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vendredi 31 décembre 2010

La visite éclair au Lac

Il y a trois ans, j'avais formulé le souhait de me rendre visiter mon ami Denis au Lac St-Jean, mais les circonstances n'ont pas favorisé cette rencontre : par deux fois, la météo s'est déchaînée et les routes ont été impraticables dans le temps de noël, pour le reste, un mélange d'imprévus et de conflits d'horaire ont fait en sorte que ce projet, pourtant simple, n'est pas pu se concrétiser auparavant.

La distance qui sépare St-Gédéon des Bergeronnes n'est pas particulièrement impressionnante : il n'y a que 200 kilomètres de route qui nous séparent, mais la route en tant que telle est assez imprévisible : la réserve de la Sainte-Marguerite constitue un parcours sinueux, à travers une vallée à la température changeante. Par la suite, il faut traverser la ville de Saguenay, puis poursuivre la route par des chemins de campagne, où le vent peut s'avérer un obstacle pour le conducteur habitué aux villes.

La première partie du voyage relaxe le voyageur, tant les paysages sont parsemés de collines, de rivières, de chutes de glace et de vallées où le soleil se plait à créer des contrastes d'ombres et de lumières. La vallée de Sainte-Marguerite vaut son pesant d'or, car on s'y sent en communion avec la nature, dans cette contrée qu'on contemple à travers le chemin sinueux qui part de Sacré-Coeur pour se rendre à (feu) Chicoutimi, en passant par le village enchanteur de Sainte-Rose-du-Nord.

Puis, peu à peu, en passant par St-Fulgence, on entre dans la nouvelle ville de Saguenay, qui est un peu difficile à traverser, quand on ne s’y connait pas. Par chance, j’avais déjà eu l’occasion de faire du repérage, mon oncle nous ayant promenés en ville antérieurement. Un soleil de plomb terrassait les automobilistes du boulevard Talbot, qui avançait à la même vitesse que les automobilistes montréalais sur Décarie à l’heure de pointe.

La dernière étape de la route étant de se rendre à St-Gédéon, il suffisait de suivre une route de campagne, comme il en existe des centaines au Québec. J’ai par contre été surpris de rencontrer des villages d’une route, c’est-à-dire des habitations agglutinées autour de la 170.

Après un périple de trois heures, je me rends à l’adresse indiquée par mon ami Denis, authentique gars du Lac. Il m’accueille (un peu en retard), visiblement fatigué par les fêtes, son travail et sa rocambolesque vie sociale. En rattrapant quelques mois avec quelques bières, je me détends un peu de la longue route que j’ai faite. Nous sommes allés souper chez Gooffy, à Alma, pour prendre un repas traditionnel du Lac : la poutine à la sauce BBQ avec du Red Champagne. Après cette entrée en matière, nous sommes allés boire une bière au Crapaud, bar bien connu de la région. Malheureusement pour moi, c’était vide et j’ai eu un peu de difficulté à croire qu’on s’y bouscule les soirs d’affluence. Finalement, nous avons terminé la soirée en dégustant des bières à la microbrasserie de St-Gédéon, un endroit fort sympathique. Au milieu de nulle part, on trouve une petite place bien sympathique, où l’air est empli de houblon, de musique québécoise variée et où s’entrechoque un langage assorti d’un accent fort cordial. C’est en prenant une plaquette de dégustation que je découvre quatre sortes de bière. J’ai eu un coup de cœur pour la tante tricotante, la dernière et la plus forte de ces dernières. Voyant que mon ami commençait à canter, nous sommes retournés chez lui, question de nous coucher pour être prêts pour la pêche à la loche du lendemain.

Au petit matin (lire à 8h00, durant une période de congé), nous nous sommes levés dans une forme olympienne (un bon 20 minutes a été nécessaire pour nous extirper de nos lits respectifs) pour nous rendre chez le père de Denis, qui a été assez bon pour nous inviter à déjeuner. Puis, il me fallait prendre des habits qui me tiennent au chaud sur le Lac, alors j’ai eu droit à un genre de changement de style assez exceptionnel : mon manteau Kanuk ne suffirait pas à la tâche : j’ai revêtu un manteau d’armée, avec des salopettes assorties, des gants de cuir, des bottes doublées et même triplées, un cache-cou et un casque de motoneige. Il est à noter que je suis épouvantable pour attacher des casques. Lorsque je suis allé au centre Bell pour patiner avec les Canadiens, j’ai voulu donner l’exemple et j’ai apporté un casque… mais on a rapidement vu que je n’ai jamais revêtu un casque du genre! Bref, j’ai dû expliquer que j’étais un « montréalais un peu épais » et que je n’avais aucune idée comment je devais attacher la courroie.

Nous avons par la suite pris les motoneiges pour nous amener au milieu du Lac St-Jean. Voilà une quinzaine d’années que je n’avais pas monté sur l’une d’elles et ce fut là un moment très agréable. L’idée d’aller sur le Lac, un genre de désert de glace, me surprenait, moi qui ne connaissais rien de la pêche sur glace. Mais nous nous sommes rendus près des « trappes », un trou identifié par une branche d’arbre, puis nous avons piqué la glace. Attachée à une branche transversale, une corde d’une dizaine de mètres était attachée à une autre branche de bois, de 3 mètres. Cette dernière contenait les hameçons (des morceaux d’éperlans) et les loches qui ont bien voulu demeurer prises. Mon ami jubilait, il avait attrapé de gros poissons (dont un de 2,5kg).

En conduisant vers son deuxième trou, j’étais aux commandes de la motoneige et j’ai connu un accident heureusement peu fâcheux : en voulant tourner sur la glace, l’arrière de la motoneige dérape et les skis avant se placent sur la neige, ce qui donne un violent contrecoup, projetant mon ami sur la glace et mon rentrant le volant profondément dans les côtes. Comme nous roulions à basse vitesse, les conséquences sont relativement peu importantes, mais j’en ai été quitte pour une bonne explication, néophyte que je suis. Voilà une expérience qui fut bien marquante, d’autant plus que les « rots » de la glace sont assez uniques (il s’agit de l’air qui s’enfuit par les trous d’eau, ce qui donne un son rauque, comme si le lac rotait).

J’ai également eu l’occasion de croiser la grand-mère paternelle de mon ami, qui allait relever ses hameçons et qui semblait bien dynamique, même à sa 77e année. Nous sommes retournés et puis c’était la fin. J’ai quitté le Lac en me disant que j’avais eu la chance de vivre une belle expérience.

lundi 6 décembre 2010

Sous la neige

Montréal revêt son premier duvet de neige et la tempête ralentit le rythme effréné de la vie citadine. Aujourd’hui, j’ai comme envie de contempler le spectacle des lumières qui enjolivent le spectacle de la première rafale de neige de l’année. C’est là une belle occasion de profiter d’une marche pour se réconcilier avec le froid et l’hiver.

Je dois admettre avoir été préoccupé par autre chose et ne pas tout de suite avoir pu réaliser la beauté de la tempête, son calme apaisant et son charme, qui se dessine derrière les lumières qui nous permettent d’apprécier la poudrerie. Au son d’un carillon qui s’était pris dans le vent, j’ai eu l’occasion de m’émerveiller d’un bonheur fort simple, qui n’est pas sans rappeler l’Inukshuk, ce monticule de pierres utilisé par les peuples inuit et yupik pour guider la route des voyageurs. Cela est d’ailleurs un symbole pour lequel l’Ancre des Jeunes, l’organisme communautaire pour qui j’œuvre, avait donné la mention suivante : « Je suis passé avant toi. Tu es sur la bonne voie, aie confiance en toi et continue ta route ». Bref, un moment de calme dans le tumulte de la vie, qui nous embarque trop souvent à revers dans un tourbillon sans fin.

Je chausserai donc mes bottes dorénavant, en foulant du pied cette neige qui a, l’espace d’un instant, apaisé un spleen. Comme diraient les Beatles : « Let it be ».

lundi 5 avril 2010

Une journée magnifique

Les belles journées du mois d’avril sont rares, mais le temps du dimanche de Pâques était plutôt exceptionnel : sur la terre de Caïn, à Bergeronnes, le mercure indiquait 20 degrés à l’ombre. Ma famille et moi, étendus sur la surface surplombant le fleuve, profitions du soleil pour pavoiser dans les herbes sèches, récemment découvertes de leur couverture de neige. Pourtant, à quelques mètres de ce petit bonheur d’occasion, on trouvait encore des buttes de neige sises à proximité des zones ombragées par les nombreux arbres qui parsèment le terrain. Le ruisseau dévalait la pente et les clapotis de l’eau venaient s’ajouter à l’air de détente qui régnait.

Il faut dire que la température perçue était bien au-delà de la plupart des journées d’été : mon oncle et mon père en ont même profité pour retirer leur chandail. Pour ma part, je me suis aventuré dans l’eau, à marée basse, pour aller me tremper les pieds, entre les krills, les champs de varechs, les buccins, les moules, pour ne nommer que quelques-unes des nombreuses formes de vie qui composent le magnifique estuaire du St-Laurent. J’avais peine à croire qu’au mois d’avril, j’avais les deux pieds dans l’eau et qu’il n’y avait plus trace de neige sur la grève, que les ruisseaux déversaient leur eau au fleuve dans un bruit fort et continu, interrompu seulement par de criards goélands. Enfin, les rayons de soleil dansaient sur l’eau, qui n’était guère plus chaude pour autant. Deux jours auparavant, la brume, la neige et le froid accompagnaient notre tardive arrivée.

Un petit bonheur, mais quel souvenir il laissera dans nos cœurs, nous qui avons eu la chance de nous réunir sous cette température clémente, qui réchauffa même ce lien qui nous unit!

vendredi 27 novembre 2009

La coiffeuse irlandaise

Hier, je suis allé me faire couper les cheveux et la coiffeuse n’était pas particulièrement loquace : les bribes de conversation que nous avions en venaient toujours à s’estomper. Son accent trahissait que sa première langue n’était évidemment pas celle de Rabelais (Molière, ça fait tellement « déjà vu »), alors je lui ai posé une question directe : « es-tu anglophone? » et sa réponse fut « oui ». Elle m’a expliqué qu’elle aime bien la langue française, mais qu’elle est gênée de l’utiliser et de se fourvoyer dans ses mots. Elle me raconte qu’elle n’éprouve pas de difficultés avec ses proches, mais que les étrangers la rendent nerveuse. J’aime beaucoup ma langue et l’utiliser est un plaisir, mais dans le contexte, j’ai compris que ma conversation serait beaucoup plus agréable si je décidais de m’exprimer dans la langue de Wolfe, ce que nous fîmes.

À ce moment précis, cette jeune femme qui avait manifestement une anxiété de performance et qui faisait vérifier le moindre de mes cheveux par sa professeure s’est ouverte sur sa vie, sur son cours et mes sur son cœur. Étant, je crois, un intervenant dans l’âme, j’ai souligné quelques forces à travers les choses qu’elle me racontait. Une chose qui m’a paru intéressante, c’est qu’elle m’a dit être irlandaise et qu’elle aimerait visiter sa terre natale. Ayant un peu entendu parler de ce coin de pays, je lui demande si elle aimerait apprendre quelques mots de gaélique, mais elle me répond qu’elle ne savait pas qu’ils parlaient cette langue là-bas. Elle dit qu’elle ne connait pas ses origines et qu’elle souhaite les découvrir. D’une part, cette remarque m’a touché, mais ce qui m’a le plus fait chaud au cœur, c’est quand je l’ai entendu me dire qu’elle me ferait elle-même mes tours d’oreille sans demander à sa professeure, parce qu’elle se sentait assez à l’aise de les faire.

J’ai payé et je suis parti ayant en tête ses petites choses qu’elle m’a racontées. Au fil de mon passage, j’ai réalisé à quel point j’ai la chance de faire un beau métier. Lorsque je me permets d’utiliser mes habiletés à l’extérieur de mon contexte de travail, en étant agréable avec une personne, je trouve que c’est un petit plaisir que j’aime bien partager.

jeudi 19 novembre 2009

Festinons avec Françoise

(Chers lecteurs, j'abandonne l'idée de terminer mon texte sur les Bergeronnes, n'ayant pas l'idée pour rendre mon texte de clôture intéressant. Laissez-moi vous relater une expérience culinaire des plus intéressantes : le festin de Françoise.)


Ma chère amie Françoise aura eu l’occasion de fêter son 26e anniversaire. Depuis maintenant sept ans, nous nous échangeons un souper de fête à nos anniversaires respectifs. C’était donc à mon tour de l’accueillir et ce fut un plaisir que d’avoir l’occasion de célébrer de nouveau ensemble notre amour inconditionnel du plaisir de manger.

Nous avons eu l’occasion de partager un festin de six services. Mon esprit un peu impulsif à eu le dessus sur la planification serrée que j’avais prévu : j’ai concocté mon menu la journée même, avec l’aide de mon plus jeune frère, qui m’a conseillé quelques plats.

La mise en bouche était fort simple : rillettes de canard acheté avec une baguette de pain au levain, le tout avec un fromage quadruple crème et un autre mi-chèvre mi-vache. J’ai servi un champagne d’étudiant : il s’agit de jus de raisin de muscat coupé avec de l’eau minérale. Rien à cuisiner, mais c’est toujours très bon. Nous avons attaqué le deuxième plat en grande : couscous de chou-fleur dans sa mayonnaise au curry et ses crevettes au vinaigre balsamique. Mon frère et moi nous étant mal compris, j’ai fait un plat en trop que j’ai servi ici : effiloché de bœuf au parmesan sur un lit de salade du jardin. Rehaussé avec de la sauge et de la moutarde, le bœuf donnait une saveur agréable est un bouquet plus complexe en bouche.

Par la suite, comme j’avais dû raser un chou-fleur, j’ai servi un potage du même légume, en utilisant du bouillon de poulet que j’ai fait moi-même. Le tout parfumé par un peu de thym et de basilic, il manquait seulement à saler et à poivrer au goût pour profiter de la mixture. S’en suit un autre plat de pré-résistance : le tartare de saumon à l’avocat. Pour aider à amalgamer les saveurs, une petite mayonnaise nature ainsi que du gingembre et du jus de citron.

Le plat de résistance était une salade décomposée avec des crevettes tigrées géantes, des pétoncles ainsi que des rondelles d’oignons frites. Le tout a été agrémenté par un choix de trois mayonnaises : une au curry, une au safran et une autre au cumin. Je pense qu’à ce moment précis, nous avons pris une petite pause avant de servir le dessert, question de donner un moment de répit à nos estomacs fatigués par tant de travail.

Finalement, j’ai servi un dessert au verre : une pièce montée de raisins caramélisés au vinaigre de Xérès dans de la crème Chantilly maison saupoudrée de zeste d’orange, de chocolat noir et aromatisée avec un peu d’eau de fleur d’orangé. Nous avons mangé cela en compagnie d’une bouteille de vin Sauvignon Blanc de pourritures nobles. Le mélange n’était pas parfait, mais je pense que les convives ont tout de même apprécié.

Histoire de digérer tous ces plats, nous avons ultimement conclus le repas avec une liqueur maison aux abricots, que nous avons savouré bien lentement au fil de notre discussion aux milles relents.

jeudi 4 juin 2009

Mon premier don de sang

N.B. Malgré ma tendance actuelle à toujours parler de ce qui se mange, le sang, au contraire, il se boit!

Il y a longtemps que je songeais à donner de mon sang, mais la peur des aiguilles me tétanisait à chaque occasion. Je perdais immanquablement mon courage et passait mon chemin, en me retournant à la vue des sujets qui, généreusement, abreuvaient des sacs de plastique. Plus jeune, j'ai été traumatisé par les aiguilles, je me souviens très bien pourquoi d'ailleurs : quand j'avais 5 ans, au CLSC, une infirmière à la qualification douteuse s'y était prise à 4 ou 5 reprises avant de planter correctement sa seringue dans ma veine, ce qui m'avait occasionné un mal de chien. Je ne voulais plus jamais voir d'aiguille de ma vie, j'en avais eu ma claque.

Beaucoup plus tard, à ma première année de Cégep, il y avait un vaccin que je suis allé prendre. Je me rappelais les vaccins au primaire, où je devenais blême et que mon odorat et ma vision se transformaient après l'impact de l'aiguille. J'en avais peur, je ne voulais pas y aller, mais il y a eu plus de peur que de mal. Par la suite, il y a eu deux ou trois fois des collectes de sang à l'université, à l'ÉTS comme à l'UdeM, ce qui me faisait dire que ces dernières étaient réellement constituées de buveurs de sang. Encore une fois, je me suis renfrogné, j'étais une heure d'avance à mon cours (je voulais y aller), mais beaucoup trop lâche.

Aujourd'hui, j'ai laissé derrière moi mes craintes et mes appréhensions (figurativement, car j'étais quand même mort de trouille) pour me rendre au CLSC à côté de chez moi, afin de donner du sang. Un premier don, à l'âge respectable de 25 ans, ce me semble être un pas dans la bonne direction. Le fait qu'une charmante demoiselle m'ait fait un peu de conversation par la suite n'a pas été sans me convaincre que c'était là une bonne idée. Je me questionne à savoir lesquels de mes amis ont déjà donné du sang, qui le fait encore maintenant, pour quelles raisons. J'ose espérer que je serai à même de refaire l'expérience.

lundi 16 février 2009

Chronique de St-Valentin

Chers lecteurs, je suis désolé de ne pas vous écrire plus souvent, le temps me manque et la vie continue. Comme il est ordinairement de mise que j’écrire une chronique concernant la St-Valentin, je me donne ce prétexte pour vous communiquer mes dernières avancées par rapport à cette fête que je n’ai pas célébrée telle que le veut la tradition.

Le jeudi soir, je pensais à mes victimes : à qui devrais-je tenter d’illuminer la journée demain. Mon plan s’est dressé sur quelques personnes : après tout, mieux vaut couvrir ses arrières. Le lendemain, devant mon ordinateur de bureau, je faisais imprimer quelques cœurs dans lesquels je griffonnais nerveusement de petits mots affectueux. Le stress s’est emparé de moi et j’ai couru pour tenter de ne pas être pris en flagrant délit.

Mes cibles ? Les exécutantes (et J-P) qui sont à mon association étudiante. Pour une des rares fois, je crois qu’il y a plus de célibataires que de personnes en couple dans l’association étudiante, mais cela n’allait pas influencer mon geste, chacune (et J-P) a eu un cœur, qui avait comme point commun de remercier la personne pour une de ses qualités. Pour les convaincre du bien-fondé de cette intervention, j’ai également acheté des tablettes de chocolat que j’ai distribuées durant notre réunion. J’ai l’impression qu’une petite attention peut parfois faire du bien, spécialement à ceux qui éprouvent du plaisir à donner.

lundi 20 octobre 2008

Arrivée à Montréal

Chers lecteurs,

Vous avez probablement remarqué chez moi un certain relâchement quant à la constance de l’écriture de ce blogue, ce qui, vous en conviendrez, vous instruit sur la quantité très négligeable de temps libre que j’ai eu, et ce, dans les sept dernières semaines. Je suis fatigué, parce que je me suis donné comme objectif de déménager, de quitter le nid familial pour élargir mes ailes.

Il y a quelques années, j’avais un appartement, avec le même colocataire d’ailleurs, mais à ce moment-là, il n’y était jamais. Je suis une personne qui a de ne pas être trop souvent seule, je trouvais que c’était une situation difficile. Au moment où il m’a dit qu’il allait aller vivre avec sa copine, j’ai cru qu’il me fallait quitter mon appartement et, avec le recul, je considère qu’il s’agit pour moi d’une erreur. Je n’avais pas tout à fait la maturité nécessaire pour considérer la possibilité de garder mon logement, mais cela m’aurait fait grandir un peu plus rapidement

Je suis retourné chez mes parents, j’ai vécu pendant trois ans, j’y ai perdu ma liberté, j’ai gagné certaines luttes contre moi-même. Je ne voulais pas nécessairement repartir, même si j’y avais pensé à plusieurs reprises, puis je me suis dit que lorsque ma relation avec ma famille serait assez forte, je pourrai partir. L’occasion s’est présentée durant l’été et j’ai tenté ma chance, avec cette logique particulière : comme je devais partir de la maison avant 25 ans, autant partir de mon propre chef, pour ne pas avoir le déshonneur d’être forcé à quitter. Cette fois, je pars avec l’idée que je ne reviendrai pas et il y a dans un certain pincement au cœur qui est associé à cette idée.

J’ai mis en veilleuse ma vie dans les dernières semaines : les études en ont pris un coup, je n’ai pas bien entretenu mes amitiés, mon travail souffre de mon peu de sommeil et je suis à bout de souffle. Heureusement, la course contre la montre est terminée : je considère avoir beaucoup appris durant cette expérience qui est de préparer un logement à accueillir, à changer ses couleurs, à raviver son esprit. Je salue également ce cher Apollinien qui m’a rendu un grand service, mon colocataire Carl et mes parents qui m’ont offert aide et assistance dans cette transition éprouvante.

D’autres nouvelles de ma vie palpitante dans quelques jours!

jeudi 8 mai 2008

Une journée presque parfaite

Aujourd'hui, je suis retourné au Cégep de Bois-de-Boulogne pour faire honneur au café étudiant qui avait 4 ans. Vous savez, chers lecteurs, que les hommes ne peuvent pas accoucher, ce privilège de donner la vie est réservé aux femmes. Mais nous les hommes, grands rationalistes que nous sommes, nous pouvons bâtir les pierres angulaires de la civilisation de demain et moi, j'ai réalisé cela à l'âge de 19 ans, en ouvrant le Café-Inné qui reposait sur trois concepts : bio, écolo, équitable. Nous étions ceux de la vieille garde, des idéalistes finis, sur la ligne dure (nous n'avions rien à envier à Staline).


Aujourd'hui, j'arrive avec ma voix enrouée, revêtu d'un chandail à connotation écologiste. La première chose d'importance que j'ai faite dans ma journée, c'est de regarder un adolescent jeter un contenant à l'extérieur de l'autobus. Descendant à cet arrêt, je ramasse le contenant et je lui dis, à travers la fenêtre ouverte : « Hey le jeune, ramasse-toi » en lui envoyant le contenant à l'intérieur. Ce dernier était encore plein de sloche et par mégarde, cette dernière a coulé sur ses pantalons et sur son chandail. J'étais heureux comme un gamin. Je riais dans ma barbe de trois jours. Je n'ai pas réfléchi à mon geste, c'était peut-être la première fois depuis des années que je n'avais pas fait quelque chose d'aussi irréfléchi, comme c'est libérateur.


Pour ce qui est des choses plus sérieuses, je suis allé voir les nouveaux du Café-Inné et je me suis présenté en tant que papa de ce dernier. Puis, avec le coordonnateur d'il y a deux ans et le gestionnaire d'aujourd'hui, nous avons fait le tour du café, nous sommes allés dans le local (pendant que j'étais dans le local du Café-Inné, quelle ne fut pas ma surprise d'entendre le gérant me dire que j'avais un appel : mon ami Louis-David m'offrait un billet de théâtre ce soir pour voir la pièce Equuis), nous avons écouté un concert de musique gitane avant de retourner voir mes vieux professeurs.. J'ai même interrompu le directeur général du cégep en pleine réunion pour le saluer (à la surprise de sa secrétaire qui semblait trouver qu'un tel affront était carrément arrogant) et il a trouvé le temps de me dire que j'avais fière allure (et que j'avais l'air de m'entrainer).


Par après, je suis allé m'entrainer et encore une fois, une fille m'a dit qu'elle voyait les résultats de mon entrainement. Une fois de plus et je ne toucherai plus jamais à terre. Pour finir, je me suis rendu au théâtre Duceppe pour voir la pièce de théâtre en compagnie de mon ami Ls-D. Je crois que je l'ai déjà dit, mais personne ne peut battre Ls-D pour les attentions du genre et tout simplement, la générosité sans borne. La pièce Equuis parle d'un psychiatre qui analyse un garçon obsédé par les chevaux. J'ai trouvé la pièce excellente, d'autant plus que j'étais à un mètre des comédiens.


C'était donc une journée fantastique!

Suite de Québec

Finalement, Sylvie-Anne m'accueille à l'université Laval, où je me rends via Allo-Stop. Finalement, c'est bien ce machin, j'étais avec un étudiant en médecine, un prof de math qui connaissait la psychoéducation parce qu'il a enseigné à des collègues et une fille qui ne m'a pas fait d'autres impressions que d'avoir un beau corps. Sylvie-Anne complète son examen de latin et nous nous retrouvons, après 15 ans d'absence (approximativement). Je dois admettre que l'idée de voir quelqu'un qu'on a jamais vraiment vu est plutôt surprenante, donc agréable. J'essaye donc de ne pas être trop flamboyant de ma personne, pour permettre au contact de s'initier.


Nous déambulons dans les rues de Sainte-Foy et, pour une fois dans ma vie, je m'arrête scrupuleusement aux feux de circulation. Je découvre une coquette maison nichée dans une rue ordinaire. De l'extérieur, la maison semble petite, à l'intérieur, elle semble beaucoup plus grande. Tout est d'une propreté incroyable, sauf la chambre de Sylvie-Anne, qui est le stéréotype de la chambre d'une grande lectrice. Nous faisons plus ample connaissance en allant chercher de quoi souper (je n'ai pas réussi à l'impressionner avec mon talent culinaire, je me suis royalement planté, mais c'était quand même bon), puis nous allons louer des films et acheter de l'alcool et nous buvons du maté en écoutant « Carnete de Viaje », le film du jeune Ché. Nous écoutons également Easy Riders et un reportage sur la biscuiterie Viau, en faisant des liens entre les Whippets et les films impliquant des motocyclettes. Ça rime!


Le lendemain, je l'amène manger à l'Astral, le restaurant tournant de Québec. Je suis heureux d'avoir mangé comme un roi et surtout, d'avoir fait manger de la viande à une végétarienne. Par respect pour mon amie, je m'abstiendrai de préciser le type de viande. Puis, nous avons déambulé dans la place Royale, avons visité un musée du centre d'exposition de ce quartier important, nous avons courus dans les rues étroites comme le « passage du chien » pour retourner à Sainte-Foy à pied. Le soir, d'autres péripéties nous attendaient : nous avons regardé le Canadien perdre en portant nos chandails des Nordiques, Jos Sidekick ne nous a pas aidé. Au programme ce soir : La gloire de mon père.


Dernière journée, excursion dans les coulisses des blocs de l'université Laval une dernière fois, question de voir une dernière fois un peu d'architecture fantastique et puis direction Ashton, pour une poutine avant mon départ. J'ai appris à connaître une personne agréable, attentionnée et affectueuse, qui, à mon contact, a peut-être appris à arrêter de s'excuser d'exister ainsi qu'à assimiler une bonne dose de sarcasme condensé. Je la remercie donc publiquement : merci Sylvie-Anne de m'avoir permis de me changer les idées.

vendredi 2 mai 2008

La fin de la session

Les dernières semaines se sont amusées à se dérouler à une vitesse vertigineuse. Je n'ai eu de temps que pour me préparer à manquer de temps, dans la folle farandole de la fin de ma session. Les examens finaux terminés, je n'avais d'autres ambitions que de faire savoir à tous mes amis qui devaient encore se présenter à l'école que j'avais terminé et que je me la coulais douce. Je pense qu'en arrivant à la maison, j'ai dû passer du temps à ne rien faire, une première depuis longtemps. Puis, j'ai entrepris d'inviter ma famille à venir célébrer ma fin de session dans un bon restaurant, question de me libérer l'esprit. J'ai cherché tant bien que mal à prendre un verre avec un ami, mais semble-t-il que le lundi ne soit pas le soir de prédilection qui répondait à mes critères : beau, bon, pas cher, pas compliqué et pas loin. Finalement, après être resté seul, j'ai entrepris, durant les deux jours qui ont suivi, de nettoyer ma chambre de fond en comble.


Ma chambre est le fidèle reflet de mon état d'esprit pendant la fin de la session : une bourrasque qui a déraciné chaque élément de l'endroit où il devrait se trouver. Pas moyen de me remettre les idées en place, tout comme les notes de cours, éparses, qui trainent dans tous les coins, jonchant le tapis, découvert à de rares endroits. Finalement, il était primordial de tout classer, de tout nettoyer et de vider la chambre pour mieux la remettre en place.


Après avoir réalisé tout ça, j'ai pris du bon temps, beaucoup de bon temps. On dit que peuple heureux n'a pas d'histoire... bien que j'adore les histoires, le lecteur friand que vous êtes n'aura malheureusement pas la chance d'apprendre de nouvelles croustillantes, je n'en ai pas à vous transmettre. Mentionnons simplement le plaisir renouvellé que j'ai eu à voir ce cher Carl ainsi que mes amis de mon programme, sans oublier ce cher camarade Tchekov au passage.


Il y a des moments dans la vie où j'ai l'impression qu'être dépendant affectif m'amènerait certainement à raconter des épisodes plus fournis, touffus, avec des conflits à la tonne, un excellent ragot entouré de potineux compulsifs qui théoriserait ma vie en s'en donnant à coeur joie. Point n'est besoin de nommer quiconque, les personnes ayant une vie émotive haute en couleur jonchent nos esprits et les réflexions tordues à leur sujet nous fournissent un prétexte amusant pour déverser notre fiel d'émotions refoulées par une trop grande catatonie par rapport à la société, responsable de tous nos maux (elle ne peut pas se défendre, elle est donc une cible parfaite).


Tout ça pour vous dire qu'après avoir fait le ménage ainsi que beaucoup de bicyclette, je me suis offert le luxe d'aller visiter la belle ville de Québec, avec mon amie Sylvie-Anne. La première chose qui me traverse l'esprit est la qualification des bars de Québec selon cette dernière : l'aspect boom-boom, l'aspect cool et branché et l'aspect frotte-frotte. La démarche scientifique commande la définition de ces variables subjectives :

Boom-boom: type de musique qui suscite l'exaspération de l'écouteur qui découvre avec stupeur une raison de plus de se séparer de l'humanité tant l'individu dernier souffre du manque de saveur auditive de la musique monotone et aseptisée.

Cool et branché : définis la faune locale d'un bar tendance, inspiré par les goûts du jour. C'est la mise à jour de l'expression : être dans le vent ou être dans le coup.

Frotte-frotte: aspect d'un endroit encourageant les contacts physiques interindividuels de nature à offenser la morale conservatrice. Les actes doivent être de nature sexuelle ou amener à des rapprochements de ce type.

(La suite la prochaine fois)

samedi 22 mars 2008

Semaines de premières

Ces derniers temps, il semble que dans ma vie, il se soit fait beaucoup de choses pour la première fois. Je réalise qu'à l'âge de 23 ans, il devient difficile de savoir où on se situe par rapport à notre cheminement personnel. Mes dernières expériences me montrent qu'il y a toujours matière à actualiser son potentiel.


Par exemple, il y a deux semaines, c'était la première fois que je faisais un pâté chinois et un carré aux dattes, c'était également la première fois que j'enseignais la cuisine à un groupe de jeunes en difficulté (j'avais déjà eu l'occasion de donner quelques leçons à des amis, mais en beaucoup plus informel). Culinairement donc, j'ai fait ma première lasagne, ma première « batch » de sauce à spaghetti et mon premier pouding chômeur seul.


J'ai également dirigé mon frère pour répartir les tâches de la maison et je l'ai incité à sortir et à se faire plaisir. Nous avons cuisiné ensemble pour la première fois, puis, par la suite, nous avons tellement aimé la chose que nous avons continué ensemble. Ensuite, j'ai tenté de m'exprimer sur ma personne et ce fut quelque chose de difficile. J'ai également fait lire mon roman dans son ensemble pour la première fois.


Je suis allé voir un film au cinécampus pour la première fois cette année. Chose inouïe pour une personne comme moi, j'ai pris le temps d'aller magasiner une nouvelle paire de jeans tout seul. Je n'avais jamais magasiné seul, d'habitude, j'y vais avec ma mère... elle trouve déstabilisant que ça ne me dérange pas du tout de dire que je magasine avec elle. De plus, j'ai appris à repasser mes chemises, une belle évolution! Vicky m'a également appris à faire attention aux pièces de linge que je porte.


Côté social, j'ai repris la guitare quelques instants et je suis très fier de dire que pour la première fois, j'ai joué un air et j'ai chanté avec mon ami (le camarade Tchekov) des chansons de Claude Dubois, tout juste après avoir fait un peu de guitare ensemble et mangé des nachos gratinés avec de la salsa maison. J'ai également envoyé promener les grévistes qui ont piqueté mon cours d'histoire, la bande de demeurés me fait perdre mon argent gagné à la sueur de mon front (disons l'argent de mes parents) et je ne peux pas assister à mon cours pour « sauver » mes frais de scolarité. S'ils arrêtaient de me faire perdre temps et argent, ils seraient peut-être crédibles.


Enfin, pour la première fois dans ma vie, suite à avoir été malade très longtemps, on a remarqué mes progrès au gym. Cela dit, j'en ai profité pour jouer au badminton et je me suis foulé la cheville... on ne peut pas dire que j'ai été particulièrement gâté, mais cela m'a quand même apporté beaucoup, puisque pour la première fois, j'ai accepté mon état de faiblesse et que mon camarade Louis-David m'assiste pour que je puisse réaliser mon activité. Ah, pour la gouverne, pour la première fois en plusieurs années, j'ai mangé un excellent sandwich au falafel... mon petit doigt me dit que je pourrais bien avoir d'autres « premières » à annoncer à moyen terme.

dimanche 16 mars 2008

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Il y aura bientôt un an que j'avais eu une idée formidable : tenter de changer ma vie. Je pensais qu'un moment magique allait détourner le cours des choses, or, avec ce que je savais à ce moment-là, j'aurais dû savoir que la magie n'existe pas. N'empêche que l'idée de partir en appartement, sans vide, avec un sentiment de plénitude était quelque chose d'enivrant.


Ultimement, il fut souhaitable que le calme plat s'installe dans ma vie pour y changer quelques travers déconcertants. Il est difficile de comprendre la transition qui s'est opérée entre le moment où j'ai commencé à penser que je pourrais devenir un être humain différent et le moment où cette transformation est devenue effective. Pour ceux qui me connaissent personnellement, je suppose le nouvel état d'esprit qui m'occupe n'est pas aisément décelable, il est en effet bien plus interne qu'externe.


Enfin, il me semble que le simple fait de travailler dans mon domaine, toutes les fins de semaine depuis un an, le fait d'avoir coupé radicalement le nombre d'événements auxquels je participe pour tenter de passer plus de temps avec mes bons amis, faire du sport de manière à rester en bonne forme physique, de profiter de la vie dès que je peux et d'essayer d'être plus productif sont des changements notables dans mon attitude générale. De plus, il me semble que les résolutions orientant ma vie vers quelque chose de plus sain sont de nature à assumer une prise en charge de vie d'adulte. Si je réussis à m'assumer de manière assurée au travail, n'est-ce pas un bon signe, un genre de coup de pouce?

mardi 29 janvier 2008

Se réconcilier avec la Rive-Sud

Depuis la nuit des temps (en fait, depuis 2006), je suis brouillé avec la Rive-Sud pour une histoire de party plutôt ennuyant. En fait, j'étais brouillé plus précisément avec la ville de St-Jean-sur-Richelieu et quand j'ai reçu l'invitation à me rendre à l'autre bout du monde, je me suis posé la question à deux fois avant de mettre à contribution ma précieuse énergie.


Heureusement pour moi, mes deux compères de toujours, Fred et Élie, étaient de la partie et même que Fred faisait le trajet en auto (ce qui est bien mieux que de passer trois heures dans le transport en commun, vous en conviendrez). Finalement, nous sommes arrivés... et notre hôtesse n'était pas là, ce qui était un oiseau de mauvais augure (voir mon ancien billet sur mon blogue MSN à ce sujet). Flairant peut-être le malaise, Fred a trouvé le moment approprié pour faire cuire ses petites saucisses à cocktail avec une généreuse portion d'alcool afin de réchauffer l'atmosphère. Il va sans dire que quelques minutes après notre arrivée, notre équipe de techniciens avait installé Guitar Hero.


J'ai décidé d'établir mon quartier général juste à côté du buffet, comme ça si mon esprit se trouvait en proie aux ennuis, j'avais d'un côté de quoi manger mes émotions et de l'autre de quoi me divertir (Guitar Hero). Il demeurait cependant le problème suivant : je ne connaissais personne. J'ai donc décidé de faire quelque chose d'un peu spécial: j'ai tagué tout le monde avec un commentaire de mon cru, selon ma connaissance de la personne. Finalement, peu de temps après l'arrivée de l'hôtesse, l'inscription du nom et de mon commentaire a été institutionnalisée : je devais le faire à chaque invité. Pour être bien certain de ne jamais faire oublier ma présence, j'ai fait une salsa qui a eu un certain succès et j'ai installé mon vaporisateur plus tard dans la soirée.


Étant passablement amputé de mon surmoi (ou plutôt de ma conscience ordinaire), je me suis permis de faire agenouiller devant moi tous les nouveaux arrivants à la fête afin de commencer ce qui allait être parmi ma liste des meilleurs trip d'égo jamais vécu. J'avais la tête tellement enflée que je pense que j'aurais pu devenir guitariste professionnel sans problème..., voire même argentin! Tous les gens s'arrachaient ma présence ce me semble. J'ai eu l'occasion faire à peu près toutes les activités que le party avait à proposer, sauf peut-être trouver une partenaire de lit.


Je dois l'ensemble de cette réussite à Denis the Butcher qui m'avait suggéré d'être mystérieux et donc le centre de l'attraction. Comme j'ai coutume d'écouter ce que les autres disent et de faire à ma tête, j'ai pris sa suggestion et je l'ai changé pour que les événements soient centrés autour de moi. J'étais donc mystérieux par l'omniprésence que je dégageais (un genre de théotokos trinitaire). La journée d'après fut même plaisante, malgré mon emploi qui commençait relativement tôt.


Là-dessus, après m'être vanté aussi vastement, je me trouve dans le besoin de prendre un peu de repos.

lundi 10 décembre 2007

Ma vie en suspend

Pour le moment, il n'y a aucune de mes routines qui n'est pas sabordées: les livres s'amoncellent sur mon bureau, des feuilles d'école jonchent le tapis de ma chambre et mon lit est souvent remplit de vêtements propres qui attendent d'être accrochés. Mes écrits n'ont pas été actualisés depuis des siècles, ma pile de romans à livre ne diminue plus du tout et plusieurs de mes amis sont surpris de me savoir en vie, après des semaines de silence. Quant à la myriade de courriel que je reçois, j'avoue bien humblement ne les lire qu'à moitié.


Que fais-je? Je n'en sais trop rien moi-même, je dévale dans le temps, je coure toujours, d'un bout à l'autre de ma vie, ramassant à l'occasion quelques bourrasques d'un moment de repos où la course folle s'arrête et devient une marche rapide. À bout de souffle, je tente de colmater les temps morts entre mon emploi, mes fonctions scolaires, mon stage, mes études et mon temps de sport. La fatigue s'empare de moi et me noie dans un marasme grisâtre, mais heureusement quelques flocons de neige m'inspirent des rêveries qui me font fabuler, histoire de s'échapper un peu du monde morose.


Malgré tout ce chaos, je chemine encore vers les lieux de gaité, là où il fait bon vivre, pour aller me ressourcer, à l'aube du dernier jalon avant les examens. J'ai tant envie de me retrouver sur la terre de Caïn, là où tout est hostile à l'homme, mais où mon coeur réside à jamais. Ah, la Côte-Nord! J'ai hâte de respirer l'air frais et salin du bord du fleuve St-Laurent, de skier sur la neige poudreuse, qui se répand au gré de ses fantaisies.


Un dernier petit effort!

mercredi 24 octobre 2007

La brosse avec Oli

Ceux qui sont des lecteurs fidèles et qui ont suivi mes périples dans leur version virtuelle se souviennent peut-être d'Oli, phénomène en soi, vieux collègue du cégep, procrastinateur hors-pair et maître-buveur. Le moins qu'on puisse dire, c'est que la définition de marginal lui colle bien. Oli fut le révolutionnaire à la Ché Guevera, mon seul acolyte lors de nos luttes épiques contre les appâts du capitalisme sauvage. C'était également la personne qui commençait un travail une demie-heure avant l'heure de la remise, après une partie de GTA. C'était quasiment le stéréotype de l'étudiant-révolutionnaire.


Aujourd'hui, force est d'avouer que les choses ont un peu changées: nous sommes contre la grève étudiante, contre les actions des syndicats publics, nous avons travaillés tout deux à notre compte et finalement, nous aimons aussi, dans une certaine mesure, certaines choses matérielles. Oli a de son côté un téléphone cellulaire et un bureau pour le travail. Reste de cette époque la musique, l'informatique et un côté revendicateur... mais il existe une chose qui ne s'est jamais bien modifiée à travers le temps: prendre un bon coup.


Assis derrière nos pintes de bière, on se jasait de ce qui se passait dans nos vies en égrainant un chapelais de souvenirs diffus d'une époque qui me semble déjà bien éloignée. Puis nous avons parlé chacun de notre enfance, bien différente, quelque peu complémentaire. Les verres et shooters vides jouxtaient un bol de natchos tout aussi dégarni, la soirée allait bon train. À la quatrième pinte, nos esprits commençaient à s'embrouiller, tout comme avant, durant le délire révolutionnaire.


Nous n'avons pas refait le monde hier soir. Je lançais même à la blague qu'ayant été d'extrême-gauche, nous finirions sûrement par acheter des actions des magnats du pétrole sur le marcher boursier avec nos cellulaires, à côté de nos gros inutilitaires sports en marche. Sommes-nous maintenant assimilés et conformistes? Avons-nous encore le goût de remettre le monde en question? Deviendrons-nous des loques humaines qui se morfondrons dans la masse dans la recherche du capital que nous combattions autrefois? Je ne crois pas que ce soit le cas, je pense que nous acceptons simplement d'être un peu moins utopistes et que nous considérons changer le monde dans des proportions plus humaines.


Pour ma part, je continue à m'impliquer dans le mouvement étudiant, défendant les droits des étudiants, acceptant de remettre en question plusieurs aspects de la société en donnant des moyens tangibles pour faciliter les transitions. Je ne suis plus impliqué dans plusieurs comités comme avant et je ne passerai plus des nuits blanches à compiler des données pour manipuler un conseil exécutif. Dans ma nouvelle perspective, l'important est de rapporter aux étudiants des informations et non des pamphlets ne tenant aucunement compte de l'objectivité.


Tout ça pour dire que finalement, hier, on a suivi le plan d'Oli:

O - Bon, c'est quoi le plan? On se saoule pis après on regrette?

LV - Ça m'a l'air gagnant!


Bon, on a pas vraiment regretté, mais je peux dire que pour ma part, j'ai eu un méchant mal de bloc en me levant ce matin. Décidément, il faut remettre ça plus souvent!

dimanche 14 octobre 2007

Le chandelier

Chers lecteurs, je vais vous faire une grande confession ce soir, je vais vous entrainer dans mon for intérieur, je vais vous parler en vrai du chandelier.


C'est un secret de ma personne, c'est une métaphore que je n'ai jamais vaincue, c'est l'apogée de ma honte, de mon ressentir. Cette métaphore vient de mes larmes, la dernière fois que j'ai eu le courage de pleurer à quelqu'un, à une fille, à une amie, à une soeur. J'ai juré que jamais plus on ne m'y prendrait, que jamais je ne perdrai la face, que plus jamais je ne montrerai mon âme déchue et délabrée à qui que ce soit et pour quelque raison. J'aurais préféré mourir et l'honneur fut sauf.


J'ai caché ma peine dans la métaphore du chandelier, où trois bougies ne brulent jamais. Ces bougies symbolisent l'unisson de mon âme: le coeur, le corps et l'esprit. Ensemble, elles me permettent d'exister, d'être moi-même à son plein potentiel. Le talon d'Achille de cette trinité, c'est le coeur, le premier à être parti, suivi du corps, qui a assumé le contre-coup et l'esprit, qui tressaillit toujours, mais qui s'est enlisé. La chandelle du coeur s'est brisée, c'était un accident, je l'ai accroché, et s'est défaite en deux morceaux.


Une fois cependant, j'ai fait étinceler les trois bougies, parce que j'avais trouvé de nouveau ma trinité... la base de la chandelle du corps s'est brisée. Ça n'a pas duré très longtemps, à peine quelques minutes où je me suis senti renaitre. Avec deux chandelles estropiées et une qui prend de l'âge, que restait-il?


Au fond, j'étais mort depuis bien longtemps, enlisé sous des tonnes d'amertume, incapable de parler de la moindre à quiconque, n'aurait-ce été à mon humble moi-même. Sporadiquement, je devais contenir ce torrent dans des crevasses sans fins, déchirants tout ce qui aurait pu m'être utile. Un poème amérindien éclaire cette dernière affirmation: L'homme boit l'eau qui coure, pas l'eau qui dort.


Six ans, six ans à m'endormir chaque soir avec la conviction de faire quelque chose pour mon propre bien, quelque chose qui finirait par me détruire à petit feu, me rongeant pernicieusement comme une gangrène invisible. Six ans à être tourmenté tout le temps, à ne pas voir ce qui cloche, à perdre pied à la moindre occasion. Six ans finalement à être seul avec moi-même, incapable de regarder en face ma nature humaine, mon humilité tenaillé, mon âme sanguinolente.


Il faut être bien naïf pour croire que j'ai osé m'avouer à moi que je devrais songer en entreprendre des démarches pour obtenir de l'aide. Un concours de circonstance à fait en sorte que je l'ai obtenu et que maintenant, je suis prêt à étendre mes ailes et à déployer mon plumage jaspé. J'ai allumé ces damnés chandelles et elles ont brûlées... et ont solidifié leurs assises, faisant disparaître ce qui autrefois était des blessures.


Je me sens renaitre et tout autour n'est que monde à découvrir. Passif, je sors de mon étau serti et de mon baume de tous les jours: j'irai cueillir les fruits de ma vie.

mardi 14 août 2007

De quoi est-ce que le silence se prévaut?

Il y a bien une quinzaine que j'ai négligé éhontément mes précieux lecteurs, peu nombreux il est vrai, mais tout de même enthousiastes. Qu'ais-je fais donc, pour m'abstenir d'écrire durant une si longue période de temps?

La réponse se prête peut-être mal: j'ai bu et j'ai fêter de tout mon saoul, pour ensuite joncher l'océan des âmes amères comme tant d'autres épaves. J'ai peu dormi, je me suis levé tôt (lorsque nécessaire) et j'ai bu beaucoup d'alcool, la recette du bonheur selon Boris Cyrulnik . Maintenant, tout seul chez moi, je m'ennuis férocement, je me meurs tranquillement dans la vacuité de l'existence, dans mon cœur de plastique.

"Il débrosse" penserez-vous, à cela je réponds je déchante peut-être un peu, devant l'inexorable réalisme qui abat mes rêves tels le chasseur les oiseaux du ciel. J'ai eu, ô malheur, des attentes, des rêves, j'ai cru m'éprendre de quelques joies et voici les corolles spectaculaires s'assombrissent, se recroquevillent, se fanent sous les cieux moins cléments. Il ne me reste donc qu'à méditer dans ma rêverie, à m'échapper de cette puérilité par la force de mon esprit, à sombrer peu à peu dans la démence, question de desserrer l'étau qui retient ma tête.

mercredi 18 juillet 2007

L’effet bœuf de l’effet de cerf

Bon, je ne bernerai personne, je veux bel et bien dire effet de serre, mais je trouvais que ça faisait plus original (je n’irai quand même pas jusqu’à dire orignal). Enfin, outre cette mise en contexte douteuse, je tiens à vous entretenir d’une triste constatation qui atteint la Côte-Nord toute entière : j’ai nommé l’érosion des berges.

Bon an, mal an, depuis les dernières années, les côtes riveraines perdent 78cm de terre. De Tadoussac à Blanc-Sablon, aucune berge n’y échappe, pas même les quelques arpents de terrain qui appartiennent à ma famille depuis déjà quatre générations. Depuis les sept dernières années, nous avons perdu plusieurs mètres de terrain qui ont formé un écart entre la grève et la partie surélevée où est situé notre terrain.

Cette année, j’ai également eu la surprise de voir le chemin ancestral menant au chalet grandement élargit pour permettre le transport de lourds camions qui alimentent une usine de copeaux de bois. En rajoutant à cela que le terrain sur lequel j’ai passé le plus clair de mon temps à l’exception de chez moi, j’étais passablement maussade de retourner à un endroit que je croyais immuable.

Hier soir, après avoir observé les étoiles (mon paternel et moi-même cherchions les galaxies de la petite ourse, du dragon, de céphée, etc.), je me prenais à rationaliser tout cela : les arbres meurent et doivent être enlevés pour ne pas tomber sur le chalet, l’économie de la Côte-Nord doit bien permettre de faire vivre les gens qui demeurent dans ces villages éloignés et l’érosion des berges, c’est bien dommage, mais il faudra plus que de la volonté pour l’arrêter. Au passage de quelques étoiles filantes, j’avais la tête ailleurs (ou est-ce le cœur sur le firmament) et si mon esprit d’enfant était offensé par l’outrage cuisant de la modification structurale du terrain, l’esprit rationnel calculait ce qui était le mieux pour le moment.

À mon réveil matinal (contrairement à mes habitudes), les rayons de soleil reflétant sur la mer (pour les gens d’ailleurs, on dit le fleuve, mais par ici, c’est la mer) qui dansaient joyeusement, les herbes qui prenaient au vent et les arbres qui secouaient joyeusement leurs feuilles m’ont fait comprendre que la magie qui a toujours habité ces lieux sacrés pour moi était toujours présente. Colette, bien qu’elle eue ajoutée du romantisme à la scène, n’aurait pas pu, dans ses lignes si riches, parlé avec autant d’éloquence que la nature elle-même.

Sur ces lignes pleines d’espoir, j’espère vous avoir transporté dans mon monde à moi, un coin de sérénité.

mardi 17 juillet 2007

Une route inconnue prise pendant 23 ans

Je vais chaque année voir mes grands-parents entre une et quatre fois aux Bergeronnes sur la Côte-Nord. Pour se faire, il faut emprunter la route l’autoroute 40 et suivre la route 138. Peu avant Québec, mes parents et moi sommes pris d’une envie de déjeuner. Étant le conducteur, mon attention s’arrête sur un panneau indiquant un restaurant «le Normandin» à la prochaine sortie. Voyant qu’il s’agit de la route amenant à Deschambault, mon père me dit qu’il s’agit d’un des plus beaux villages du Québec.

Nous nous stationnons donc au restaurant et nous discutons de bien des choses en mangeant copieusement un déjeuner de camionneur. Après avoir terminé le festin, je demande si tout le monde serait d’accord pour aller se promener à Deschambault, que je n’ai jamais vu de ma vie. Il s’agit donc du premier « road-trip » que j’ai fait avec mes parents.

Nous sommes arrivés au village de 1300 âmes pour y voir son fameux presbytère, classé monument historique par la commission du même nom en 1965. Après avoir admiré la vue pittoresque qui s’offrait à nous, nous avons investi l’église pour découvrir qu’ellee datait de 1835 et qu’il y avait actuellement une exposition à thématique de lin. Une des pièce maîtrise était une dispersion de différentes fleurs (elles n’étaient pas collées et pouvait s’envoler au vent) qui faisait une espèce de toile. Cette pièce était basée sur un principe de la religion bouddhiste, le même qui régit ses fameuses peintures de sable créés par des mois de travail de plusieurs moines puis détruites dès leur finalisation.

L’exposition regroupait des pièces à base de lin, lequel subissait le rouissage, technique traditionnelle consistant à faire sécher les tiges de lin dans le champ en les laissant reposer pendant un mois avant de les récolter pour les peigner, soit de dénuder les branches de leurs fruits et de leur écorce. Cela nous a permis d’apprendre que le linoléum est conçu avec du lin.


Par la suite, nous avons été au vieux presbytère (datant de 1816) où se continuait l’exposition sur le lin. Après avoir vu une création artistique ayant nécessité 21 jours et plusieurs bénévoles (un genre de courant d’air passant d’une cheminée à l’arbre au fil d’une grande pièce de réception), notre guide a parlé de l’architecture typique du début du XIXe siècle et des rénovations qu’a subi le presbytère.

Il nous a également expliqué que la Citadelle aurait dû être construite sur la pointe du cap Lauzon (le lieu où se trouve les bâtiments dont on parle ici) à cause de sa position stratégique : des rapides, un cap s’allongeant vers l’eau et le fait qu’à marée basse, les bateaux doivent s’arrêter. La ville de Québec aurait été construite selon des desseins politiques et non logistiques… Après tout, Deschambault fut la dernière ville à capituler aux anglais en 1762 et d’ailleurs, lors de l’attaque du général Murray, 20 villageois ont héroïquement repoussés 1000 soldats anglais, de quoi enorgueillir son visiteur!

L’exposition se terminait par une exposition de vieux motifs à points (pour la broderie) sur feuille de lin dans les fondations du grenier du presbytère, dont la constitution émerveille même le cœur le plus insensible à l’architecture. Par après, nous avons visité le vieux magasin général, comme celui de mon grand-père. Nous avons trouvé de vieilles bouteilles de bière Dow, des croustilles Dulac, des livres de bienséance qui dataient du début du siècle passé, des manuels scolaires avec lesquels mon père et ma mère ont été à l’école, de vieilles boîtes de tabac, des pintes, des demiards et des chopines de lait, du linge d’époque, des skis d’autrefois… une boite à souvenir pour certains et un grenier à objets d’une autre époque pour moi.

Nous sommes retournés sur la route, comme dirait Kirouac, pour continuer notre chemin jusqu’à une autre place où nous avons souvent passé, mais où nous ne sommes jamais arrêtés, la ville de mon ancêtre Phamphile Guay, Baie St-Paul. Là encore, pris de cette frénésie de découvertes, nous avons pris notre dîner sur place, dans le centre-ville à tendance hip, aux influences trendy et décidément touristique. J’ai pu enfin goûter à de la bière de Charlevoix, dont la Dominus Vobiscum.

Tout ça pour dire que si je fais le chemin entre Laval et Grandes-Bergeronnes depuis que je suis né, prendre le temps d’arrêter dans quelques endroits est une expérience nouvelle qui émancipe l’être et qui fait en sorte de mieux apprécier le Québec où nous vivons. De par son histoire, sa culture, son architecture ses gens et ses sourires, la route nous parle réellement et nous permet de garder contact avec notre patrimoine et nos semblables.