jeudi 24 janvier 2008

La perception du socialisme chez les jeunes banlieusards

Puisque Dan le demande!


Je reviens d'une soirée très intéressante : avec des amis sociologues, nous avons écouté Rocky I et Rambo: First Blood. Ces amis sont montréalais. Nous avons eu beaucoup de plaisir à discuter de tout et de rien. Cela n'a que bien peu de rapport avec l'objet de mon texte, alors je vais tenter de retourner à mon propos.


L'idéologie de la jeunesse québécoise me semble bien difficilement accessible : plusieurs groupuscules existent et aucun ne semble rassembler plus de gens que le statu quo. Il y a quelques années, j'étais à la fête d'un ami et la discussion portait sur la politique (les filles se faisaient attendre, alors entre une discussion sur le prix des BBQ et l'immobilier, un tour de table semblait propice). Bienséance oblige, je ne me suis pas prononcé sur ce qui a été dit durant cette soirée pour le moins ordinaire.


Bref, pour entrer dans le vif du sujet, le discussion tombe sur l'idéologie communiste et le système de valeur québécois. S'en suit l'habituel commentaire : « Le communisme est une belle théorie qui ne marche pas en pratique ». S'en suit l'habituelle kyrielle de commentaires négatifs de notre système social dépensier, gourmand et bureaucratique. À cela s'ajoute les solutions les plus diverses, dont réduire la taille de l'état.


Devant l'extase dans laquelle j'ai été plongé suite à ces commentaires d'une rare pertinence, d'une précision étonnante et d'une condescendance sans borne, je me suis fait un devoir de m'informer un peu plus sur le sujet. Après des milliers d'heures de recherches, de lectures, de discussions sans fin dans lesquelles les paroles nous enivrent autant que le bon vin, je suis enfin arrivé à la réponse que je cherchais : la théorie générale des banlieusards est erronée. La bonne réponse est en réalité, pour émettre l'opinion selon laquelle l'idéologie n'est pas la nôtre, la suivante : « le communisme est une belle théorie qui, en pratique, n'a pas marché ».


Devant cette réflexion toute pleine de sens où vous, amis lecteurs, êtes sûrement médusés mes capacités d'analyse, vous vous direz peut-être : « Pourquoi diantre est-ce que je continue de lire ce texte? »


En réalité, la synthèse d'un résumé du condensé d'un extrait pourrait peut-être plus s'exprimer en 8 000 pages. Pour ma part, je me contenterai d'en faire une synthèse plus sommaire : le communisme n'a pas démontré, par le truchement du socialisme, un visage humain, une ouverture sur les autres, un souci pour le bonheur, un intérêt réel pour la collectivité et les aspirations des êtres humains. Les régimes qui ont le mieux fonctionné (dans certains domaines précis) sont ceux qui étaient les moins conformistes : Tito, en Yougoslavie, Kadar en Hongrie, Castro à Cuba... et l'URSS à son tout début. Dan2 précise qu'il y a aussi la force d'inertie des structures monstrueuses du pouvoir politique qui ne faisaient absolument rien.


Enfin, ce texte est bien entendu pour dénoncer les jeunes banlieusards et leur manque de rigueur dans l'analyse des problèmes sociaux importants. Vous êtes donc priés de ne pas lire ce que j'écris pour me lire à nouveau, puisque je suis moi-même lavallois. Bref, l'ADQ est sûrement la solution!

mardi 22 janvier 2008

Se jouer du destin

Ce soir, j'allais, une fois de plus, m'avachir devant mon ordinateur pour probablement déprimer devant des lectures ennuyantes, traduisant le fait que du côté du domaine social, c'est l'apathie la plus complète depuis samedi. J'allais, maussade, prendre un bain, quand, tout comme Archimède, il m'est venu une idée complètement formidable: popoter. L'exécrable repas du soir (un poulet médiocre avec des patates pilées qui goutaient le Betty Crocker) m'avait laissé sur ma faim, il me fallait agir promptement.


Mon raisonnement est parti du livre « là-bas » de Huymans, ce qui m'a fait pensé à son propriétaire, Carl. En associant Carl et Huymans, j'ai eu le souvenir d'une place où nous allions parfois sur Fleury (maintenant nommé le Über) et où nous discutions politique et littérature en mangeant des natchos avec de la salsa, de la crème sûre et du fromage. Suivant ce raisonnement, je me suis dit que je pourrais également écouerer mon ami Denis the Butcher en lui parlant de ma salsa maison (Denis me donne toujours faim quand on va s'entrainer: il me parle toujours de ce qu'il va manger le soir. Pour ce qui est de « the Butcher », c'est parce que lorsqu'il est le temps de me faire forcer, Denis est d'un sadisme inhumain).


Outre les associations d'idées qui peuvent sembler grotesques, je me suis fait plaisir: j'avais déjà fait de la salsa avec Carl (ce qui avait été une réussite) et j'ai récidivé tout seul. En réalité, comme personne ne semblait être disponible, je me suis joué de mon destin, j'ai été capable de m'amuser tout seul à salir des chaudrons, à couper des légumes et à faire cuire mes ingrédiens. Finalement, la salsa, mariée avec des natchos au poulet et au fromage gratiné ainsi qu'avec de la crème sûre, ça peut même faire mentir le destin. Je suis certainement plus gras qu'il y a deux heures, mais également plus heureux.

vendredi 18 janvier 2008

Soldat de plomb, soleil du front

J'en ai plus que marre, je suis complètement écœuré de voir la publicité que l'on fait à chaque mort de soldat canadien. Pourquoi est-ce qu'il faut faire un mélodrame de chaque perte de militaire? Les militaires servent à tuer et à être tué... Gilles Vigneault ne chantait-il pas: « [...] mais ce n'est pas un beau métier d'aller tuer des jardiniers de l'autre côté de la terre. »

À titre personnel, je suis heureux lorsqu'un militaire meurt, car il y en a un de moins. De plus, l'opinion publique semble voir la vacuité de la guerre de plus près lorsque la violence vole des vies humaines. Il est tout à fait normal et légitime que lorsqu'un proche meurt, on pleure sa mort dans notre société Occidentale. Lorsque ce proche est également un agresseur, un voleur de vie, est-il éthique de pleurer ce meurtrier en série?

Je considère que chaque dollar consacré à l'armée en est un de moins pour l'éducation, l'environnement, les services sociaux et les soins de santé. J'ai de la difficulté à comprendre que des peuples s'arment pour « la défense des intérêts nationaux » et polluent, par le fait même, nos fragiles écosystèmes alors que des personnes meurent de faim, que d'autres sont en grande difficulté mentale ou souffrent d'atroces douleurs.

Ma conclusion est donc que l'armée est une nuisance et devrait être éliminée prestement.

vendredi 11 janvier 2008

Coeur de scories

Dans l'immensité de la clémence humaine s'élève l'amour de son prochain,

Tétin du but ultime qui est de laisser un jour la vie s'exprimer.

Cependant, moi, dans la haine qui me consume vainement,

Que j'ai voulu conspuer avec mon dernier soupir,

J'ai transgressé, une fois de plus, le monde de poussières.


Lorsque j'ai vu deux amants s'éprendre d'amour,

Les pupilles dilatées par l'exaltation du bonheur carpe diem,

Mon coeur devenu ronce s'est brouillé de mil feux

Et j'ai offert en sacrifice la vacuité qui m'habite:

J'ai prié Satan de m'aider à offrir l'offrande ultime.


Mon corps s'est exalté à l'idée de déchirer sa chaire si blanche,

J'ai frémis jusqu'à l'extrémité de mes phalanges la joie de broyer ses os.

Devant les yeux remplient de douleur, de larmes de l'agonie,

Que verserait l'amoureux incrédule de tant d'atrocités,

Se conjuguant à merveille avec le rire démoniaque qui constituerait mon souffle.


À la braise luisante, Thanatos me réconcilie enfin avec le miracle de la création.

Là où la souffrance est issu de mon glaive, mes entrailles frétilles de plaisir.

J'y déclamerai ma fidélité sans borne par des litanies dans la langue de l'opprobre!

Même si tout ce plaisir facile me chatouille l'égo,

Il n'atteindra jamais l'ombre de la souffrance de ma solitude!

lundi 7 janvier 2008

Ma liste de résolutions 2008

Il est grand temps que je prenne quelques résolutions, car en réalité 2008 arrive et je ne vois pas l'avenir se conformer à mes ambitions. J'ai donc décidé que cette année:


  • J'irai marché sur Québec avec une troupe de 400 mercenaires armés et que nous irons renverser le parlement et déclarer l'indépendance du Québec... un 400e, ça se fête en grand;

  • Une fois au pouvoir, je vais imposer une gestion très stricte des finances aux universités;

  • Je vais couper dans le système de santé et imposer une gestion des budgets beaucoup plus stricte; l'argent économisé sera redistribué dans les services sociaux, dans l'éducation et dans l'environnement;

  • Je vais imposer le scrutin proportionnel;

  • Je vais faire une gestion environnementale extrêmement stricte, imposer le recyclage obligatoire partout, tout comme le compost obligatoire. Tous les contenants jetables devront être biodégradable, toutes les entreprises devront présenter des bilans environnementaux;

  • La consommation de cannabis sera légalisée;

  • Pour régler le problème linguistique, je vais imposer l'allemand comme langue;

  • Je vais favoriser l'exportation de la poutine, de pâté chinois et de pouding chômeur;

  • Les écoles seront surfinancées et les bulletins seront rédigés de manière compréhensive pour les parents;


Bon, j'ai encore ces idées de grandeur qui dessinent ma personnalité grandiloquente et mégalomaniaque... Puisque ma psy m'avait dit autrefois de tâcher d'être un peu plus réaliste, voici les résolutions qui auront finalement préséances sur les autres:

  • Dormir un minimum de 8 heures 25 fois par mois;

  • Maintenir une bonne forme physique;


Bonne année à tous et chacun!

dimanche 30 décembre 2007

Entretient avec Mikhail Gorbatchev

Plusieurs d'entre vous êtes conscients qu'il m'arrive fréquemment de rêvasser tranquillement, épars, sur un sofa. Sur ma Côte-Nord chérie, mes lectures, après l'interminable Vicompte de Bragelonne, m'ont amenées à considérer interviewer le camarade Gorbatchev. Mon talent en interprétation du russe étant franchement limité par le fait que je ne connais pas du tout la langue rendrait certainement cette entretient difficile, mais essayons d'imaginer le résultat:


Moi – Monsieur Gorbatchev, bonjour. J'aimerais tout d'abord vous remercier de votre présence aujourd'hui. Ne croyant ni au Père Noël, ni aux politiques étrangères de Bush, je ne savais plus à quel saint me vouer. Cependant, j'aimerais voir quelques changements dans le monde et condamner les actions violentes qui empêchent le monde de progresser. Comment voyez-vous l'avenir d'ici 5 à 10 ans?


Gorby – (pour le bénéfice du lecteur, je vais interpréter ses réponses dans la langue de Molière). Les États-Unis ont une fois de plus prouvé leur ingérence internationale. J'ai volontairement fait retirer les troupes soviétiques d'Afghanistan durant mon mandat de président de l'URSS et voilà Bush qui continue de démolir ce qu'il restait de civilisation. Notez également que l'Irak en a pris pour son rhume... imaginez-vous donc que ces irakiens avaient caché des armes de destruction massive. Le tyran Saddam Hussein a été abattu, comme le pays en entier. C'est les dirigeants de grandes entreprises américaines qui rient dans leurs barbes: le gouvernement a trouvé un moyen comme un autre de stimuler l'économie. Jamais je n'aurais tolérer pareille situation lorsque j'étais président de l'URSS.


Moi – Comment feriez-vous alors pour éviter la récession de l'économie américaine tout en faisant la promotion de la paix?


Gorby – Il faudrait changer bien des choses aux États-Unis, une certaine nationalisation des compagnies d'électricité serait louable. Il faudrait en outre changer ses vieilles centrales désuettes qui fonctionnent au charbon par des installations qui utilisent les énergies renouvelables. À mon avis, si les États-Unis ratifiaient le protocole de Kyoto (la première phase), il y aurait assez de travail à l'intérieur du pays pour stimuler l'économie des 25 prochaines années. On pourrait, dans ce contexte, utiliser des plans quinquennaux. L'énorme montant alloué par l'État pour les frais des militaires devraient être partiellement réinvesti pour l'environnement, ce serait un beau cadeau à faire à la planète. Qu'ils commencent par rapatrier leurs troupes et nettoyer les dégâts de Katrina.


Moi – Pour ce qui est de la Russie, le président Poutine (notez ici M. Gorbatchev qu'il est quand même amusant de constater que ce mot est, en québécois, un plat composé de frites, de sauce brune et de fromage) ne semble pas respecter le fait qu'il existe d'autres partis que le sien et M. Loukachenko en Biélorussie ne semble pas comprendre que l'ère stalinienne est définitivement morte et enterrée, à l'exception de la Corée de Nord. Nous pourrions également aborder les questions concernant l'élection de Iouchtchenko en Ukraine et la corruption toujours présente dans ce pays. Comment vous sentez-vous dans ce monde post-soviétique?


Gorby – Comme quelqu'un qui n'a pas eu la chance de finir son mandat et d'apporter toutes les réformes nécessaires pour que l'écrasante victoire du socialiste triomphe à jamais des ennemis de la démocratie.


Moi – Je crois que vous vous emportez un peu.


Gorby – Excusez-moi, je me croyais sur ma tribune de la place Rouge. En réalité, ce que je voulais dire, c'est que l'éclatement de l'empire soviétique est arrivé trop tôt: vous n'avez qu'à regarder autour de vous, les exemples ne manquent pas pour illustrer que la libéralisation de l'économie a été un peu trop rapide. Dans les années qui allaient suivre, si l'URSS continuait d'exister et que j'étais toujours à sa tête, j'aurais continuer les réformes démocratiques. Pour ce qui est des Loukachenko et Iouchtchenko de ce monde, je les aurais plus vu comme homme de main de Brejnev... que voulez-vous, quand vous n'avez jamais connu la démocratie, on voit des atrocités comme celles-là. Il est a noté que les anomalies référendaires ne sont pas exclusives aux anciennes républiques de l'URSS, comme la situation de Bush le prouve. Pour ce qui est de votre allusion à la Corée du Nord, cela me ramène à une autre époque de ma vie, que je croyais (enfin) disparue. En ce qui concerne l'actuel président de la Russie, je crois que votre poutine pourrait avantageusement remplacer notre Poutine.


Moi - Croyez-vous que la situation est similaire dans les pays de l'Europe de l'Est?


Gorby – La situation de ces pays est très différentes. Prenez l'exemple de Havel en Tchécoslovaquie ou de Welasa avec Solidarité en Pologne, ou même la chute du mur de Berlin, ce sont tous des situations différentes et des problématiques différentes. Il ne faut pas oublier que ces républiques étaient très pauvres et que les conditions de vie y étaient souvent infernales. De plus, il est difficile de réhabiliter l'économie primaire à cause de la pollution des cours d'eau et de l'acidification des milieux arables.


Moi – Sur ce dernier propos, qui est responsable de cette situation?


Gorby – Le régime communiste est clairement à blâmer dans cette situation, mais les régimes lui ayant succédé doivent également faire place à la solution. Ils devraient souscrire à la croix verte internationale.


Moi – D'accord, je vois là mes lecteurs harassés par cette longue lecture, alors une dernière question: pourquoi avez-vous accepté de jouer dans une annonce de Pizza-Hut?


Gorby – Parce que j'aime la pizza et que pendant la guerre froide, ils refusaient de faire des livraisons à Moscou, étant donné que c'était dur de passer le rideau de fer primo et secundo, parce qu'il y avait plusieurs milliers de kilomètres à parcourir et qu'ils ne pourraient jamais livrer en-dedans d'une heure.


Moi – Merci de votre temps M. Gorbatchev.

lundi 10 décembre 2007

Ma vie en suspend

Pour le moment, il n'y a aucune de mes routines qui n'est pas sabordées: les livres s'amoncellent sur mon bureau, des feuilles d'école jonchent le tapis de ma chambre et mon lit est souvent remplit de vêtements propres qui attendent d'être accrochés. Mes écrits n'ont pas été actualisés depuis des siècles, ma pile de romans à livre ne diminue plus du tout et plusieurs de mes amis sont surpris de me savoir en vie, après des semaines de silence. Quant à la myriade de courriel que je reçois, j'avoue bien humblement ne les lire qu'à moitié.


Que fais-je? Je n'en sais trop rien moi-même, je dévale dans le temps, je coure toujours, d'un bout à l'autre de ma vie, ramassant à l'occasion quelques bourrasques d'un moment de repos où la course folle s'arrête et devient une marche rapide. À bout de souffle, je tente de colmater les temps morts entre mon emploi, mes fonctions scolaires, mon stage, mes études et mon temps de sport. La fatigue s'empare de moi et me noie dans un marasme grisâtre, mais heureusement quelques flocons de neige m'inspirent des rêveries qui me font fabuler, histoire de s'échapper un peu du monde morose.


Malgré tout ce chaos, je chemine encore vers les lieux de gaité, là où il fait bon vivre, pour aller me ressourcer, à l'aube du dernier jalon avant les examens. J'ai tant envie de me retrouver sur la terre de Caïn, là où tout est hostile à l'homme, mais où mon coeur réside à jamais. Ah, la Côte-Nord! J'ai hâte de respirer l'air frais et salin du bord du fleuve St-Laurent, de skier sur la neige poudreuse, qui se répand au gré de ses fantaisies.


Un dernier petit effort!