Je sais très bien que martinir n’est pas encore un verbe dans la langue française, mais mon néologisme se veut une manière de traiter de Richard Martineau, qui, selon moi, est un mal nécessaire pour la société québécoise. J’ai choisi de lui donner un verbe du 2e groupe, parce que je considère qu’il est assez irrégulier comme type. J’ai découvert ce journaliste dans la chronique « Onde de choc » du journal « Voir » et j’admets avoir été séduit par son insolence et ses propos politiquement incorrects. C’était un plaisir de le lire, un peu comme si Pierre Falardeau faisait un procès d’intention à André Pratte, les sacres en moins.
Or, depuis déjà quelques années, Martineau a vendu son âme à Quebecor, dans l’idée, j’imagine, d’avoir un plus grand lectorat. Cet apôtre du néolibéralisme crasseux propre au pacha fasciste Pierre-Karl Péladeau se donne des airs populistes derrière des chroniques abrutissantes lorsqu’il est question d’économie. Bien sûr, il est, selon lui, l’ardent défenseur de la veuve et de l’orphelin, l’homme à la logique implacable : plus autosuffisant tu lis des publireportages d’André Pratte. Par contre, quand vient le temps de trainer dans la boue Pauline Marois, Rima Elrouki, les grévistes qui bafouent les lois ou d’autres clowns du genre, là on s’amuse ferme en le lisant.
Moi, mon petit moi, je l’admire parce qu’il est à la fois Québécois et capable de prendre parti pour une cause. Je ne suis pas d’accord avec lui la plupart du temps, mais quand certains groupes de la diaspora d’opinions officielles des Québécois et Québécoises [sic] m’emmerdent plus souvent qu’à leur tour, il faut une plume acérée pour crever les ego surfaits. La rigidité intellectuelle m’effraye parce que j’ai l’impression que nous n’entendons souvent que les mêmes chantres nous raconter leurs fables bonnes à dormir debout. Collectivement, quand il dit que les artistes n’ont qu’une seule et même opinion, je ne peux qu’être d’accord avec lui.
Cependant, le mot impartial ne fait pas parti de son vocabulaire : il pourrait très bien livrer son patron pieds et mains lié en pâture aux lecteurs, mais il s’en empêche. Richard Martineau n’est donc pas libre de tremper sa plume dans le vitriol quand vient le temps de mordre la main qui le nourrit. Pourtant, si quelqu’un devait informer les citoyens qu’on dilapide les fonds publics en finançant l’amphithéâtre de Québec, ça devrait être lui, mais non, l’obséquiosité est dominante : sa critique est tellement faible qu’elle fait passer Benoit Lefebvre pour un journaliste d’opinion.
Bref, je crois que la polémique qu’engendrent ses textes permet de brasser des idées préconçues, de simplement débattre un peu dans une société frigide à l’idée de briser le précieux statuquo. Le martinissage est donc essentiel pour préserver une société vigilante devant les choix qui s’offrent à elle… à condition d’avoir avec soi son petit livre d’auto-défense intellectuelle!
mardi 27 mars 2012
jeudi 22 mars 2012
Nostalgie de la simplicité
Aujourd'hui, je désire vous partager, chers lecteurs, une constatation toute simple et d'ailleurs bien simpliste : tout va en se complexifiant! Je repensais à une phrase qu'un ami me disais à maintes reprises, lui qui est maintenant propriétaire, marié et qui connait du succès dans sa carrière : "J'aimerais être encore un enfant, la vie était tellement plus simple". À force de penser à cette phrase, je me disais que c'était une vision bien naïve de la vie, que l'enfance nous rend également fortement dépendant de nos parents et d'une vision du monde qui est la leur. De plus, entre eux, les enfants sont parfois singulièrement cruels!
Récemment, dans le cadre de mes fonctions, j'apprenais les rudiments de la constructions avec des blocs Lego à des jeunes et leurs yeux semblaient tout à fait émerveillés. Je regardais nos interactions et ils semblaient si enclin à la nouveauté, à la découverte. Je sais pertinemment qu'ils m'auront oublié d'ici une semaine (quoi que ce ne soit pas absolument certain, car en revenant à cette école, un des jeunes que je supervisais me disait à la récréation : "tu t'appelles Louis-Vincent toi?"), mais n'est-ce pas un peu ça que mon ami me disait, dans ses mots : la vie est simple quand on la vit au jour le jour.
Je me revoyais, enfant, sans argent à gérer, sans ménage, sans voiture, à m'occuper d'une chose : vivre mon enfance! Ayant été d'une grande timidité, il est vrai que cette période de ma vie n'était pas la plus facile pour moi. Déjà, je voulais me mêler de politique (et j'ai prononcé mon tout premier discours à 5 ans, devant la ministre de l'environnement de l'époque, madame Lise Bacon), changer le monde parce que la guerre en Irak me glaçait le sang et j'avais intérieurement une profonde aversion envers moi-même parce que mes comparses, dans la rue, parlaient l'anglais, une langue que je ne connaissais pas et que j'ai tenté, par tous les moyens, de ne jamais apprendre.
L'enfance est une période très importante du développement, je me demande si nous n'avons pas tendance, parfois, à l'idéaliser. Peut-être est-ce que j'en tiens des souvenirs moins joyeux que d'autres, mais ce n'est pas nécessairement cette période que je choisirais de revivre si j'en avais la possibilité.
Récemment, dans le cadre de mes fonctions, j'apprenais les rudiments de la constructions avec des blocs Lego à des jeunes et leurs yeux semblaient tout à fait émerveillés. Je regardais nos interactions et ils semblaient si enclin à la nouveauté, à la découverte. Je sais pertinemment qu'ils m'auront oublié d'ici une semaine (quoi que ce ne soit pas absolument certain, car en revenant à cette école, un des jeunes que je supervisais me disait à la récréation : "tu t'appelles Louis-Vincent toi?"), mais n'est-ce pas un peu ça que mon ami me disait, dans ses mots : la vie est simple quand on la vit au jour le jour.
Je me revoyais, enfant, sans argent à gérer, sans ménage, sans voiture, à m'occuper d'une chose : vivre mon enfance! Ayant été d'une grande timidité, il est vrai que cette période de ma vie n'était pas la plus facile pour moi. Déjà, je voulais me mêler de politique (et j'ai prononcé mon tout premier discours à 5 ans, devant la ministre de l'environnement de l'époque, madame Lise Bacon), changer le monde parce que la guerre en Irak me glaçait le sang et j'avais intérieurement une profonde aversion envers moi-même parce que mes comparses, dans la rue, parlaient l'anglais, une langue que je ne connaissais pas et que j'ai tenté, par tous les moyens, de ne jamais apprendre.
L'enfance est une période très importante du développement, je me demande si nous n'avons pas tendance, parfois, à l'idéaliser. Peut-être est-ce que j'en tiens des souvenirs moins joyeux que d'autres, mais ce n'est pas nécessairement cette période que je choisirais de revivre si j'en avais la possibilité.
dimanche 26 février 2012
Stuxnet
J'ai récemment appris l'existence d'un virus informatique visant à changer la configurations des centrifugeuses et des turbines à vapeur, notamment dans une centrale iranienne. Il s'agirait d'une des premières cyberarmes, qui a déjà fait des petits.
Je vous laisse le lien d'un vidéo intéressant sur le sujet:
Hungry Beast - Stuxnet
Je vous laisse le lien d'un vidéo intéressant sur le sujet:
Hungry Beast - Stuxnet
jeudi 23 février 2012
Le droit de manifester
On prête à Voltaire la phrase suivante : « Je ne suis pas d’accord avec un mot de ce que vous dites, mais je me battrai jusqu’à la mort pour que vous aillez le droit de le dire ». Cela ressemble un peu à ma position sur la hausse des frais de scolarité : je ne suis pas d’accord avec l’avis des manifestants, mais laissez-les manifester. Je ne suis pas non plus de ceux qui croient qu’un coup de matraque donné à un manifestant pacifique permet de garantir la sécurité de l’ordre public. Sous aucun prétexte, une violence illégitime ne doit provenir des forces de l’ordre : c’est une question de droit humain. J’irais même jusqu’à dire, simplement pour être provocant, que vous devriez aller vivre dans une dictature totalitaire et vous faire tabasser sans raison si vous n’êtes pas d’accord avec moi!
Bon, je ne dis pas que les forces de l’ordre ne peuvent employer la coercition pour calmer certains esprits échauffés, juste que ces actions soient ciblées envers les fauteurs de trouble. En ayant vu la police de Montréal mettre à mal plusieurs étudiants pourtant pacifiques, cela me donnait l’impression d’être dans les rues de Toronto pendant le G-8 : il n’y a plus beaucoup de différence avec 1984. Rappelons-le, cet événement piteux pour la démocratie nous ramène au niveau des pires dictatures, comme l’Allemagne de l’Est et je pense que tous ceux qui ont pris part à cette agression gratuite devraient être condamnés à la prison à vie.
Cela dit, j’ai également mon opinion sur les frais de scolarité, et, dans le contexte actuel, je suis simplement contre le statu quo, vu l’état lamentable des établissements d’enseignement postsecondaire: manque de professeurs, installations vétustes, technologies datant d’un autre âge, etc. En laissant ainsi les choses se dégrader, je pense que rien n’y fera et nous continuerons de nous appauvrir collectivement, tout en favorisant « les usines à diplômes ».
Paradoxalement, chaque université se vante éhontément de ses nouvelles structures et de rénovations entreprises à grands frais, sans qu’aucun pouvoir de gestion ne puisse intervenir à cause d’une vieille loi féodale garantissant l’obscurantisme sur les comptes des universités, pourtant redevables des finances publiques. D’après moi un sérieux ménage s’impose avant de changer quoi que ce soit :
• Tous les organismes tributaires du financement public devraient être obligés de rendre des comptes.
• Tous les organismes d’enseignement devraient également avoir l’interdiction de faire des campagnes de promotion avec nos impôts.
• Tous les gestionnaires incompétents devraient être renvoyés sur-le-champ et les primes de départ devraient être plafonnées.
Par après, pour s’assurer d’une équité en matière de financement, le gouvernement devrait installer un système proportionnel où l’étudiant paye un pourcentage de son éducation et le gouvernement la balance. Ainsi, pour toute augmentation des frais de scolarité, le gouvernement devrait lui aussi s’engager à investir plus d’argent. Pour rendre ce fardeau plus aisé, les étudiants devraient avoir leurs frais de scolarité prélevés sur les revenus qu’ils auront APRÈS avoir étudié, et ce, proportionnellement à leur revenu. Il me semble, à mon humble avis de profane, qu’il s’agit là de lucidité et non d’une hérésie telle qu’une augmentation débridée des frais de scolarité sans engagement clair du gouvernement. Je prêche pour le pragmatisme et selon moi, il ne provient pas de la gratuité scolaire, parce que nous ne sommes pas prêts, en tant que société, à faire ce changement qui pourrait être tout à fait justifiable. Rappelons également que l’éducation est un droit et que ceux qui croient qu’il s’agit d’un privilège devraient aller vivre ailleurs.
Bon, je ne dis pas que les forces de l’ordre ne peuvent employer la coercition pour calmer certains esprits échauffés, juste que ces actions soient ciblées envers les fauteurs de trouble. En ayant vu la police de Montréal mettre à mal plusieurs étudiants pourtant pacifiques, cela me donnait l’impression d’être dans les rues de Toronto pendant le G-8 : il n’y a plus beaucoup de différence avec 1984. Rappelons-le, cet événement piteux pour la démocratie nous ramène au niveau des pires dictatures, comme l’Allemagne de l’Est et je pense que tous ceux qui ont pris part à cette agression gratuite devraient être condamnés à la prison à vie.
Cela dit, j’ai également mon opinion sur les frais de scolarité, et, dans le contexte actuel, je suis simplement contre le statu quo, vu l’état lamentable des établissements d’enseignement postsecondaire: manque de professeurs, installations vétustes, technologies datant d’un autre âge, etc. En laissant ainsi les choses se dégrader, je pense que rien n’y fera et nous continuerons de nous appauvrir collectivement, tout en favorisant « les usines à diplômes ».
Paradoxalement, chaque université se vante éhontément de ses nouvelles structures et de rénovations entreprises à grands frais, sans qu’aucun pouvoir de gestion ne puisse intervenir à cause d’une vieille loi féodale garantissant l’obscurantisme sur les comptes des universités, pourtant redevables des finances publiques. D’après moi un sérieux ménage s’impose avant de changer quoi que ce soit :
• Tous les organismes tributaires du financement public devraient être obligés de rendre des comptes.
• Tous les organismes d’enseignement devraient également avoir l’interdiction de faire des campagnes de promotion avec nos impôts.
• Tous les gestionnaires incompétents devraient être renvoyés sur-le-champ et les primes de départ devraient être plafonnées.
Par après, pour s’assurer d’une équité en matière de financement, le gouvernement devrait installer un système proportionnel où l’étudiant paye un pourcentage de son éducation et le gouvernement la balance. Ainsi, pour toute augmentation des frais de scolarité, le gouvernement devrait lui aussi s’engager à investir plus d’argent. Pour rendre ce fardeau plus aisé, les étudiants devraient avoir leurs frais de scolarité prélevés sur les revenus qu’ils auront APRÈS avoir étudié, et ce, proportionnellement à leur revenu. Il me semble, à mon humble avis de profane, qu’il s’agit là de lucidité et non d’une hérésie telle qu’une augmentation débridée des frais de scolarité sans engagement clair du gouvernement. Je prêche pour le pragmatisme et selon moi, il ne provient pas de la gratuité scolaire, parce que nous ne sommes pas prêts, en tant que société, à faire ce changement qui pourrait être tout à fait justifiable. Rappelons également que l’éducation est un droit et que ceux qui croient qu’il s’agit d’un privilège devraient aller vivre ailleurs.
vendredi 13 janvier 2012
Énigme de Louis-David
Comme à chaque année depuis maintenant six ans, je conçois une énigme pour mon ami Louis-David à l'occasion de son anniversaire, ce qui me permet de me casser les méninges pour essayer de trouver quelque chose à sa hauteur. L'année passée, je lui ai fait une énigme que j'ai publiée ici, alors je tente à nouveau l'expérience et je vous encourage à tenter de la résoudre. Si vous trouvez la solution, prière de m'envoyer un courriel.
mercredi 30 novembre 2011
Projet de loi C-10 : le C-4 social
Je me permets de féliciter le ministre Jean-Marc Fournier pour avoir tenu tête à son homologue d’Ottawa concernant le projet de loi C-10. Ce geste démontre à quel point les Québécois croient davantage en la réhabilitation, un choix que nous avons toujours défendu.
Au fil du temps, nous avons prouvé que cette méthode diminue les coûts sociaux de la criminalité. Elle permet à des individus ayant commis des crimes de réintégrer la société de manière constructive, en contribuant à son essor social et économique. Elle intègre plutôt que d’imprimer aux contrevenants une marque indélébile de mépris et d’ostracisation.
Je crois que la majorité des jeunes suivant un programme de réhabilitation se portent mieux. Il existe évidemment des exceptions : à cela, j’adhère à la pensée d’Éric Bergeron dans son article « Essentielle, la répression » publiée dans LaPresse.ca le 30 novembre 2011: « Pour certains délinquants, la répression est la forme la plus utile de réhabilitation. Ce sont des jeunes qui, dès le jeune âge, sont fortement criminalisés, présentent des éléments de personnalité psychopathiques et toutes les recherches montrent clairement que les interventions sont inefficaces sur eux. »
Cependant, je me poserais d’abord la question : « Comment pouvons-nous discerner ces jeunes ». Il me semblerait injuste de les considérer a priori passibles de répression, ce qui irait a contrario du principe d’innocence de notre système légal. Il va sans dire que j’appuierais uniquement cette démarche si ces programmes « répressifs » sont couplés à des moyens de réhabilitation probants et ajustés à la personne.
Certains tenants du projet de loi C-10 estiment que les statistiques qui font état de la baisse de la criminalité, de manière généralisée, ne sont pas un argument valable pour démontrer l’efficacité des programmes de réhabilitation. Cependant, les données montrent également que le Québec est l’une des provinces canadiennes où il se produit le moins d’incident par 100 000 habitants, si l’on se fie à une recherche de Statistique Canada sur le taux de criminalité par sentences pour chaque territoire et provinces de 2006. Notre approche de réhabilitation pourrait-elle être en cause? Si l’on s’aventure dans le domaine de la recherche, l’ensemble des travaux de Paul E. Gendreau (de l’Université du Nouveau-Brunswick) portant sur la réhabilitation semble démontrer l’efficacité de cette approche.
Alors, j’invite mes détracteurs à me soumettre des preuves que le projet de loi C-10 améliorera la société canadienne et qu’il n’est pas qu’un tissu de valeurs et d’opinions conservatrices sans fondement scientifique qui coûtera très cher à notre société. Certains me penseront idéaliste, car je crois à la capacité de l’être humain de s’ajuster à son environnement, à la réhabilitation des éléments perturbateurs, au pardon, à la sincérité : ce sont mes valeurs. Je pense que ces valeurs font également appel à l’intelligence d’une société qui ne souhaite pas investir dans des programmes répressifs qui n’apportent en définitive, que de la misère humaine.
Au fil du temps, nous avons prouvé que cette méthode diminue les coûts sociaux de la criminalité. Elle permet à des individus ayant commis des crimes de réintégrer la société de manière constructive, en contribuant à son essor social et économique. Elle intègre plutôt que d’imprimer aux contrevenants une marque indélébile de mépris et d’ostracisation.
Je crois que la majorité des jeunes suivant un programme de réhabilitation se portent mieux. Il existe évidemment des exceptions : à cela, j’adhère à la pensée d’Éric Bergeron dans son article « Essentielle, la répression » publiée dans LaPresse.ca le 30 novembre 2011: « Pour certains délinquants, la répression est la forme la plus utile de réhabilitation. Ce sont des jeunes qui, dès le jeune âge, sont fortement criminalisés, présentent des éléments de personnalité psychopathiques et toutes les recherches montrent clairement que les interventions sont inefficaces sur eux. »
Cependant, je me poserais d’abord la question : « Comment pouvons-nous discerner ces jeunes ». Il me semblerait injuste de les considérer a priori passibles de répression, ce qui irait a contrario du principe d’innocence de notre système légal. Il va sans dire que j’appuierais uniquement cette démarche si ces programmes « répressifs » sont couplés à des moyens de réhabilitation probants et ajustés à la personne.
Certains tenants du projet de loi C-10 estiment que les statistiques qui font état de la baisse de la criminalité, de manière généralisée, ne sont pas un argument valable pour démontrer l’efficacité des programmes de réhabilitation. Cependant, les données montrent également que le Québec est l’une des provinces canadiennes où il se produit le moins d’incident par 100 000 habitants, si l’on se fie à une recherche de Statistique Canada sur le taux de criminalité par sentences pour chaque territoire et provinces de 2006. Notre approche de réhabilitation pourrait-elle être en cause? Si l’on s’aventure dans le domaine de la recherche, l’ensemble des travaux de Paul E. Gendreau (de l’Université du Nouveau-Brunswick) portant sur la réhabilitation semble démontrer l’efficacité de cette approche.
Alors, j’invite mes détracteurs à me soumettre des preuves que le projet de loi C-10 améliorera la société canadienne et qu’il n’est pas qu’un tissu de valeurs et d’opinions conservatrices sans fondement scientifique qui coûtera très cher à notre société. Certains me penseront idéaliste, car je crois à la capacité de l’être humain de s’ajuster à son environnement, à la réhabilitation des éléments perturbateurs, au pardon, à la sincérité : ce sont mes valeurs. Je pense que ces valeurs font également appel à l’intelligence d’une société qui ne souhaite pas investir dans des programmes répressifs qui n’apportent en définitive, que de la misère humaine.
mercredi 16 novembre 2011
Maintenant que j’ai le temps
Je commence à peine à revenir sur terre de tout ce qui m’est arrivé cet été en Europe : par moment, j’en rêve encore la nuit et ce parfum d’aventure semble vouloir m’emmener avec lui capter les effluves d’une société différente. J’ai commencé par vivre beaucoup d’amertume au contact de ma société : je trouvais que les Québécois ne savaient pas conduire, qu’ils n’avaient aucune idée comment débattre, qu’ils manquaient éhontément de couilles et que tout le monde se conformait sans trop se poser de questions. Qui plus est, il ne faut jamais toucher ou parler de notre vache sacrée : le Statu quo. Les étudiants manifestent encore pour le gel des frais de scolarité : je comprends mal pourquoi ces personnes n’appuieraient pas un dégel proportionnel, un dégel avec augmentation des bourses (pour diminuer l’écart des classes moins bien nanties, selon des économistes, le gel favorise les classes moyennes et aisées) ou carrément l’option de Québec Solidaire, la gratuité. La logique la plus élémentaire est de voir que le gel contribue à la diminution des services offerts aux étudiants (à cause de l’inflation) et nuit par conséquent, à ces mêmes étudiants. Pourquoi s’obstiner à se battre pour avoir quelque chose qui ne fait pas ses preuves? Pourquoi avons-nous encore des commissions scolaires? Pourquoi Hydro fait-il des barrages alors que les gens n’en veulent pas, mais continuent à augmenter leur demande en énergie?
L’Europe (et la France surtout) n’est pas exempte de contradictions sociales épouvantables et bien pires que les nôtres, qui semblent bénignes quand on les compare. La dégradation du pouvoir d’achat, on la vit ici, mais ce n’est absolument rien à côté de ce qui se passe depuis l’arrivée de l’Euro en France. Nos dirigeants ne tiennent pas des propos racistes sans avoir des conséquences. En général, les personnes que l’on croise sur la rue sont aimables, pas trop stressées et elles nous aident quand une situation particulière nous arrive (par exemple, échapper ses documents ou simplement tomber de son vélo). Nous n’avons pas la crainte des noirs et des Magrébins comme l’ont les Français. Qui plus est, les immigrants que nous avons se sentent beaucoup plus Québécois (ou Canadiens) que les immigrants en France se sentent Français (c’est une insulte pour plusieurs d’entre eux). On est quand même capable de se trouver un travail au Québec, ce n’est pas si difficile que ça et généralement, il correspond à ce que nous attendons d’un travail. Nos patrons et nos dirigeants, nous les tutoyons souvent, ils nous parlent et ils mangent parfois à la même cafétéria que nous. Liberté, égalité, fraternité ? Je pense qu’on le vit plus en Nouvelle-France!
Cela dit, après un certain temps d’adaptation, il me semble me retrouver parmi mes semblables, avec leurs histoires, leurs aspirations, le tout sans chichis. Je finis par mieux comprendre ce peuple avec qui je me suis toujours défini par opposition. Heureux qui comme Ulysse, a fait un long voyage!
L’Europe (et la France surtout) n’est pas exempte de contradictions sociales épouvantables et bien pires que les nôtres, qui semblent bénignes quand on les compare. La dégradation du pouvoir d’achat, on la vit ici, mais ce n’est absolument rien à côté de ce qui se passe depuis l’arrivée de l’Euro en France. Nos dirigeants ne tiennent pas des propos racistes sans avoir des conséquences. En général, les personnes que l’on croise sur la rue sont aimables, pas trop stressées et elles nous aident quand une situation particulière nous arrive (par exemple, échapper ses documents ou simplement tomber de son vélo). Nous n’avons pas la crainte des noirs et des Magrébins comme l’ont les Français. Qui plus est, les immigrants que nous avons se sentent beaucoup plus Québécois (ou Canadiens) que les immigrants en France se sentent Français (c’est une insulte pour plusieurs d’entre eux). On est quand même capable de se trouver un travail au Québec, ce n’est pas si difficile que ça et généralement, il correspond à ce que nous attendons d’un travail. Nos patrons et nos dirigeants, nous les tutoyons souvent, ils nous parlent et ils mangent parfois à la même cafétéria que nous. Liberté, égalité, fraternité ? Je pense qu’on le vit plus en Nouvelle-France!
Cela dit, après un certain temps d’adaptation, il me semble me retrouver parmi mes semblables, avec leurs histoires, leurs aspirations, le tout sans chichis. Je finis par mieux comprendre ce peuple avec qui je me suis toujours défini par opposition. Heureux qui comme Ulysse, a fait un long voyage!
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