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dimanche 2 janvier 2011

Entrevue de la nouvelle année avec Alexandre Loukachenko

Chers lecteurs,
J’ai eu l’opportunité hier d’interviewer le très célèbre Alexandre Loukachenko, nouvellement « réélu » à Minsk, en Biélorussie. Il s’agit du dernier dictateur d’Europe et en plus, il est communiste !

L-V : Bonne année Monsieur Loukachenko!
A.L. : Bonne année camarade, quoi que je n’aime pas ce système de datation chrétien, apportées par la religion, opium du peuple, que ces chiens d’Américains utilisent encore pour donner une date. Bientôt, je donnerai une conférence de presse pour annoncer que la nouvelle année commencera dorénavant le 30 août, et nous serons en l’an 56, car c’est là mon âge.
L-V : On a beaucoup entendu parlé de certaines irrégularités survenues lors de l’élection du 19 décembre dernier, encore qu’au lendemain, 7 de 9 chefs de partis d’opposition se sont retrouvés en geôle. Comment qualifieriez-vous l’attitude de la Russie, qui n’a pas choisi de soutenir publiquement votre gouvernement?
A.L. : Medvedev et son chien de poche Poutine se rapproche de plus en plus de des régimes corrompus de l’Ouest, qui ont fait une tradition d’exporter leurs mafias, leurs chefs d’état véreux et la corruption de leur « outils démocratiques » à travers le monde. Chez moi, dans mon État, les manifestations illégales sont interdites et ce n’est pas moi qui aie demandé à ceux qui briguaient mon poste de crier à l’injustice. Moi, j’avais promis la quiétude à mon peuple, qui sait que nos prisons sont bien isolées.
L-V : Ce qui fait en sorte qu’il soit impossible de s’opposer au régime en place!
A.L. : Ah non, les citoyens qui le font ont le droit de le faire… et moi j’ai le droit de faire arrêter ces derniers pour avoir troublé la paix!
L-V : Quand est-il des gens qui disent que votre pays fait du trafic d’arme avec les pays de l’Axe du Mal, particulièrement au marché bisannuel des armes et de la machinerie militaire, le Milex?
A.L. : C’est une rumeur, il est vrai que nous échangeons des armes et que notre foire est très courue, mais il s’agit simplement d’une bourse d’échange pour lequel nos citoyens ressortent gagnants, car c’est pour eux que nous avons créé une telle chose, puisque cette activité génère beaucoup de revenus pour le pays et comme nos ventes d’armes sont gérés par une société d’État…
L-V : Qu’avez-vous à répondre aux personnes qui vous accusent de trafiquer des armes dans des endroits comme le Darfour, la Somalie et d’armer des états voyous comme la Corée du Nord et l’Iran ?
A.L. : Nous soutenons les démocraties ostracisées par les régimes impérialistes à la solde des américains, nous soutenons le programme militaire iraniens. Nous ne sommes pas prêt à soutenir Pyongyang, seule la Chine est assez insensée pour vouloir Kim Yong-Il (et son protégé Jong-Un) comme allié. Nous n’accepterons pas de porter le blâme pour fournir des armes à des régimes tenus en échec par Washington, parce qu’ils ont osés questionner la toute-puissance de ce dernier. Nous distribuons nos armes par amour de la démocratie.
L-V : Merci d’avoir accepter notre entrevue M. Loukachenko.
A.L. : Ça me fait plaisir d’informer les gens du monde entier et de faire savoir que la Biélorussie est le seul étendard de l’intégrité. Veuillez SVP suivre M. Vicktor Bout ci-présent, pour qu’il puisse vous conduire au KGB, question de vérifier si votre entrevue convient à mes censeurs…

jeudi 22 avril 2010

La vaisselle (fiction)

Aujourd’hui, à mon travail, j’ai voulu laver ma vaisselle. J’ai donc enduit l’éponge de la mixture savonneuse, puis on a tapé trois fois sur mon épaule droite. Surpris, je me retrouve nez à nez avec une femme potelée, qui m’invective ainsi :«Spencer, que croyez-vous que vous faites ». Pour toute réponse, je lui offre mon plus beau sourire et je réponds candidement : « Je lave ma vaisselle, madame St-Louis ».

La fonctionnaire me pointe une fiche usée sur le mur adjacent au lavabo et elle me dit ses paroles préenregistrées : « Monsieur Spencer, il faut vous remplir la fiche : nom, prénom, matricule et heure d’utilisation ». Les conditions sont on ne peut plus claires, mais pourquoi diantre n’y ai-je pas pensé plus tôt? Je me retrouve à hausser les épaules et à tourner les paumes de ma main vers le haut, ayant vainement cherché dans mes poches un crayon pour obtempérer aux directives de la vieille chipie. La principale intéressée me dévisage et m’indique que si je désire obtenir un crayon, je dois remplir le formulaire de réquisition C-45 - matériel de bureau, l’adresser au chef de mon département par la voie du courrier interne et faxer une copie de ma demande à la secrétaire responsable de l’approvisionnement.

Exaspéré, je lui demande néanmoins poliment de me prêter le sien pour simplifier la chose, ce qu’elle me refuse catégoriquement. Je sens la colère me monter à la tête et je lâche l’assiette dans l’évier, ce qui ne manque pas de choquer la fonctionnaire atteinte de crétinisme profond. Je fronce les sourcils et je déclenche les hostilités de front :
- « As-tu eu une mauvaise soirée hier, Irène? Est-ce que tu as oublié ton formulaire de consentement pour faire des avances à Patrick? Vous n’avez pas pu coucher ensemble faute de notaire ouvert à onze heure du soir? »
- « Si tu continues comme ça Roch, c’est une motion de blâme que tu vas recevoir. »
- « Laisse-moi laver ma vaisselle en paix, si tu y tiens tant que ça à ton formulaire, je vais le remplir après »
- « Tu vas encore l’oublier, comme la fois où tu as fait des avances à ta patronne sans en demander l’autorisation préalable. Je n’aime pas ton attitude, tu essayes toujours de bousiller le système, des gens comme toi ne peuvent pas fonctionner en société ».
Irène avait dit un mot de trop et la colère qui me gagnait lentement s’est transformée en rage bouillante. J’ai pris l’affiche sur le mur et lentement, je l’ai aspergée de savon, puis j’ai lavé mon assiette avec. Subséquemment, en prenant grand soin de dévisager la belligérante, j’ai chiffonné l’affiche entre mes doigts et je l’ai lancée dans la poubelle. Ensuite, j’ai « échappé » mon assiette étincelante de propreté sur le carrelage de la cafétéria en mettant de l’emphase sur le mot « Oups ». J’ai cherché les yeux d’Irène et je lui ai dit d’un ton mielleux : « Chère Irène, il faudrait que tu remplisses un formulaire de consentement, le concierge doit nettoyer la cafétéria, il y a une assiette cassée ici. Je ne peux pas le faire moi-même où j’aurai un grief. Puisque tu as un crayon, je suppose que tu vas t’en occuper. Après tout, tu es si serviable »!

mercredi 14 avril 2010

Angoisse neurasthénique

Sous son ciel, chaque soir, arrive l’homme esquinté :
Il est fort, il est grand, il ouvre la porte et pose son séant.
Il est frêle, recroquevillé, la tête dans les mains,
L’homme, le chêne, est meurtri de partout.

Passif, il abrutit son esprit dans le spleen :
Il boit son dur labeur, il étiole sa misère dérobée,
Affalé sur son canapé, ses yeux vides fixent le néant.
Il se bat contre son inertie, un bourrèlement castrateur!

Si la veille son cœur battait d’allégresse,
C’est le temps d’une chanson, une balade heureuse,
Dans la complicité des sourires des amis en liesse.
Et demain il entamera une ritournelle sans être esseulé!

samedi 12 juillet 2008

Le rêve

Un jeune homme part à l’aventure et il trouve une grotte mystique, cachée derrière une chute d’eau, là où autrefois les oracles prédisaient l’avenir dans le vol des oiseaux. Il décide de la franchir et arrive dans le monde intérieur de la terre, il décide d’aller à la rencontre des peuples qui habitent cette région inconnue.

Les galeries souterraines sont éclairées avec des quartz monumentaux qui les tapissent dans les murs transversaux. Le jeune homme finit par croiser un être vivant, ressemblant morphologiquement à un être humain, plus petit et grisâtre. Ce dernier lui fonce dessus à une vitesse vertigineuse et le héros a à peine le temps de se tasser que son assaillant se retrouve mort, cogné à une stalagmite trop imposante. Après avoir rencontré quelques êtres qui se montraient tout aussi féroces, le principal intéressé décide d’arpenter les lieux en se cachant, pour ne pas encourir les foudres des habitants de cette contrée.

Les lieux sont intéressants, de grands corridors débouchent sur une espèce de grand creux où les abords, à plusieurs étages, forment un genre de palais. Il y a plein de racoins, plusieurs types d’êtres vivants (certains ont des peaux qui sont plus colorées, ces créatures sont généralement plus grandes physiquement et elles sont équipées d’armes blanches).Toutes les créatures attaquent lorsqu’elles le voient, il se demande pourquoi.

Dans un racoin mal éclairé, il y a une espèce d’enclave qui semble avoir été à l’abandon depuis très longtemps. Dans un coin, notre héros trouve les des bandes datant de 200 ans contenant un vidéo de MacMillan523. Ce dernier était un authentique habitant de l’espace, un genre d’aventurier qui était parti rencontrer les peuples de la terre et qui leur avait posé une question concernant leur nourriture. Imaginez que la scène du vidéo est au même format qu’un RPG comme Final Fantasy. La réponse des intraterrestres ayant déplu à MacMillan523, ce dernier serait rentré dans une fureur immense et aurait fait un carnage démesuré, anéantissant quasiment la civilisation.

Finalement, le héros trouve un miroir et son reflet est celui qui orne les couloirs intraterrestres : il a le même visage que MacMillan523, peut-être est-ce un descendant.

N.B. Il s’agit d’un rêve que j’ai fait récemment, il va sans dire que le héros était personnifié par nul autre que moi-même, bien que mon apparence physique soit grandement modifiée.

jeudi 8 mai 2008

Hymne national de psychoéducation

(sur la musique de l'hymne national soviétique)


Psychoéducation

Un jour nouveau se lève

Nous porterons secours aux classes opprimées

Nos méthodes sont uniques

Nos approches efficaces

Nos modèles nous permettent

Une technique parfaite


Refrain

Nous sommes les artisans des âmes

Nous sommes un rempart sûr pour elles

Dans la patrie de Gendreau nous serons

Toujours et à jamais

Indéfectiblement fidèle

Au modèle psychoéducatif


Malgré les obstacles

Nous demeurons en place

Pour informer, prévenir et traiter nos jeunes

Travaillant jours et nuits

Nous pratiquons dans l'ombre

Notre seule récompense

C'est leur réussite


Indépendants et altiers

Nous sommes délivrés

Des influences néfastes psychodynamiques

Nous croyons au progrès

Nous sommes scientifiques

Et notre profession

Inspire la Terre


mercredi 30 mai 2007

L'image derrière le miroir

Je marche à l'instant et mon ombre m'embarrasse de sa présence insensé. Loin des lieux de pérégrinations, je me meus dans un couloir qui semble sans fin. Les lampadaires suspendus par des épées de Damoclès qui semblent s'agiter sous une brise qui semble venir d'une fenêtre mal fermée, laquelle donne sur un couchant de lune qui éclaire les broussailles d'une plaine débouchant sur une forêt. Mes pas résonne d'un écho sourd dans cette atmosphère nocturne ou je finis par rencontrer un miroir sur mon chemin.

Mes pieds s'arrêtent en face et mon regard consulte le reflet qui en est fait. On y voit jaillir quelques traits suivant des gouttières qui suintent des pieds. Le regard blafard longe le haut du corps pour voir des chandelles à la place des yeux et une médaille sur le front avec l'inscription: "Klüg von alles". Je suis un râtelier.