Le temps d’aromatiser le tout avec un mélange broyé de poivre blanc, de gingembre, de cannelle et de clous de girofle, puis le principal intéressé dépose la casserole à l’extérieur de la plaque de cuisson.
L’homme, tantôt stressé et tendu, est maintenant à son aise. Il coupe, avec ses comparses, les légumes d’accompagnement. En suivant les conseils du chef, il arbore un grand sourire béat. Josée saisit rapidement les blocs de saumon à la poêle, tous justes assaisonnés de sel et de poivre fraichement moulu. Il salive en regardant la scène, au plus profond de lui, il se régale déjà des yeux. Il jubile, son système dopaminergique fonctionne à plein régime. Il apprend enfin un signe avant-coureur d’un saumon raté : s’il se dégage de l’albumine, le poisson est alors trop cuit. Avec la pâte phyllo, ses comparses et lui emballent chacun un morceau de saumon. Subséquemment, ils bouclent tous leur aumônière avec une échalote française passée à l’eau chaude. La préparation repose pendant que l’on termine les légumes (carotte, zucchinis, échalote française, poivron rouge, oignon blanc, ail). On fait bien sûr cuire les carottes à part, pour les rajouter à la toute fin. L’huile de canola est utilisée à la cuisson : elle se distingue des autres, car elle ne contient pas d’aspérités qui se dégraderont à la cuisson, comme avec l’huile d’olive par exemple. Pour aromatiser le tout, une pincée de graines de coriandre moulue, du curcuma, du persil et un fond de vin blanc. Les carottes viennent rejoindre la mixture, puis, à la toute fin, la main de Rodolfo ajoute nonchalamment de l’huile d’olive, une fois le plat retiré du feu.
Les aumônières au four, on dresse les assiettes à risotto pour garnir le fond de légumes chauds et croquant tout en décorant l’assiette avec une réduction de vinaigre balsamique. On pose l’aumônière au-dessus des légumes et on le garnit avec des pousses de moutarde.
Il s’assoit à la table avec ses nouveaux convives, ils commandent ensemble une bouteille de Pinot Noir, l’homme s’installe à son aise, il se sent bien. Ensemble, ils portent un toast à la santé, se souhaitent mutuellement bon appétit et attaquent l’entrée sans autre mesure. Chaque bouchée fond dans la bouche, le saumon se soutient bien dans la pâte phyllo et les légumes, encore assez croquants, sont juste assez relevés pour que leur saveur naturelle soit rehaussée par les épices utilisées.
De retour à la cuisine, armés de leur verre de vin, ils s’attaquent au second plat, un baluchon au poulet et à la saucisse chorizo, avec une salade aux concombres, aux oignons rouges, nappée d’une vinaigrette à la moutarde de Dijon, à l’huile d’olive, au miel et au vinaigre de citron. Très simple, la pâte Brick, badigeonnée des deux côtés d’une bonne couche de beurre fondu, sert à marier le poulet préalablement doré (des hauts de cuisse) au chorizo. Plus ferme que la pâte phyllo, on peut s’amuser à la triturer dans toutes les formes, tant elle est polyvalente et malléable. Encore une fois, au four, le temps de brunir cette pâte, puis dans l’assiette, garnie de la salade et d’un bouquet de pousses de moutarde.
De nouveau à table, avec Rodolfo cette fois, ils s’amusent ferme. Le chorizo, bien qu’assez fort, ne jure pas avec le reste et, au contraire, rehausse le poulet. Le Pinot Noir, dont on ne tarira jamais d’éloges, est assez fort pour soutenir cet accord, bien qu’on sente qu’il s’agit de la limite entre le fin alliage de robustesse à la délicatesse par rapport à l’accord du plat qu’il doit soutenir. Le fait qu’il ait passé l’oignon rouge à la mandoline fait en sorte que l’homme, habitué à conspuer les amateurs d’oignon, mange sa salade avec cœur, commettant même l’hérésie de s’en servir une deuxième portion, bien entendu accompagnée d’un autre baluchon (mais quel goinfre)!
Puis, pour la finale, nos trois protagonistes, accompagnés de leur chef, se rendent une dernière fois à la cuisine, question de préparer le dessert. Le chef le désigne encore, pour qu’il fasse flamber les bananes au rhum. L’homme, tout sourire, s’exécute avec un malin plaisir, d’autant plus que les flammes atteignent presque un mètre de hauteur. Il éteint le feu en remettant la poêle sur le rond et cette dernière meurt tranquillement dans un étrange silence. Le temps de mettre quelques tranches de brioche à cuire (au beurre bien entendu) et de garnir généreusement nos assiettes de crème glacée, ils retournent une ultime fois à la cuisine, pour déguster le fruit de leur labeur. Rodolfo parle beaucoup de son amour de la gastronomie et ses paroles semblent être, pour ses convives, aussi délicieuses que le désert qu’ils consomment et que le café que leur hôte leur a si gentiment préparé. L’homme est repu, Marjolaine et Josée le sont également, ils saluent chacun leur tour le chef, à qui chacun d’entre eux laissera un généreux pourboire pour être parti plus d’une heure après la fin des activités. Ils rentreront tous ensembles, souriants, laissant derrière eux un Rodolfo ému et ayant visiblement passé une bonne soirée.
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