N.B. Malgré ma tendance actuelle à toujours parler de ce qui se mange, le sang, au contraire, il se boit!
Il y a longtemps que je songeais à donner de mon sang, mais la peur des aiguilles me tétanisait à chaque occasion. Je perdais immanquablement mon courage et passait mon chemin, en me retournant à la vue des sujets qui, généreusement, abreuvaient des sacs de plastique. Plus jeune, j'ai été traumatisé par les aiguilles, je me souviens très bien pourquoi d'ailleurs : quand j'avais 5 ans, au CLSC, une infirmière à la qualification douteuse s'y était prise à 4 ou 5 reprises avant de planter correctement sa seringue dans ma veine, ce qui m'avait occasionné un mal de chien. Je ne voulais plus jamais voir d'aiguille de ma vie, j'en avais eu ma claque.
Beaucoup plus tard, à ma première année de Cégep, il y avait un vaccin que je suis allé prendre. Je me rappelais les vaccins au primaire, où je devenais blême et que mon odorat et ma vision se transformaient après l'impact de l'aiguille. J'en avais peur, je ne voulais pas y aller, mais il y a eu plus de peur que de mal. Par la suite, il y a eu deux ou trois fois des collectes de sang à l'université, à l'ÉTS comme à l'UdeM, ce qui me faisait dire que ces dernières étaient réellement constituées de buveurs de sang. Encore une fois, je me suis renfrogné, j'étais une heure d'avance à mon cours (je voulais y aller), mais beaucoup trop lâche.
Aujourd'hui, j'ai laissé derrière moi mes craintes et mes appréhensions (figurativement, car j'étais quand même mort de trouille) pour me rendre au CLSC à côté de chez moi, afin de donner du sang. Un premier don, à l'âge respectable de 25 ans, ce me semble être un pas dans la bonne direction. Le fait qu'une charmante demoiselle m'ait fait un peu de conversation par la suite n'a pas été sans me convaincre que c'était là une bonne idée. Je me questionne à savoir lesquels de mes amis ont déjà donné du sang, qui le fait encore maintenant, pour quelles raisons. J'ose espérer que je serai à même de refaire l'expérience.
jeudi 4 juin 2009
mardi 2 juin 2009
Fête, festin, farniente
Ça y est, c'est un peu passé sous silence, mais je viens d'atteindre l'âge vénérable du quart de siècle, je peux maintenant dire : « Dans mon temps [...] » (En fait, ce n'est pas comme si je ne m'étais jamais privé d'utiliser cette expression à foison). Chaque année, le vieillissement, comme un bon vin, nous permet de nous améliorer, mais ce n'est pas pour faire un texte moralisateur que j'écris, mon ambition, vous l'aurez deviné, c'est de vous faire part des festins, que dis-je des banquets qui ont eu lieu pour cette occasion.
À la première occasion, j'aurai inventé le cuisine-o-thon, un des nombreux jeux de mots pénibles que mes convives doivent subir dès qu'ils sont en ma présence. Enfin, ce fut une petite foire pour rassembler les amateurs de fourneaux pour y mijoter de nourrissantes recettes. Côté social, l'événement, haut en couleur, aura été fort agréable. Pour ce qui est de la nourriture, on repassera, mais j'aimerais tout de même apporter une mention spéciale pour les bruschettas de mon frère Simon et la salade au quinoa de Martine. Ma lasagne aura fait couler beaucoup de salive, surtout parce que, dit-on, il manquait de sauce (voir « Pas de lasagnes sans invectives », une parution à venir qui vous tiendra au courant des différents courants idéologiques concernant ce plat).
La seconde occasion fut le désormais traditionnel souper de fête que m'a préparé Françoise. Cette chère amie est, en plus d'être une ardente tricoteuse physicienne, est également une hôte exceptionnelle qui cultive pour la gastronomie un amour, une véritable passion. Je ne m'étendrai pas sur les multiples talents de cette dernière, vous n'avez qu'à consulter son blogue, The Knitting Physicist, rédigé dans la langue de Shakespeare.
Toutefois, je dois vous parler du grand banquet qu'elle a organisé pour ma fête : des plats végétariens et tout à fait épicuriens. L'entrée laissait présager le meilleur : une bonne salade avec une vinaigrette maison, qui avait la particularité d'être composée de cerises, le tout culmine au sommet avec deux petits morceaux de pain au fromage de chèvre. Par la suite, nous avons attaqué une soupe très, très douce (avec un bon verre de vin blanc alsacien) composée notamment d'huile de cumin, de lait de coco et de courge. L'huile de cumin ajoutait une touche de subtilité dans le bouquet, c'était tout à fait délicieux. Par la suite, elle m'a épaté : pour faire digérer le tout, le temps d'attaquer le plat principal, des tomates farcies au « sorbet » au basilic : c'était bon à en manquer de classe et tout simple à faire, m'assure mon hôte : « il suffit de faire un sirop à la consistance voulue, moi je le fais sans thermomètre, puis tu mets ton basilic en le faisant refroidir pour qu'il prenne», me dit-elle négligemment, en faisant cuire le repas principal. La gargantuesque assiette de pâtes au pesto, servit accompagnée avec des champignons et des lentilles suivent ce délicieux intermède. À priori, cela pourrait sembler ordinaire, mais les champignons sont un heureux mélange de pleurotes et de shiitakes sautés au beurre et revenus dans du Vermouth, les lentilles sont d'appellation contrôlée et le pesto, généreux, parfume parfaitement les pâtes. Une mention spéciale pour les champignons qui étaient vraiment à se rouler par terre. Puis, une longue discussion s'en suit, question de digérer l'énorme repas qui a passé devant nous, pour présenter une des spécialités de Françoise : les gâteaux. Ses gâteaux sont toujours délicieux et contiennent assez de matière grasse pour tenir à distance respectable tous les diététiciens du monde. Un gâteau aux abricots, aux pistaches et au fromage ricotta : chaque morceau fond dans la bouche. Elle me souffle quasiment à l'oreille : « Tu sais, il n'y a pas de lait dans ce gâteau, uniquement de la ricotta... et du beurre, beaucoup de beurre... et du sucre aussi, beaucoup de sucre ». J'ai finalement réussi à rouler jusqu'à chez moi, épuisé d'un si grand festin.
La troisième occasion gastronomique m'a été fournie par Angélique, toujours heureuse de me nourrir. Bien qu'elle ait dit que son repas soit « frugal », vous conviendrez avec moi qu'une salade qui contient des salades mélangées avec des feuilles d'épinard, des morceaux de poivrons, du cheddar vieilli 5 ans, des lentilles, des levures, etc. avec une vinaigrette tamari avec du sirop d'érable et de l'ail, le tout combiné avec des poivrons farcis avec plein de bons légumes et recouverts d'emmenthal et de brie et un végé-pâté fait avec beaucoup d'amour, il ne restait pas beaucoup de place pour le Merlot Rothschild et l'idée d'un dessert couvrait d'horreur nos bedons protubérants à la fin de ce festin.
Bref, une fête comme je les aime : bombance et ripaille, au diable les biens pensants et leur crème écrémée, leur lait sans matière grasse, leur insipide margarine, leurs soupes fades, leurs gâteaux insipides et leurs repas vapeurs. J'espère que l'année m'apportera encore quelques bonnes bouffes!
À la première occasion, j'aurai inventé le cuisine-o-thon, un des nombreux jeux de mots pénibles que mes convives doivent subir dès qu'ils sont en ma présence. Enfin, ce fut une petite foire pour rassembler les amateurs de fourneaux pour y mijoter de nourrissantes recettes. Côté social, l'événement, haut en couleur, aura été fort agréable. Pour ce qui est de la nourriture, on repassera, mais j'aimerais tout de même apporter une mention spéciale pour les bruschettas de mon frère Simon et la salade au quinoa de Martine. Ma lasagne aura fait couler beaucoup de salive, surtout parce que, dit-on, il manquait de sauce (voir « Pas de lasagnes sans invectives », une parution à venir qui vous tiendra au courant des différents courants idéologiques concernant ce plat).
La seconde occasion fut le désormais traditionnel souper de fête que m'a préparé Françoise. Cette chère amie est, en plus d'être une ardente tricoteuse physicienne, est également une hôte exceptionnelle qui cultive pour la gastronomie un amour, une véritable passion. Je ne m'étendrai pas sur les multiples talents de cette dernière, vous n'avez qu'à consulter son blogue, The Knitting Physicist, rédigé dans la langue de Shakespeare.
Toutefois, je dois vous parler du grand banquet qu'elle a organisé pour ma fête : des plats végétariens et tout à fait épicuriens. L'entrée laissait présager le meilleur : une bonne salade avec une vinaigrette maison, qui avait la particularité d'être composée de cerises, le tout culmine au sommet avec deux petits morceaux de pain au fromage de chèvre. Par la suite, nous avons attaqué une soupe très, très douce (avec un bon verre de vin blanc alsacien) composée notamment d'huile de cumin, de lait de coco et de courge. L'huile de cumin ajoutait une touche de subtilité dans le bouquet, c'était tout à fait délicieux. Par la suite, elle m'a épaté : pour faire digérer le tout, le temps d'attaquer le plat principal, des tomates farcies au « sorbet » au basilic : c'était bon à en manquer de classe et tout simple à faire, m'assure mon hôte : « il suffit de faire un sirop à la consistance voulue, moi je le fais sans thermomètre, puis tu mets ton basilic en le faisant refroidir pour qu'il prenne», me dit-elle négligemment, en faisant cuire le repas principal. La gargantuesque assiette de pâtes au pesto, servit accompagnée avec des champignons et des lentilles suivent ce délicieux intermède. À priori, cela pourrait sembler ordinaire, mais les champignons sont un heureux mélange de pleurotes et de shiitakes sautés au beurre et revenus dans du Vermouth, les lentilles sont d'appellation contrôlée et le pesto, généreux, parfume parfaitement les pâtes. Une mention spéciale pour les champignons qui étaient vraiment à se rouler par terre. Puis, une longue discussion s'en suit, question de digérer l'énorme repas qui a passé devant nous, pour présenter une des spécialités de Françoise : les gâteaux. Ses gâteaux sont toujours délicieux et contiennent assez de matière grasse pour tenir à distance respectable tous les diététiciens du monde. Un gâteau aux abricots, aux pistaches et au fromage ricotta : chaque morceau fond dans la bouche. Elle me souffle quasiment à l'oreille : « Tu sais, il n'y a pas de lait dans ce gâteau, uniquement de la ricotta... et du beurre, beaucoup de beurre... et du sucre aussi, beaucoup de sucre ». J'ai finalement réussi à rouler jusqu'à chez moi, épuisé d'un si grand festin.
La troisième occasion gastronomique m'a été fournie par Angélique, toujours heureuse de me nourrir. Bien qu'elle ait dit que son repas soit « frugal », vous conviendrez avec moi qu'une salade qui contient des salades mélangées avec des feuilles d'épinard, des morceaux de poivrons, du cheddar vieilli 5 ans, des lentilles, des levures, etc. avec une vinaigrette tamari avec du sirop d'érable et de l'ail, le tout combiné avec des poivrons farcis avec plein de bons légumes et recouverts d'emmenthal et de brie et un végé-pâté fait avec beaucoup d'amour, il ne restait pas beaucoup de place pour le Merlot Rothschild et l'idée d'un dessert couvrait d'horreur nos bedons protubérants à la fin de ce festin.
Bref, une fête comme je les aime : bombance et ripaille, au diable les biens pensants et leur crème écrémée, leur lait sans matière grasse, leur insipide margarine, leurs soupes fades, leurs gâteaux insipides et leurs repas vapeurs. J'espère que l'année m'apportera encore quelques bonnes bouffes!
jeudi 7 mai 2009
Le jeune homme perdu dans la ville
Certains me diront distrait, étourdi, bohème même, mais le jour d’un bal, je ne savais ni à quoi ressemblerait mon costume, ni même où était ce fichu bal. Je me suis levé, tard, mais lorsque j’ai passé ma main dans mes cheveux, au lieu mon air hirsute, j’ai trouvé une série de petits poils bien dressés : j’avais poussé le luxe de l’entretien jusqu’à me tondre la tignasse. J’ai poussé cette minutie en rasant ma barbichette et j’ai même été jusqu’à me limer les ongles, une hérésie rare dans mon cas!
J’ai enfilé un costume après m’être douché. Cravate de soie, chemise blanche, costard coloré, épingle à cravate, rien n’a été négligé : pour un homme de ma trempe, on ne fait pas deux fois une impression en complet ! Je me dirige donc vers un lieu de beuverie, histoire de retrouver mes camarades avant le bal en question. Je m’inquiète de leur absence et je m’inquiète bien davantage lorsqu’en apostrophant une serveuse, je me rends compte qu’il n’y a pas de réservation! Où suis-je ? Où, plus judicieusement, où est mon bal ? Je dois absolument trouver un café Internet, je ne suis même pas certain du nom de la place.
Le réflexe habituel est de ressasser ses souvenirs pour trouver un ordinateur muni d’un accès Internet pour retrouver ces informations cruciales : je me dis que l’Escalier Bleu dispose du matériel dont j’ai besoin. Pour ceux qui ignoreraient ce qu’est cet endroit, il s’agit d’un café/bar grano-hippie. Tous, clients comme serveurs, sont attriqués avec des vêtements d’une autre époque et je pousserais même ma description en disant que certains habitent probablement des communes. J’ai souvent eu l’air d’un extra-terrestre dans ma vie, mais c’est probablement la fois où cela jurait le plus avec le décor, d’autant plus que je n’aime pas particulièrement la prétention des habits. Je trouve donc le lieu de mon bal et j’y marche à un bon rythme.
Tout le monde semble s’être mis sur son 36 : nous sommes quatre gars, pour au moins 60 filles. Elles sont toutes magnifiques dans leurs robes de soirée : même mes compères masculins ont troqué leurs jeans et leurs vieux gaminets pour des habits respectables. Becs gentils, compliments, bonnes manières, humour, attitude détendue, interminables flashs, la soirée se ponctue de bonnes manières mêlées à beaucoup de reconnaissance. C’est assez ironique, car c’est à cette occasion que j’ai appris à connaître des filles qui auront étudié trois ans avec moi, sans que l’on se parle autrement que pour se saluer.
La musique était moche, mais l’important, c’était plus la présence de tout ce beau monde, pour plusieurs, cela aura été la dernière fois. Je n’en suis pas nécessairement triste, on garde contact avec les personnes qu’on aime, mais je dois ajouter à cette réflexion qu’on perd l’occasion de découvrir celles que l’on n’a pas pris le temps de connaître. Je vais m’ennuyer de deux choses : l’énergie qui compose cette masse grouillante d’individus et leur amour inconditionnel pour leur travail et pour les leurs. Lorsque le moment de la séparation est venu, je ne suis pas de ceux qui ont pleuré, ni même qui vivaient de l’amertume à l’idée de ce départ forcé. Stoïcisme ou manque d’ouverture, le temps me le dira. C’est un au revoir difficile à porter au sens où je ne sais pas exactement comment se composera ma vie l’année prochaine, sans l’apport quotidien de plaisir de mes collègues de classe. Néanmoins, je reste serein à cette idée. J’aimerais profiter de cette occasion pour laisser un mot à mes collègues que je ne reverrai probablement pas : malgré ma distance avec vous, je vous ai toutes appréciées pour ce que vous êtes, pour votre passion, votre énergie et votre dévouement. Je regrette de ne pas avoir eu plus de temps pour faire plus amplement votre connaissance, mais je profite de l’occasion pour vous souhaiter une excellente carrière, beaucoup de bonheur dans vos vies respectives. Gardez toujours la flamme, ne baissez jamais les bras, vous êtes toutes fortes!
Enfin, pour les personnes qui ont une place toute spéciale dans mon cœur, que je reverrai selon toutes probabilités, je tiens tout d’abord à vous remercier pour votre support, votre écoute et votre disponibilité. Vous avez été des atouts dans ma vie, je ne saurais à quel point insister sur ce dernier détail. Je ne suis pas inquiet pour vos carrières, vous saurez vous démarquer, parce que j’ai pu vous identifier. J’éprouve un grand sentiment de reconnaissance à votre égard et j’espère avoir la chance de vous côtoyer encore longtemps. Ces personnes sauront se reconnaître. Comme nous sommes tous un peu angoissés par les aléas de la vie, j’aimerais simplement partager cette réflexion que j’ai dû avoir et que je continue de garder en tête pendant la période extrêmement difficile que je traverse : « battez-vous, ne baissez jamais la garde, encaissez s’il le faut, mais le jour où vous ne vous battrez plus, vous serez morts ».
J’ai enfilé un costume après m’être douché. Cravate de soie, chemise blanche, costard coloré, épingle à cravate, rien n’a été négligé : pour un homme de ma trempe, on ne fait pas deux fois une impression en complet ! Je me dirige donc vers un lieu de beuverie, histoire de retrouver mes camarades avant le bal en question. Je m’inquiète de leur absence et je m’inquiète bien davantage lorsqu’en apostrophant une serveuse, je me rends compte qu’il n’y a pas de réservation! Où suis-je ? Où, plus judicieusement, où est mon bal ? Je dois absolument trouver un café Internet, je ne suis même pas certain du nom de la place.
Le réflexe habituel est de ressasser ses souvenirs pour trouver un ordinateur muni d’un accès Internet pour retrouver ces informations cruciales : je me dis que l’Escalier Bleu dispose du matériel dont j’ai besoin. Pour ceux qui ignoreraient ce qu’est cet endroit, il s’agit d’un café/bar grano-hippie. Tous, clients comme serveurs, sont attriqués avec des vêtements d’une autre époque et je pousserais même ma description en disant que certains habitent probablement des communes. J’ai souvent eu l’air d’un extra-terrestre dans ma vie, mais c’est probablement la fois où cela jurait le plus avec le décor, d’autant plus que je n’aime pas particulièrement la prétention des habits. Je trouve donc le lieu de mon bal et j’y marche à un bon rythme.
Tout le monde semble s’être mis sur son 36 : nous sommes quatre gars, pour au moins 60 filles. Elles sont toutes magnifiques dans leurs robes de soirée : même mes compères masculins ont troqué leurs jeans et leurs vieux gaminets pour des habits respectables. Becs gentils, compliments, bonnes manières, humour, attitude détendue, interminables flashs, la soirée se ponctue de bonnes manières mêlées à beaucoup de reconnaissance. C’est assez ironique, car c’est à cette occasion que j’ai appris à connaître des filles qui auront étudié trois ans avec moi, sans que l’on se parle autrement que pour se saluer.
La musique était moche, mais l’important, c’était plus la présence de tout ce beau monde, pour plusieurs, cela aura été la dernière fois. Je n’en suis pas nécessairement triste, on garde contact avec les personnes qu’on aime, mais je dois ajouter à cette réflexion qu’on perd l’occasion de découvrir celles que l’on n’a pas pris le temps de connaître. Je vais m’ennuyer de deux choses : l’énergie qui compose cette masse grouillante d’individus et leur amour inconditionnel pour leur travail et pour les leurs. Lorsque le moment de la séparation est venu, je ne suis pas de ceux qui ont pleuré, ni même qui vivaient de l’amertume à l’idée de ce départ forcé. Stoïcisme ou manque d’ouverture, le temps me le dira. C’est un au revoir difficile à porter au sens où je ne sais pas exactement comment se composera ma vie l’année prochaine, sans l’apport quotidien de plaisir de mes collègues de classe. Néanmoins, je reste serein à cette idée. J’aimerais profiter de cette occasion pour laisser un mot à mes collègues que je ne reverrai probablement pas : malgré ma distance avec vous, je vous ai toutes appréciées pour ce que vous êtes, pour votre passion, votre énergie et votre dévouement. Je regrette de ne pas avoir eu plus de temps pour faire plus amplement votre connaissance, mais je profite de l’occasion pour vous souhaiter une excellente carrière, beaucoup de bonheur dans vos vies respectives. Gardez toujours la flamme, ne baissez jamais les bras, vous êtes toutes fortes!
Enfin, pour les personnes qui ont une place toute spéciale dans mon cœur, que je reverrai selon toutes probabilités, je tiens tout d’abord à vous remercier pour votre support, votre écoute et votre disponibilité. Vous avez été des atouts dans ma vie, je ne saurais à quel point insister sur ce dernier détail. Je ne suis pas inquiet pour vos carrières, vous saurez vous démarquer, parce que j’ai pu vous identifier. J’éprouve un grand sentiment de reconnaissance à votre égard et j’espère avoir la chance de vous côtoyer encore longtemps. Ces personnes sauront se reconnaître. Comme nous sommes tous un peu angoissés par les aléas de la vie, j’aimerais simplement partager cette réflexion que j’ai dû avoir et que je continue de garder en tête pendant la période extrêmement difficile que je traverse : « battez-vous, ne baissez jamais la garde, encaissez s’il le faut, mais le jour où vous ne vous battrez plus, vous serez morts ».
lundi 13 avril 2009
Le reste des plats
À l'heure actuelle, le camarade Tchekhov est probablement en train de se mordre les doigts jusqu’au sang puisque je n’ai pas publié les autres critiques de ses plats : je tiens à l’encourager en continuant mes critiques qui n’ont pas été dévoilées au grand jour.
Mercredi : les nouilles aux cinq trésors
D’après Tchekhov, les Chinois ont un proverbe que je n’ai pas pu retrouver : « Si ce n’est pas huileux, ce n’est pas délicieux » ou quelque chose du genre. Il me l’avait servi lorsque j’avais tenté de lui faire des nouilles sautées. Rien n’est mieux en cuisine que de récupérer une phrase empruntée à mon camarade pour l’y en faire l’éloge : il a si judicieusement su m’expliquer ce qu’il voulait dire par là ; ses nouilles étaient épaisses et huileuses à souhait. Le contraste sucré salé s’harmonisait bien, il pouvait vouloir symboliser le Ying yang et la présentation du met était agréable et bien harmonisée. Les morceaux de carottes étaient juste assez croustillants pour en dégager un maximum de saveur.
Quelques petits défauts viendront compléter cette critique : un manque de morceaux de saucisses chinoises : ils étaient chiches, petits et ils ressemblaient à du lard et je n’ai jamais su ce que goûtait une saucisse chinoise à la fin de ce plat. De même, le camarade aurait pu avoir la main plus généreuse pour les champignons et un peu plus de considération pour la cuisson des noix d’acajou, qui n’étaient pas assez gouteuses. Côté présentation, je crois que quelques feuilles de verdure, comme de la coriandre, auraient mis le plat en valeur.
Vendredi : Sambar
Je vais limiter les dégâts, je ne causerai pas trop du sambar du camarade, qui doit revoir les saveurs de la cuisine indienne. Un plat fade, impersonnel, qui souffre d’insuffisance capsaïcinoïdique et dont la saveur prédominante est celle des patates.
Dimanche : riz parfumé
J’hésite avant de dire ce qui est arrivé au riz du camarade : d’une part parce que j’ai essayé toute la semaine de le marier et d’en harmoniser les saveurs avec plusieurs plats, sans que sa fragrance ne soit masquée par les autres éléments du repas. En tant que tel, le riz n’était pas mauvais, si ce n’est du riz lui-même : un bon grain basmati a une texture plus ferme et moins décomposée. Pour ce qui est des graines de cardamome, j’aurais préféré qu’elles soient mieux intégrées au plat ; je n’ai d’ailleurs pas hésité une seconde avant d’en hacher l’intérieur pour rehausser la saveur du riz. Une dernière chose à souligner : Tchekhov s’est munie, je crois, de cannelle casse à la place de celle du cannelier du Ceylan, puisque le bâton était énorme et trop sucré. La « vraie » cannelle se trouve en petit bâton et elle donne un goût plus riche.
J’ai trouvé à quoi le riz pouvait servir en recevant à souper avec des rouleaux du printemps : lorsqu’ils se mangent froids, la saveur du riz est mieux balancée. De plus, le riz permet une jolie décoration et il se fait plus apprécier parce qu’il complète les rouleaux. En prime, il a permis de ne pas faire coller les rouleaux ensemble et son teint jaunâtre a donné un petit charme exotique à la présentation.
Mercredi : les nouilles aux cinq trésors
D’après Tchekhov, les Chinois ont un proverbe que je n’ai pas pu retrouver : « Si ce n’est pas huileux, ce n’est pas délicieux » ou quelque chose du genre. Il me l’avait servi lorsque j’avais tenté de lui faire des nouilles sautées. Rien n’est mieux en cuisine que de récupérer une phrase empruntée à mon camarade pour l’y en faire l’éloge : il a si judicieusement su m’expliquer ce qu’il voulait dire par là ; ses nouilles étaient épaisses et huileuses à souhait. Le contraste sucré salé s’harmonisait bien, il pouvait vouloir symboliser le Ying yang et la présentation du met était agréable et bien harmonisée. Les morceaux de carottes étaient juste assez croustillants pour en dégager un maximum de saveur.
Quelques petits défauts viendront compléter cette critique : un manque de morceaux de saucisses chinoises : ils étaient chiches, petits et ils ressemblaient à du lard et je n’ai jamais su ce que goûtait une saucisse chinoise à la fin de ce plat. De même, le camarade aurait pu avoir la main plus généreuse pour les champignons et un peu plus de considération pour la cuisson des noix d’acajou, qui n’étaient pas assez gouteuses. Côté présentation, je crois que quelques feuilles de verdure, comme de la coriandre, auraient mis le plat en valeur.
Vendredi : Sambar
Je vais limiter les dégâts, je ne causerai pas trop du sambar du camarade, qui doit revoir les saveurs de la cuisine indienne. Un plat fade, impersonnel, qui souffre d’insuffisance capsaïcinoïdique et dont la saveur prédominante est celle des patates.
Dimanche : riz parfumé
J’hésite avant de dire ce qui est arrivé au riz du camarade : d’une part parce que j’ai essayé toute la semaine de le marier et d’en harmoniser les saveurs avec plusieurs plats, sans que sa fragrance ne soit masquée par les autres éléments du repas. En tant que tel, le riz n’était pas mauvais, si ce n’est du riz lui-même : un bon grain basmati a une texture plus ferme et moins décomposée. Pour ce qui est des graines de cardamome, j’aurais préféré qu’elles soient mieux intégrées au plat ; je n’ai d’ailleurs pas hésité une seconde avant d’en hacher l’intérieur pour rehausser la saveur du riz. Une dernière chose à souligner : Tchekhov s’est munie, je crois, de cannelle casse à la place de celle du cannelier du Ceylan, puisque le bâton était énorme et trop sucré. La « vraie » cannelle se trouve en petit bâton et elle donne un goût plus riche.
J’ai trouvé à quoi le riz pouvait servir en recevant à souper avec des rouleaux du printemps : lorsqu’ils se mangent froids, la saveur du riz est mieux balancée. De plus, le riz permet une jolie décoration et il se fait plus apprécier parce qu’il complète les rouleaux. En prime, il a permis de ne pas faire coller les rouleaux ensemble et son teint jaunâtre a donné un petit charme exotique à la présentation.
mercredi 8 avril 2009
Mardi : le Tom Khaa Kai
(poulet à la noix de coco)
Mardi soir, après avoir passé une journée très relaxante, je me suis permis de goûter le Tom Khaa Kai de maître Tchekhov. Le poulet à la noix de coco est pour moi un régal pour les papilles gustatives : un de mes plats favoris. J’avais donc un biais favorable au plat du chef, et ce biais a eu l’effet pervers de me rendre plus sévère, expérience oblige. La première chose à dire, c’est que le plat fondait dans la bouche. Les champignons shiitakes, les bébés si j’en crois les images vues sur le net, étaient délicieux : fermes en chair, onctueux, un délice pour la bouche. Les petites tomates donnaient un bon goût au plat et l’utilisation des feuilles de citronnier, le lait de coco était bien incorporé : il s’agit d’un copieux délice. Par contre, le chef aurait eu avantage à utiliser des proportions plus judicieuses (portion de poulet par rapport aux champignons qui étaient en trop grand nombre) et à éviter de laisser un gros morceau de galanga qui peut ne pas être évident à déceler. Quant au poulet, il était juste un peu trop coriace. Le poivre Sichuan, bien qu’il fût beaucoup plus goûteux froid, aurait été apprécié en plus grande quantité.
Un conseil pour le chef : les tomates auraient pu être coupées en quartiers pour permettre à leur saveur de bien se mélanger au plat. Autre élément : serait-il possible de changer de couteau : le dentelé donne une finition médiocre aux aliments coupés (on le voit sur les champignons) et les feuilles de coriandre, grossièrement hachées, sont abimées de lignes brunes, qui marquent la pression d’un outil qui n’a pas réussi à les scinder. Bref, ce n’est pas tant le plat où l’on peut rapporter des imperfections que sa finition qui demeure à travailler. Cela dit, c’était tout de même excellent et bien apprécié.
Mardi soir, après avoir passé une journée très relaxante, je me suis permis de goûter le Tom Khaa Kai de maître Tchekhov. Le poulet à la noix de coco est pour moi un régal pour les papilles gustatives : un de mes plats favoris. J’avais donc un biais favorable au plat du chef, et ce biais a eu l’effet pervers de me rendre plus sévère, expérience oblige. La première chose à dire, c’est que le plat fondait dans la bouche. Les champignons shiitakes, les bébés si j’en crois les images vues sur le net, étaient délicieux : fermes en chair, onctueux, un délice pour la bouche. Les petites tomates donnaient un bon goût au plat et l’utilisation des feuilles de citronnier, le lait de coco était bien incorporé : il s’agit d’un copieux délice. Par contre, le chef aurait eu avantage à utiliser des proportions plus judicieuses (portion de poulet par rapport aux champignons qui étaient en trop grand nombre) et à éviter de laisser un gros morceau de galanga qui peut ne pas être évident à déceler. Quant au poulet, il était juste un peu trop coriace. Le poivre Sichuan, bien qu’il fût beaucoup plus goûteux froid, aurait été apprécié en plus grande quantité.
Un conseil pour le chef : les tomates auraient pu être coupées en quartiers pour permettre à leur saveur de bien se mélanger au plat. Autre élément : serait-il possible de changer de couteau : le dentelé donne une finition médiocre aux aliments coupés (on le voit sur les champignons) et les feuilles de coriandre, grossièrement hachées, sont abimées de lignes brunes, qui marquent la pression d’un outil qui n’a pas réussi à les scinder. Bref, ce n’est pas tant le plat où l’on peut rapporter des imperfections que sa finition qui demeure à travailler. Cela dit, c’était tout de même excellent et bien apprécié.
mardi 7 avril 2009
Les cinq trésors du camarade Tchekhov
La sonnerie du téléphone, plus que tout autre réveil-matin, termine mal une agréable nuit de sommeil parsemée de rêveries. Fort heureusement, on peut toujours compter sur le camarade Tchekhov pour faire mentir le fait énoncé ci-haut. Sans faire ni une, ni deux, le camarade m’explique qu’il est pris d’une surdose d’énergie et qu’il a employé cette dernière à préparer de nombreux plats, qu’il entend me faire goûter. La perspective de ne pas avoir à cuisiner ni à faire l’épicerie pendant une semaine et de se faire gâter par un ami qui a probablement canalisé dans ses plats toute son énergie m’est apparue comme un grand cadeau fort agréable, dans des moments qui le sont moins. Le tout, livré le soir même.
Crésus lui-même aurait été jaloux : pâtes aux cinq trésors, poulet à la noix de coco (tom khaa kai), plat indien (sambar), tofu ma-po, riz parfumé, rien ne semble à même d’arrêter ses arômes dans mon palais. En contrepartie, le camarade m’a demandé de lui exposer ma critique culinaire, que je propose à votre lecture.
Lundi : Tofu ma-po
Le dernier tofu ma-po que j’ai mangé de Tchekhov, avait plus de bœuf que tofu, ce qui l’a un peu tué. Par contre, il était épicé à souhait. La particularité du tofu ma-po, qui est simplement épicé à souhait pour le commun des mortels, c’est la différence entre les épices brûlantes et les épices qui engourdissent. Avec le tofu, le but est de créer un contraste agréable dans le contraste doux/piquant. Le tofu ma-po de Tchekhov s’est avéré délicieux pour le palais, avec une proportion beaucoup plus juste de bœuf haché par rapport au tofu. La sauce était bien épaisse et elle a donné de la saveur au tofu. Le mélange était épicé, brulant, sans être désagréable. Deux choses que mon palais a remarqué : un manque de poivre Sichuan, dont le goût si caractéristique se serait marié à merveille avec la tempête de saveur et la présence de poireaux chinois, qui auraient également eu leurs places. Je me permets également la remarque qu’un authentique tofu ma-po aurait été légèrement plus épicé. Toutefois, loin d’être déçu du résultat, j’ai beaucoup apprécié ce plat et j’ai bien hâte de voir si le camarade saura le rendre encore plus délicieux.
Crésus lui-même aurait été jaloux : pâtes aux cinq trésors, poulet à la noix de coco (tom khaa kai), plat indien (sambar), tofu ma-po, riz parfumé, rien ne semble à même d’arrêter ses arômes dans mon palais. En contrepartie, le camarade m’a demandé de lui exposer ma critique culinaire, que je propose à votre lecture.
Lundi : Tofu ma-po
Le dernier tofu ma-po que j’ai mangé de Tchekhov, avait plus de bœuf que tofu, ce qui l’a un peu tué. Par contre, il était épicé à souhait. La particularité du tofu ma-po, qui est simplement épicé à souhait pour le commun des mortels, c’est la différence entre les épices brûlantes et les épices qui engourdissent. Avec le tofu, le but est de créer un contraste agréable dans le contraste doux/piquant. Le tofu ma-po de Tchekhov s’est avéré délicieux pour le palais, avec une proportion beaucoup plus juste de bœuf haché par rapport au tofu. La sauce était bien épaisse et elle a donné de la saveur au tofu. Le mélange était épicé, brulant, sans être désagréable. Deux choses que mon palais a remarqué : un manque de poivre Sichuan, dont le goût si caractéristique se serait marié à merveille avec la tempête de saveur et la présence de poireaux chinois, qui auraient également eu leurs places. Je me permets également la remarque qu’un authentique tofu ma-po aurait été légèrement plus épicé. Toutefois, loin d’être déçu du résultat, j’ai beaucoup apprécié ce plat et j’ai bien hâte de voir si le camarade saura le rendre encore plus délicieux.
lundi 16 février 2009
Chronique de St-Valentin
Chers lecteurs, je suis désolé de ne pas vous écrire plus souvent, le temps me manque et la vie continue. Comme il est ordinairement de mise que j’écrire une chronique concernant la St-Valentin, je me donne ce prétexte pour vous communiquer mes dernières avancées par rapport à cette fête que je n’ai pas célébrée telle que le veut la tradition.
Le jeudi soir, je pensais à mes victimes : à qui devrais-je tenter d’illuminer la journée demain. Mon plan s’est dressé sur quelques personnes : après tout, mieux vaut couvrir ses arrières. Le lendemain, devant mon ordinateur de bureau, je faisais imprimer quelques cœurs dans lesquels je griffonnais nerveusement de petits mots affectueux. Le stress s’est emparé de moi et j’ai couru pour tenter de ne pas être pris en flagrant délit.
Mes cibles ? Les exécutantes (et J-P) qui sont à mon association étudiante. Pour une des rares fois, je crois qu’il y a plus de célibataires que de personnes en couple dans l’association étudiante, mais cela n’allait pas influencer mon geste, chacune (et J-P) a eu un cœur, qui avait comme point commun de remercier la personne pour une de ses qualités. Pour les convaincre du bien-fondé de cette intervention, j’ai également acheté des tablettes de chocolat que j’ai distribuées durant notre réunion. J’ai l’impression qu’une petite attention peut parfois faire du bien, spécialement à ceux qui éprouvent du plaisir à donner.
Le jeudi soir, je pensais à mes victimes : à qui devrais-je tenter d’illuminer la journée demain. Mon plan s’est dressé sur quelques personnes : après tout, mieux vaut couvrir ses arrières. Le lendemain, devant mon ordinateur de bureau, je faisais imprimer quelques cœurs dans lesquels je griffonnais nerveusement de petits mots affectueux. Le stress s’est emparé de moi et j’ai couru pour tenter de ne pas être pris en flagrant délit.
Mes cibles ? Les exécutantes (et J-P) qui sont à mon association étudiante. Pour une des rares fois, je crois qu’il y a plus de célibataires que de personnes en couple dans l’association étudiante, mais cela n’allait pas influencer mon geste, chacune (et J-P) a eu un cœur, qui avait comme point commun de remercier la personne pour une de ses qualités. Pour les convaincre du bien-fondé de cette intervention, j’ai également acheté des tablettes de chocolat que j’ai distribuées durant notre réunion. J’ai l’impression qu’une petite attention peut parfois faire du bien, spécialement à ceux qui éprouvent du plaisir à donner.
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